[Modernisation de la ville de Ouragahio/Le maire Antoni Garou sans détour] « Le développement n’est pas l’affaire d’une seule personne »

[Modernisation de la ville de Ouragahio/Le maire Antoni Garou sans détour] « Le développement n’est pas l’affaire d’une seule personne »

Ouragahio, 03-11-2021 (crocinfos.net) Le maire de la ville de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, se bat comme il peut pour réaliser plusieurs projets de développement au profit de sa commune. Dans cet entretien fleuve, il égrène le long chapelet de ses acquis et dévoile de facto les secrets de ses succès tant au plan administratif que financier. Au passage, il fait une vraie plaidoirie auprès du président de la République pour un financement additionnel à la commune de son frère Laurent Gbagbo. Entretien !

Le baromètre : Quelques trois années après votre succès à l’élection municipale à Ouragahio, quel bilan peut-on retenir de vous ?

En acceptant de devenir maire de Ouragahio, j’ai répondu au souci de mes parents qui est de voir l’un de leurs fils diriger cette commune. Ouragahio a un grand nom pour avoir donné naissance à un grand homme d’État en la personne du président Laurent Gbagbo. Aujourd’hui, le simple nom de Ouragahio à l’international nous fait grandir. Mais de près, cette image contraste avec la réalité du terrain. Érigée en Commune depuis les années 85 sous Houphouët-Boigny, notre commune a été dirigée par les maires Gbaka Gaspard, Ouraga Casimir et Dacoury-tabley qui malgré le peu de moyens dont ils disposaient ont contribué au développement de cette localité. Lesquels d’ailleurs que je salue au passage pour avoir ajouté leur pierre à l’édifice.

Vu de l’extérieur, on ne saurait mieux percevoir leur travail mais il faudrait être ici sur place pour percevoir l’immensité de leurs actions avec le peu de moyens dont ils disposaient. C’est après cette génération que vient ma génération. Mon ambition est de faire de Ouragahio une ville nouvelle. Et là, mes écrits demeurent encore sur internet. Que voulais-je faire ? D’abord avant mon élection, j’ai consulté toutes les couches socio-professionnelles qui ont plaidé pour le désengorgement du lycée municipal à cause des salles de classe bondées d’élèves. C’est ce que je viens de faire en construisant par le biais de l’Etat de Côte d’Ivoire un collège moderne à Karahi. Aussi, suite aux plaintes des jeunes filles et dans le but de lutter contre les problèmes de tuteurs et de grossesse en milieu éducatif, nous avons obtenu la construction d’un établissement secondaire pour les jeunes filles avec internat, dont les travaux débuteront bientôt. Outre ceci, nous sommes sans ignorer que Ouragahio a donné de grands noms au football en Côte d’Ivoire. Je pense à Séry Mogador, Gnako Jules, Lebri Gérôme, Gadji Céli, Gouamené Alain, Lorougnon Clément et j’en passe. Mais paradoxalement, Ouragahio n’a pas de terrain de sport.

Pour pallier à cela, nous avons obtenu la construction d’un complexe sportif ultra moderne dont les travaux débuteront courant premier trimestre de l’année 2022. Vu l’état irrégulier des lotissements anarchiques dans notre ville, nous avons jugé utile de faire les ouvertures de routes pour faciliter les accès aux quartiers. En sus, nous avons construit l’apatam de Oundjibipa, le centre de santé de Broudoumé à plus de 15 millions sur fonds propres. Le commissariat de police de Ouragahio a été achevé à hauteur de 25 millions. Plusieurs campements seront équipés en panneaux solaires et nous procéderons à la remise officielle lors d’une cérémonie publique malgré le coût très excessif. Au plan sanitaire, Ouragahio sera bientôt département et la résidence du directeur départemental de la santé est en voie d’achèvement pour accueillir notre DD santé. A Mama, nous sommes intervenus pour refaire la mise aux normes du centre de santé. Choqué par les conditions de transport et les souffrances de nos mamans et autres épouses en travail, j’ai œuvré et obtenu deux ambulances dont l’une médicalisée de la France et l’autre du PNUD.

La ville moderne de Ouragahio partira depuis le complexe sportif Sery Mogador de Karahi jusqu’à la brigade de gendarmerie. Là sera bâtie la cité de la diaspora qui sera accessible à toutes les bourses dans un système de location-vente des résidences de 2 à 5 pièces. Logements dont les travaux débuteront dès le premier trimestre de l’année 2022. A Zébizékou, nous avons achevé une salle de classe sur les deux salles restantes. A Kpapékou, nous aurons une maternelle dès la rentrée des classes prochaines de 2022-2023. A cela s’ajoute le château d’eau qui sera inauguré très bientôt. Nous agissons ainsi en dépit de la petitesse de notre budget qui tombe à compte goûte. En effet, en lieu et place des 90 millions de nos francs revenant à l’Etat ivoirien, seulement 35 millions nous sont versés chaque année. Ce, depuis les temps des prédécesseurs.

