[Djaka Festival 2018 en Côte d’Ivoire] Alexandre Jhronsix Draman (commissaire général), à cœur ouvert : ‘’Notre objectif promouvoir la culture de chez nous’’

[Djaka Festival 2018 en Côte d’Ivoire] Alexandre Jhronsix Draman (commissaire général), à cœur ouvert : ‘’Notre objectif promouvoir la culture de chez nous’’

Avant les festivités de Djaka Festival 2018 le commissaire général, Alexandre Jhronsix Draman, fait, à cœur ouvert, le point des cérémonies passées et présente le programme de celle de 2018. Entretien…

Alexandre Jhronsix Draman, vous êtes le Commissaire général de Djaka Festival, une institution culturelle du Loh-Djiboua, qui vient de faire le lancement de ses activités édition 2018 à Abidjan, au Baron de Yopougon. Pourquoi le choix sur cette commune ? Quel bilan en faites-vous ?

Alexandre Jhronsix Draman: Je voudrais vous remercier de l’opportunité que vous m’offrez pour parler de Djaka Festival, et surtout du lancement de Djaka Touristic 2018, couplé du Concours Agbagningnin qui se dérouleront du 4 au 6 août 2018 à Zikisso, dans le village de Zatoboua. Nous avons l’habitude, au niveau du Comité International de Djaka Festival, de faire deux lancements par édition. Cette année, avant le lancement régional qui aura lieu à Fresco en mai 2018,  nous avons fait cette cérémonie que nous  appelons ‘’Lancement national’’ qui a eu lieu au Baron de Yopougon le 3 mars 2018.

L’an dernier, nous étions au Plateau. Pour 2018, le choix de Yopougon a été motivé par le fait que nous voulons nous rapprocher de nos parents qui vivent pour la plupart dans cette grande commune d’Abidjan et nous n’avons pas eu tort. Nous pouvons affirmer que ce lancement a été un réel succès au regard de l’affluence, puisque programme qui attend les festivaliers en août prochain est riche et varié. Il faut noter que le Djaka Touristic aura lieu du 4 au 6 août 2018 à Zikisso et Djaka Festival Alebloh 2018 à Divo du 8 au 11 août 2018.

Quelques mois après la tenue de l’édition 2017, appelée ” Mainoh”, portant sur les alliances ethniques, un journal ivoirien a publié que, selon M. Zakpa Komernan Roland, président du Conseil régional du Loh-Djiboua, le festival n’a pas répondu aux attentes du public parce qu’il veut créer un autre festival dans votre région. Qu’en est-il exactement ?

Je pense qu’il n’y a pas lieu de revenir sur cette affaire qui, pour nous n’est pas vraie. Il est vrai, chacun est libre de porter un jugement de valeur sur le déroulement de Djaka et l’attente qu’il attend ou espère, mais ces paroles ne viennent pas du grand frère, le ministre Roland Zakpa Komenan qui est le parrain honoraire de Djaka Festival.

On peut tout dire de Djaka Festival sauf dire qu’il n’a pas répondu à l’atteinte du public ou des parents. Avant de nous juger, il faut voir les objectifs de Djaka Festival qui se positionne aujourd’hui comme l’événement culturel régional le plus attendu pendant les vacances. À chacun de juger, mais nous au comité Djaka,  nous avançons malgré les difficultés.

Aujourd’hui, nous constatons que Djaka Festial est beaucoup actif à l’international. N’y a-t-il pas un grand risque de dispersion de vos forces financières, matérielles et humaines ?

C’est une bonne chose que Djaka Festival soit connue partout, aussi bien au plan national, qu’international, parce que notre objectif est de promouvoir notre culture.

Pour ce qui est de la question de dispersion des forces, il faut dire que ce sont nos frères, nos sœurs et les personnes qui aiment Djaka qui demandent à créer des coordinations dans les différents pays pour qu’ils puissent participer à leur niveau à la promotion de notre région  et de notre culture.

Le rôle qui leur est assigné, c’est la communication, la recherche des partenaires, des touristes et bien sûr, des financements. Vous constaterez dès lors qu’au lieu de dispersion des forces, c’est plutôt la mutualisation et l’union des forces pour faire de Djaka, un festival international.

De sources crédibles, nous apprenons que des leaders politiques, candidats aux élections locales (municipales et régionales), bataillent fort pour avoir avec eux le soutien tacite de Djaka Festival. En savez-vous quelque chose ?

