Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo la Côte d’Ivoire attend l’oxygène

Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo la Côte d’Ivoire attend l’oxygène

Les grandes voix et grandes gueules de la scène politique nationale sont pour l’instant, neutralisées ou tétanisées par la décision de la Cour pénale internationale

Abidjan, le 02-04-2021 (crocinfos.net) À Barthelemy Zouzoua Inabo: Les grandes voix et grandes gueules de la scène politique nationale sont pour l’instant, neutralisées ou tétanisées par la décision de la Cour pénale internationale. L’onde de choc est immense pour les faucons de tous les camps. Ça tombe bien. Certes l’espace n’est pas totalement aseptisé. Le virus de la haine, de la vengeance, de la colère, de l’étouffement, circule toujours. Tout comme celui de la Covid-19 (soit dit en passant, allez vous faire vacciner, c’est gratuit.).

De l’espace donc, pour une réflexion sereine, dynamique et collective sur les suites logiques de la décision de la Cour pénale internationale, le 31 mars 2021.

Conditions pour le retour au pays

Laurent Gbagbo, le père de la maxime « asseyons-nous et discutions »

Laurent Gbagbo, le père de la maxime « asseyons-nous et discutions »

Laurent Gbagbo et Blé Goudé acquittés, quel est donc le futur immédiat pour la Côte d’Ivoire? Les deux hommes ont manifesté leurs volontés de retourner dans leur pays. Comment et à quelles conditions ce retour peut-il se faire?

La Côte d’Ivoire ne sort pas d’un dîner de gala. Elle sort péniblement d’une crise qui a brisé les liens sociaux et formaté les esprits. Pour beaucoup, le logiciel est bloqué au 11 avril 2011. Dans les différents camps. Au-delà des mots, les esprits sont encore installés dans la belligérance. Rien qu’à voir les passes d’armes sur les réseaux sociaux!

‘’Certes l’espace n’est pas totalement aseptisé. Le virus de la haine, de la vengeance, de la colère, de l’étouffement, circule toujours. Tout comme celui de la Covid-19 (soit dit en passant, allez vous faire vacciner, c’est gratuit.)’’

Et pourtant, une chose est sûre: après les émotions, il faut bien se rendre à l’évidence: le retour des deux hommes se fera en concertation et en bonne intelligence avec le pouvoir d’Abidjan. Laurent Gbagbo a été président de la République, il est Homme d’État. Il le sait plus que quiconque. Il a lui-même organisé le retour de Henri Konan Bédié puis celui de Alassane Ouattara à l’époque. « Si Gbagbo rentre, il ira saluer Alassane Ouattara qui incarne l’Etat », selon un proche du président du Front populaire ivoirien.

Vivre ensemble…

Alassane Ouattara a aujourd’hui le beau rôle: rassembler de nouveau les Ivoiriens divisés et donner une forme concrète au slogan de son parti « le vivre ensemble ».

‘’Pour beaucoup, le logiciel est bloqué au 11 avril 2011. Dans les différents camps. Au-delà des mots, les esprits sont encore installés dans la belligérance. Rien qu’à voir les passes d’armes sur les réseaux sociaux!’’

Dans les cercles des hommes politiques, personne n’exclut un dialogue de haut niveau et surtout, direct entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Le premier nommé est le père de la maxime « asseyons-nous et discutions ». Le président de la République l’a maintes fois exprimé, « je suis le grand-frère. C’est au petit frère de m’appeler. ». Les portes du dialogue sont ouvertes. On cherche les clés pour les ouvrir.

Qui osera faire le premier pas?

La question aujourd’hui est de savoir comment faire pour que les deux hommes se parlent. Il y a de part et d’autre, des frustrations, de la colère, de l’orgueil et de l’ego surdimensionnés aussi. En fait, qui va oser faire le premier pas? Là est toute la problématique.

En novembre 2020, on le sait aujourd’hui, grâce à feu Augustin Sidy Diallo, Laurent Gbagbo avait contacté Hamed Bakayoko. À l’époque, le Premier ministre ivoirien était à la fois honoré et gêné par la démarche de l’ancien président ivoirien. Honoré d’avoir la confiance d’un homme politique qu’il considère comme son père, donc d’être accepté comme facilitateur pour passer des messages importants. Mais gêné de savoir que le président Laurent Gbagbo préfère l’appeler lui, plutôt que d’appeler directement « son grand-frère, Alassane Ouattara, président de la République. ». Laurent Gbagbo, choqué par le blocus autour de la résidence du président Henri Konan Bédié, était intervenu pour en obtenir la levée.

‘’Alassane Ouattara a aujourd’hui le beau rôle: rassembler de nouveau les Ivoiriens divisés et donner une forme concrète au slogan de son parti « le vivre ensemble »’’.

Sidy Diallo n’est plus là, Hamed Bakayoko aussi. Il faut trouver d’autres ressources humaines et des personnalités nationales de haut niveau et de grandes compétences, capables de jouer les courroies de transmission. Alassane Ouattara s’appuie actuellement sur une équipe très restreinte de collaborateurs plutôt technocrates. En attendant le nouveau gouvernement.

« Henri Konan Bédié, au secours… »

Au regard de la situation actuelle, la personnalité politique idoine est le Président Henri Konan Bédié. Le Président du Pdci-Rda a le vécu, l’aura et l’ancienneté pour porter le costume du réconciliateur. Il a la possibilité de parler avec Alassane Ouattara d’une part et avec Laurent Gbagbo, d’autre part, pour faciliter les discussions et les coups de fils. Seulement voilà, Henri Bédié est un peu boudeur sur les bords. L’ancien Président ivoirien s’est certes ému de ce qui ressemblait à une assignation à résidence de l’aîné des hommes politiques ivoiriens en activité en novembre 2020, mais sa réticence à soutenir le Conseil national de Transition a quelque peu refroidi leurs relations. Cependant, devant l’intérêt de la nation, les petites frustrations fondent comme neige au soleil.

Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo: ces trois hommes, à eux seuls, s’ils le veulent, peuvent donner de l’oxygène à la Côte d’Ivoire…

Par Fernand Dedeh

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