[Changement climatique et conflits armés dans le Sahel] La situation est alarmante #cicr

[Changement climatique et conflits armés dans le Sahel] La situation est alarmante #cicr

-Les catastrophes ont affecté plus de 34 millions de personnes en Afrique et entraîné des pertes économiques supérieures à 1,3 milliard de dollars entre 2011 et 2012 (déclaration MIAIE)

Les économies des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques puisque ‘’les populations sont fort dépendantes de l’agriculture pluviale’’, estime le directeur de cabinet adjoint du ministère de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, Stéphane Aka Anghui. Il se prononçait, ce jeudi 19 avril, au nom du ministre Ally Coulibaly à l’ouverture d’un panel, organisé par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en partenariat avec la  Banque Africaine de Développement (BAD) à Abidjan. Ce, sur le thème : « Impacts combinés du changement climatique et des conflits armés dans le Sahel ».

Selon les données, pas très récentes que M. Aka Angui, concède à la Stratégie internationale des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR), « les catastrophes comme les sécheresses et les inondations ont affecté plus de 34 millions de personnes sur l’ensemble du continent africain (dont 19 millions en Afrique de l’Ouest), et ce rien qu’en 2012, et ont entraîné des pertes économiques supérieures à 1,3 milliard de dollars entre 2011 et 2012. »

Poursuivant, il a indiqué que « lorsque l’on veut traiter seulement de la question du changement climatique, on pense tout de suite au réchauffement de la planète imputable à l’augmentation des gaz à effet de serre.

En effet, une étude publiée en 2011 par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sur l’évolution des conditions climatiques dans la région du Sahel et en Afrique de l’Ouest a révélé des changements significatifs des conditions climatiques régionales tels qu’une augmentation globale des températures saisonnières moyennes d’environ un degré Celsius (1°C) de 1970 à 2006, celle-ci allant jusqu’à 1,5°C à 2°C en Mauritanie, dans l’est du Tchad et au nord du Mali.  « L’étude a aussi montré que la fréquence des inondations ainsi que la zone que celles-ci couvraient ont augmenté dans certaines parties de la région au cours des 24 dernières années, de larges surfaces au sud du Burkina Faso, à l’ouest du Niger et au nord du Nigeria étant par exemple sujettes à dix (10) inondations durant cette période. »

Cependant, rappelle M. Angui, la mise en application de l’Accord de Paris sur le climat en septembre 2016, ‘’l’Afrique attend avec impatience la mise en œuvre du fameux Fonds Vert pour le climat, promis pour 2020 à hauteur de 100 milliards de dollars par an.’’ « Nous savons que ces moyens seront destinés non seulement à faciliter notre transition énergétique, afin de nous orienter vers des énergies vertes, mais aussi et surtout à nous aider à faire face aux conséquences du changement climatique, dont nous ne sommes pas responsables puisque nous n’émettons que 4 % des gaz à effet de serre. »

À l’en croire, il s’agira de constituer une sorte de filet de sécurité pour les populations les plus exposées aux effets des sécheresses ou autres catastrophes climatiques, et de mettre en place des pratiques agro-pastorales adaptées aux nouvelles conditions climatiques.

Par ailleurs, il propose des solutions idoines à mettre en œuvre dans un cadre régional (G5 sahel ou CILSS) avec l’appui des partenaires au développement.

Le CICR tient à la dignité des vies humaines en détresse. « Entendre les populations est extrêmement important. Ce que nous voyons dans la région, c’est que les besoins sont caractérisés par leur hétérogénéité. Des situations compliquées. Des migrants qui plient bagages. Des déplacés urbains », regrette Patrick Youssef, directeur régional adjoint du CICR pour l’Afrique ajoutant, par ailleurs « les projets de développement ne se font pas seulement après l’arrêt des conflits. La paix se prépare pendant la guerre. »

Quant à Dr. Sibry Tapsoba, directeur du bureau de coordination des Etats en transition à la BAD estime que « la BAD a un programme de résilience au Sahel. Lutte contre la fragilité, lutte pour le genre (…) Dans la programmation de la banque, il y a des actes structurants permettant d’établir des rapports avec les autres acteurs au développement. »

Babacar Cissé, coordonnateur résident du système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, révèle que « les nations unies ont un plan prioritaire pour le Sahel qui est en train d’être peaufiné. » Et de poursuivre « Je suis tenté de nuancer la notion de crise oubliée au Sahel. Nous avons un défaut dans la région: nous avons les stratégies mais au niveau de la mise en œuvre, nous pêchons. Chaque partenaire à sa stratégie. Il faut travailler ensemble. »

Ibrahim Lumumba Idi-Issa, secrétaire exécutif adjoint du comité permanent Inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel, Babacar Cissé, coordonnateur résident du système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Dr. Sibry Tapsoba, directeur du bureau de coordination des Etats en transition à la BAD et Patrick Youssef, directeur régional adjoint du CICR pour l’Afrique ont animé pendant deux heures, le panel.

Kpan Charles

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