Pour réussir nos projets, nous nous appuyons inéluctablement sur notre carnet d’adresse. En gros, voilà nos modestes actions. Je puis donc dire que si la Commune de Ouragahio a aujourd’hui fière allure, c’est aussi en partie grâce à nos aînés mais aussi et surtout grâce à nos modestes projets réalisés çà et là grâce aux soutiens de nos amis et autres opérateurs qui placent leur entière confiance en nous.

Crocinfos.net : Vous semblez au fond faire un vrai plaidoyer pour le financement spécial de votre commune qui a donné naissance à un homme d’Etat en la personne de Laurent Gbagbo.

Bien sûr. Ouragahio mérite mieux. 30 millions comme budget semble peu pour une commune qui a donné beaucoup à la Côte d’Ivoire. Je ne cesserai toujours de faire un plaidoyer dans ce sens. Fort heureusement que notre champion lui-même est présent, nous espérons tout de même que sa présence fera booster nos démarches administratives pour voir enfin tous nos projets se réaliser pour le bonheur de nos populations dont les besoins sont de plus en plus croissants. Vous savez qu’en politique, il faut savoir être lion et renard à la fois. Je suis certes de l’opposition mais, je respecte ceux qui sont au pouvoir pour que demain aussi je sois respecté une fois au pouvoir. Qu’on les aime ou pas, il faut leur vouer le respect dû à leur rang. Il faut être un opposant loyal. Et cela ne rime pas avec une compromission. C’est ainsi que fonctionne un vrai État de droit et de démocratie. Bientôt des bacs à ordures et un grand dépotoir financés par l’Etat seront construits. Ce sont les résultats de ma loyauté et aussi parce que je sais poser les problèmes de ma population.

Lepointsur.com : Monsieur le maire Antoni Garou, où en sommes-nous avec la construction des magasins modernes à Ouragahio ?

Merci de me rappeler ce point. Faire de Ouragahio une ville nouvelle et moderne rime avec la modernisation des infrastructures commerciales pour les rendre plus fréquentables et assainies. Nous ferons comme le maire Cissé Bacongo qui, à Koumassi, est en train de faire un travail hyper remarquable.

Nos commerçants nous ont promis de quitter les lieux au cours de ce mois de décembre 2021. Mais, nous leur permettront de finir la fin d’année. A partir du premier trimestre de l’année 2022, nous débuterons les travaux quoi que cela nous coûte pour construire des magasins modernes avec des toilettes individuelles. C’est le lieu de notifier déjà que les frères de la diaspora sont très actifs car, ils ont commencé à réserver leurs magasins. D’où l’invite pressente aux uns et aux autres d’en faire autant.

Ces magasins seront construits tout le long de la voie principale menant à Sinfra. Le véritable problème que nous avons à Ouragahio, c’est le manque d’espaces. Étant donné que la ville de Gagnoa est saturée, il revient à Ouragahio d’accueillir les populations en mettant en valeur les sites disponibles. D’où nos pieds de grue auprès de nos parents de Ouragahio, afin de mettre à notre disposition l’ancien cimetière pour la réalisation des projets attractifs dont les partenaires sont déjà prêts à financer.

A cheval sur Sinfra et Gagnoa, Ouragahio présente un meilleur profil pour la réalisation de plusieurs projets de développement. Dans cette même veine, nous envisageons déplacer le grand marché dont la proximité d’avec la route provoque des accidents qui nous affectent assez.

Lhorizoninfo.net : Peut-on dire dès lors que le développement est galopant à Ouragahio ?

Oui. C’est notre ambition. Mais, en même temps, il faudrait retenir que le développement n’est pas une course de vitesse. C’est une course de fond. Et chacun doit agir en son temps pour laisser sa marque positivement. Voilà mon ambition, non pas par orgueil. Je m’inspire des grands classiques comme Louis XVI et autres qui ont été de grands bâtisseurs.

Dernière heure monde : Avez-vous le sentiment d’être souvent incompris par endroits ?

Je n’ai pas d’arrière-pensée. Je suis un seul exemple : Jésus Christ. Je ne cherche pas à être aimé. Mon village natal Zébizékou est mon laboratoire mais, je reste convaincu que tout le monde ici ne m’aime pas. Le plus important est le travail pour clouer le bec aux sceptiques. Le travail est comme le miel. Il attire.

Le baromètre : Votre mot de fin.

Je lance un message à tous pour dire que le développement n’est pas l’affaire d’une seule personne. Je ne fais que coordonner les activités mais que chacun accepte d’investir dans ce projet, afin que l’idéal commun soit atteint. Du planteur au balayeur en passant par le commerçant et l’homme de métier, la commune de Ouragahio nous appartient tous. Aussi, à tous ceux qui ont des intérêts ici, je vous demande de vous activer pour que notre Ouragahio rayonne davantage. Merci aussi à vos différentes rédactions qui vous ont mandaté pour promouvoir nos activités. C’est cela le développement.

Propos recueillis et retranscrit par Laine Gonkanou, correspondant régional

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