[Division à la FIF] Pourquoi la table ronde de Zurich fut un échec (Par Fernand Dédeh)

[Division à la FIF] Pourquoi la table ronde de Zurich fut un échec (Par Fernand Dédeh)

-Et pourtant, ils doivent se parler

Le communiqué de la FIFA qui fait suite à la table ronde de Zurich le 20 mars dernier, est explicite.

1- Les parties ivoiriennes ont campés sur leurs positions respectives

2- Elles sont ressorties aussi divisées de Zurich qu’elles y étaient allées

3- La FIFA n’a pas pris aucune décision

4- Elle garde main et veille que le football ivoirien ne soit pris en otage

Autant le dire, la table ronde de Zurich fut un échec. La FIFA met les acteurs du football ivoirien devant leurs responsabilités. Face au blocage et aux positions diamétralement opposées, ils sont nombreux les observateurs qui n’écartent plus le schéma d’un comité de normalisation comme au Mali ou au Cameroun.

Qui pour sauver le football ivoirien?

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La photo de famille

Le président de la fédération ivoirienne de football, Augustin Sidy Diallo porte l’avenir du ballon rond ivoirien sur ses épaules et dans son esprit. Il a la responsabilité historique de laisser au moins l’environnement du football dans l’état où il l’avait trouvé à défaut de l’améliorer.

Sidy Diallo s’est volontairement mis en vacances du football en 2006 après le mondial allemand. L’équipe ivoirienne brillait alors de mille feux. Il est revenu en septembre en 2011 dans des conditions troubles dont les différents acteurs jouent encore les prolongations.

Le projet Sidy

L’état de grâce de Sidy Diallo à duré jusqu’en 2015. Il a remporté la coupe d’Afrique des nations en Guinée Équatoriale. Il a réussi à porter la subvention des clubs de première division de 35 millions à 50 millions puis aujourd’hui à plus de 70 millions. Il a rendu le championnat national de ligue 1 visible à travers le monde avec la création de Fifprod en collaboration avec la société de production audiovisuelle ABS. ABS détient 34 % des parts de FIFprod. La société fonctionnait sur la base d’une promesse mais n’était pas formellement créée. Sous la gouvernance Sidy, Canal Horizons a mis pied dans le football ivoirien.

Sidy Diallo a réussi à électrifier le stade Robert Champroux de Marcory et le Parc des Sports de Treichville pour les matches en nocturne. Un projet FIFA de 250 millions FCFA a été nécessaire. Les pelouses synthétiques des stades de Yopougon et d’Abobo sont en voie d’exécution. Encore un projet FIFA.

Les plaies de la gestion de Sidy Diallo

Sidy Diallo entretient des relations incandescentes avec des clubs, des acteurs importants du monde du football et plus grave, avec les partenaires économiques. Notamment, Orange CI, ABS. Sa gestion est décriée par les clubs et certains membres de son comité exécutif qui n’ont pas manqué, pour les plus courageux, à démissionner.

Le président de la fédération ivoirienne de football a un principe de vie et un mode de fonctionnement jugés par la plupart des observateurs, inadaptés à la gestion du football. Il est plutôt « une tombe » ou parle très peu. En 7 ans de présence à la tête de la FIF, il s’est adressé au plus, cinq fois à la presse. « Mon père m’a dit, pour vivre heureux, il faut vivre caché. », répète-t-il souvent à ses proches. Seulement voilà. Au football, les phares de l’opinion sont constamment braqués sur le responsable, notamment le président de la FIF. Le public est en permanence en quête de sensations fortes. Et attend des dirigeants, une communication dynamique ou explications sur la marche des équipes et surtout de l’équipe nationale.

Sidy Diallo a certes remporté la CAN2015 avec les Éléphants mais ses malheurs viennent en partie de là. Il n’a pas su capitaliser le succès des Éléphants. Il s’est complu dans le folklore des tournées à l’intérieur du pays et à Abidjan. « Il se promenait avec la coupe d’Afrique dans un emballage noir », se moque un membre du comité exécutif. La CAN2015 aurait pu servir de transition à la fois pour renflouer les caisses de la FIF par un marketing approprié et surtout projeter le futur de l’équipe nationale. Le trophée a accentué les divisions dans la famille du football ivoirien. Il y en a qui avaient droit de poser avec la coupe. D’autres qui étaient interdits de s’approcher de ce qui s’apparentait à un trophée de guerre pour Sidy.

Pendant longtemps, Sidy Diallo a pu compter sur l’ombre de « tonton ADO ». Donc sur la mansuétude du régime. Aujourd’hui, tonton est toujours là mais a instruit ses collaborateurs de se tenir à carreaux à propos de tout ce qui se passe à la FIF. Il a surtout conseillé au neveu de prendre ses responsabilités et de faire la paix avec ses détracteurs.

Après la sortie de la FIFA, une voie s’offre au président de la fédération ivoirienne de football: s’éloigner des faucons de son camp et surprendre les observateurs et les acteurs du football Ivoiriens. Ouvrir le dialogue direct. La balle est dans son camp. C’est à lui d’apprécier la réalité sportive du moment et surtout de rentrer dans l’histoire la tête haute ou à reculons.

Les dissidents

Les signataires de la pétition demandant le départ de Sidy Diallo sont certes exigeants mais ils ne sont pas fermés au dialogue. Ils ne sont pas non plus blancs comme neige. Ils n’ont pas une stratégie clairement définie et cachent leur jeu et leur leader. Ils exigent le départ de Sidy Diallo de la tête de la fédération ivoirienne de football mais n’ont jamais déroulé leur plan de l’après-Sidy.

Leurs discours et leurs apartés révèlent plutôt une vengeance à plusieurs visages. Ils le savent, ils ne transformeront pas le football ivoirien d’une baguette magique. Ils ont juste besoin de considération.

Dans l’un ou l’autre cas, le dialogue est nécessaire. Autrement, il ne faut pas s’étonner de la méthode cassante de la FIFA…

À la prochaine prise de main.

Fernand Dédeh

 

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