[Côte d’Ivoire] Trop de laisser-aller dans les mesures complémentaires pour lutter contre la propagation du Covid -19

[Côte d’Ivoire] Trop de laisser-aller dans les mesures complémentaires pour lutter contre la propagation du Covid -19

-‘’640 millions sur plus de 4 milliards FCFA disponibles’’, selon le ministre ivoirien de la Santé

En prenant des mesures complémentaires pour lutter contre la propagation du Coronavirus (Covid -19) en Côte d’Ivoire, le lundi 16 mars 2020, le président ivoirien, Alassane Ouattara, par ailleurs président du comité de crise, était loin de s’imaginer que des failles allaient influencer les dispositions.

Des passagers en provenance de la France par vol, Air France AF 704, dans la nuit du 17 mars 2020, ont violé le suivi de la mise en œuvre des mesures prises pour le contrôle et la prévention de la maladie à coronavirus par le comité de crise. « Tous les voyageurs en provenance des pays ayant plus de 100 cas confirmés de maladie à coronavirus (COVID-19), et arrivant à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, seront soumis à des contrôles de routine, puis transférés au centre de transit de l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs), où ils seront soumis à un examen médical.»

Malgré cette mesure, certains voyageurs se sont retrouvés librement chez eux. Ceux qui ont été transportés en quarantaine à l’Injs n’ont pas respecté la distance d’au moins un mètre entre eux. Sous la bâche où ils ont été accueillis, ils étaient assis côte à côte comme dans une réunion de famille. Dans cette guerre contre un virus qui tue par centaine dans plusieurs pays à travers le monde.

La Côte d’Ivoire est-elle prête pour exécuter les mesures prises par le conseil de sécurité, qui a été présidé par le président de la République ? Ça coince et il y a des failles que les médias ivoiriens ne cessent de dénoncer pour éviter que l’aéroport international FHB qui a enregistré, en 2019, un trafic de 2. 260 000 passagers contre 2 187 868 en 2018, se transforme en une passoire.

En témoigne le rapport du groupe sectoriel de santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié à l’occasion de sa réunion du samedi 26 février 2020 à Abidjan. La presse avait révélé 37 voyageurs rentrés de Chine entre le 3 et le 24 février 2020, qui étaient ‘’injoignables par les services de suivi sanitaire’’.

L’affaire ‘’Certaines personnalités n’ont pas été mises en quarantaine à l’Injs et sont rentrées chez elles’’ ne vient qu’enfoncer le clou.

L’humilité de l’artiste Asalfo

Suite à une série de commentaires négatifs après la vidéo faite en direct du 17 mars 2020, du révérend Wilfried Zahui, l’artiste Asalfo a présenté des excuses à la nation au micro du confrère de l’Intelligent d’Abidjan. « Je suis sincèrement désolé pour ce qui arrive. J’ai un réel sentiment de culpabilité de m’être désolidarisé en mettant ma famille en quarantaine hors de l’Injs. Je présente mes excuses pour cela. Toutefois, je rassure l’opinion publique que ma famille est bel et bien en quarantaine, une quarantaine suivie par un médecin. En cette période difficile, j’ai une pensée pour toutes les personnes infectées. Que Dieu les assiste.»

Dans cette affaire qualifiée de ‘’Certaines personnalités n’ont pas été mises en quarantaine à l’INJS et sont rentrées chez elles’’, la ministre Anne Désirée Ouloto est venue à la rescousse de son collègue par solidarité gouvernementale. « Faites confiance à votre gouvernement. (…) Personne n’est au-dessus de la loi, donc autant vous serez confinés chez vous, autant eux sont déjà confinés chez eux. Sachez qu’on n’est pas un État où il y a du deux poids, deux mesures. Ils sont déjà confinés chez eux. Personne ne les verra se promener dans la ville donc soyez rassurés », estime-t-elle.

‘’ Personne n’est au-dessus de la loi, mais…’’

Dans son communiqué, le ministre de la Santé ne fait même pas cas de situer les responsabilités et de poursuivre les auteurs cette ‘’légèreté’’ du système mis en place par le conseil de sécurité. « Conformément au communiqué du Conseil National de Sécurité du lundi 16 mars 2020, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Le Président de la République, le Comité de suivi a été instruit pour le suivi de la mise en œuvre des mesures prises pour le contrôle et la prévention de la maladie à coronavirus (COVID-19) et leur adaptation à l’évolution de la situation.» Telle est en substance la déclaration qui statue sur quatre mesures laissant la porte grandement ouverte à l’impunité.

Les efforts consentis par le président du conseil de sécurité

Dans le cadre d’un élan de solidarité de la sécurité sanitaire contre le Covid-19, il y a un plan de riposte dont le budget est estimé à plus de 4 milliards 400 millions FCFA, selon les révélations du ministre ivoirien de la Santé et de l’Hygiène publique, Aka Ouélé, sur le plateau de la télévision publique (RTI1), dans l’émission spéciale sur le coronavirus . « Les autorités suivent de près ce dossier et son Excellence le président de la République a souhaité que ce budget soit revue à la hausse. Nous sommes en train de le faire parce qu’il y aura des impacts économiques.

Mieux, « 640 millions FCFA ont été déjà mis à notre disposition par le gouvernement. Il y a la Banque mondiale qui a contribué pour 340 millions FCFA ainsi que la contribution de l’Agence française de développement. L’Oms a fait dons de matériel pour le personnel de santé », indiquait-il.

En revanche, dans les hôpitaux et certains lieux publics, cette sensibilisation tout azimut, suivie de dons de matériels de première nécessité que les Ivoiriens ont observés au temps de l’épidémie d’Ebola, fait défaut.

Des journalistes et organisations professionnelles dévoués et mobilisés

Depuis le déclenchement de l’épidémie, la presse ivoirienne accompagne le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique dans la lutte contre le coronavirus. Il en est de même des organisations professionnelles des médias comme l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci), le Réseau des professionnels de la presse en ligne de Côte d’Ivoire (Repprelci) et du journaliste indépendant Fernand Dédeh. Tous sont sur tous les différents fronts de sensibilisations.

Cette guerre contre le conoravirus doit réveiller en chacun des Ivoiriens son esprit de patriotisme en respectant strictement les mesures prises à tous les niveaux.

Sériba Koné

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