[Côte d’Ivoire] Les jours du DG de la Direction générale des Affaires maritimes et Portuaires sont comptés (actualisé)

[Côte d’Ivoire] Les jours du DG de la Direction générale des Affaires maritimes et Portuaires sont comptés (actualisé)

-Le DG de la Dgamp pointe un doigt accusateur sur le DG du port

Depuis quelques mois, le directeur général de la Direction générale des Affaires maritimes et Portuaires (Dgamp), le colonel major Tano Koffi Bertin n’est pas en odeur de sainteté avec les deux syndicats de l’administration maritime de Côte d’Ivoire. Ils l’accusent  de mauvaise gestion et mettent sa tête à prix.

Après  avoir observé un arrêt  de travail depuis le 30 avril 2018, les agents de l’administration maritime réunis au sein de la Fédération lumière des Affaires maritimes (FLAM) et de l’Honneur aux Affaires maritimes (H2O) ont mis à exécution le préavis de grève de 72h le mardi 23 mai 2018. Ils ne veulent plus de leur DG.

Le ton est monté d’un cran et le colonel major Tano Koffi Bertin en a fait  les frais. Il n’a pas eu accès à ses bureaux hier au regard de la colère  des agents surexcités.

Pour cause, le premier responsable de la Dgamp est accusé, de prendre  des décisions unilatérales depuiis 2010 pour acquérir un terrain à 85 millions FCFA au profit des agents, alors que l’annexe fiscale 2004, en son article 40, ne prévoyait pas cette sortie d’argent. Pis, il est egalement accusé d’avoir  ‘’confisqué’’ le don des quatre engins nautiques offerts par le Président de la République sur le budget de la loi militaire depuis 2015, grâce au Programme présidentiel d’urgence (PPU). Aussi, l’indexent-ils du décaissement du budget destiné à l’entretien et au carburant à des fins privés et personnels. Outre  ces griefs, malgré la cotisation trimestrielle de 60 mille FCFA des 800 agents de la Dgamp pour la couverture maladie qui prend en compte leurs ayants droits, ces derniers sont ‘’soignés dans des conditions inhumaines.’’ « Le responsable du contentieux de l’une des cliniques prestataires, sis à Yopougon, nous a fait savoir que nous seront soignés au rabais tant que le paiement de leurs prestations se fera avec des retards inacceptables. En témoigne le décès d’un des nôtres, admis dans cette même clinique dans un  état de coma profond, décédé le 14 avril 2018, par manque de soin intensif en réanimation », expliquent les secrétaires généraux des deux syndicats.

Face à ces dérives qui restent impunies, les deux syndicats pensent avoir donné suffisamment de temps au DG, afin de satisfaire les agents. « Nous demandons son départ », réclament-ils.

Le colonel major sur le départ ? En effet, en 2006 les mêmes agents s’étaient soulevés contre l’ex-DG de la Dgamp, le colonel (aujourd’hui général), Tibé Bi Balou Jean-Christophe pour retard de prime. Avec du recul, les langues se délient et la  vérité commencent à éclater au grand jour. Sous le sceau de l’anonymat, certains agents reconnaissent qu’ils étaient appuyés par le colonel Tano Koffi Bertin, alors directeur de la sécurité maritime, proposé par M. Tibé à ce poste.

Ce vent de soulèvement ‘’illégale’’ a emporté l’ex-DG puisqu’il n’avait pas aussi accès à ses bureaux.

En retour, Tano Koffi Bertin a été promu directeur général de la Dgamp. Malheureusement, les différentes réformes entreprises par l’ex-DG, afin que cette structure atteigne ses objectifs ne connaîtront pas un début d’exécution. En témoigne le profit personnel financier de cette réforme qui se  résume en sa personne.

Au cours d’une rencontre avec les agents, relative à la grève, le DG de la Dgamp aurait tenu des propos déplacés, selon les grévistes. Il aurait évoqué le nom du Premier ministre et celui du président du Sénat comme ses parapluies et traité le ministre des Transports de tous les noms. C’est, selon notre source, la goutte d’eau qui a fait  déborder e vase.

Conséquence, sa tête est mise à prix par ceux qu’il aurait monté, hier en leur promettant monts et merveilles, pour bouter dehors son bienfaiteur par un soulèvement des agents. La vérité a fini par le rattraper et les faits évoqués achèvent de convaincre que l’argent du contribuable sert aux activités du DG en toute impunité.

Nos tentatives pour joindre M. Tano sont restées vaines, malgré nos appels et SMS (nous restons ouverts à sa version des faits).

Après insistance, M. Tano nous a donné rendez-vous, le lundi 28 mai 2018, pour nous faire le point de la situation. Cependant, précise-t-il « c’est le DG du port qui est derrière tout ça. »

 

Kpan Charles

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