Je crois que c’est une information que vous m’apportez là. Je vous en remercie. Ce que je peux dire, et je l’ai maintes fois relevé, Djaka Festival  n’est pas un parti politique,  ni une organisation politique. Djaka est le bien commun des dida, godié, néyo, éga, avikam, guébié… un cadre de promotion et de valorisation de leurs arts et de leurs cultures. Personne ne peut donc se servir de Djaka Festival pour faire la politique ou pour battre campagne au profit d’un leader politique.

Cependant, chaque Djakaphile est libre de ses opinions et peut donc avoir son parti ou son candidat sans que cela ne soit imputé à Djaka Festival. Si donc des personnes pensent utiliser notre bien commun pour en faire un bien propre, je suis désolé, il se trompe et sera en erreur.

Des ressortissants du Loh-Djiboua, avec qui nous avons échangé, nous révèlent que Djaka Festival est une caisse noire de la mutuelle de développement d’Akabia, votre village natal. Qu’en est-il ?

Je trouve cette histoire curieuse. Djaka Festival, une caisse noire pour mon village ou la mutuelle d’Akabia qui n’existe que de nom. Je peux en rire. Je pense qu’Akabia mérite qu’on lui rende hommage pour avoir eu cette géniale idée en la concrétisant à travers Djaka Festival. Grâce à Akabia, les Dida, les Godié, les Ega, les Guébie, les Néyo et les Avikam peuvent dorénavant être fiers de crier partout leur identité culturelle et de promouvoir leur culture. Au lieu de cela, on veut nous salir à travers des rumeurs infondées. Mais nous ne nous laisserons pas distraire.

Les parents d’Akabia seront toujours là pour montrer à la face du monde qu’ils sont avec leur bébé qu’est Djaka Festival. Je voudrais finir ce chapitre diffamatoire pour dire que si Djaka était une caisse noire pour la mutuelle d’Akabia, on aurait déjà réhabilité l’école primaire du village décoiffée depuis plus de 4 ans. D’ailleurs, ce sont des filles et des fils d’Akabia qui ont eu l’ingénieuse idée de lancer un SOS pour la restauration de cette école qui sont à saluer.

Où en est-on avec la création d’un village Djaka Festival ?

Le Comité International de Djaka Festival, bien qu’une association culturelle, voudrait bien réaliser un projet socioculturel et touristique dénommé Village Djaka.  Pour cela, nous aurons besoin de financements, seulement permettez que nous revenions sur ce projet la prochaine fois. Actuellement toutes nos énergies sont mobilisées pour réussir Djaka Festival Alebloh 2018.

L’édition 2018 porte le nom Alebloh, pourquoi ?

Effectivement cette édition est dénommée Djaka Festival Alebloh 2018. Alebloh ou Alebo ou Aplebloh  veut dire ‘’Nous sommes uns’’,  nous sommes unis, car c’est dans l’unité que nous serons forts. En un mot la cohésion. Djaka appelle les peuples dida, godié, éga, guébié,  néyo et avikam et tous les peuples ivoiriens à la cohésion pour vivre en paix, en harmonie. Sans La cohésion, il n’y a pas de paix et sans la paix, pas de développement.

Nous avons beaucoup de défis à relever tels que, la pauvreté, les maladies, le sous-développement. Pour les vaincre, nous devons être unis, soudés comme les brindilles de balais. Un atout majeur sui nous confère un grand avantage est que les Dida, godié, néyo, avikam, Ahizi, éga, guébié sont des peuples à nombreuses alliances.

D’où puisez-vous cette force et cette confiance qui vous permette de ne pas abandonner le programme Djaka Festival, depuis sa création ?

Je remercie Dieu de me donner toujours la force pour continuer à faire sa volonté. En réalité ma force vient des bénédictions des parents et celles de toutes les personnes qui aiment Djaka, qui prient pour nous toujours. C’est grâce à toutes ces prières que nous  tenons, que nous avons la force de lutter  pour que Djaka Festival ne disparaisse pas.

Je dis merci à tous les Djakaphiles du monde qui bravent vents et marées, le soleil et la pluie, le jour et la nuit pour que Djaka Festival se tiennent chaque année. Je leur suis infiniment reconnaissant.  Pour nos arts, nos traditions, nos cultures, je les encourage à persévérer sur cette voie. Mes pensées vont également à toutes les personnalités et aux structures qui font confiance à Djaka Festival.

J’invite tous les amoureux de la culture à se joindre à nous, du  4 au 11 Août 2018 pour faire la fête ensemble, pour découvrir davantage notre très riche patrimoine culturel. Je leur promets une belle fête avec un programme varié et innovant.

Je voudrais remercier tous ceux qui nous qui nous accompagnent depuis très longtemps pour faire de Djaka, un festival de référence. Que Dieu les bénisse.

Une collaboration extérieure de Akéké Williams Roger

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