Pourquoi la diaspora burkinabè doit commencer à bouder ses officiels (Par Alexandre Lebel Ilboudo)

Pourquoi la diaspora burkinabè doit commencer à bouder ses officiels (Par Alexandre Lebel Ilboudo)

Je n’ai pas pour habitude de prendre des positions ou de jouer les spécialistes sur les réseaux sociaux mais je voudrais, à 24 heures de l’arrivée du Président Roch Marc Christian au 7è sommet du Traité d’Amitié et de Coopération ivoiro-burkinabè, partager un point de vue. Je sais que, comme c’est le cas en pareilles circonstances, il sera accueilli dans la liesse populaire par ses compatriotes résidant en Côte d’Ivoire. Cependant, je crois qu’il est temps que la diaspora burkinabè, principalement, celle vivant en Côte d’Ivoire ait l’intelligence de ses intérêts ; l’intérêt collectif qui transcende les clivages politiques et autres considérations ventripotentes le commande. Il faut que cette diaspora s’organise pour signifier à l’illustre hôte qu’elle a passé l’âge de la candeur et qu’elle n’est pas dupe des manigances de son régime. Comment peut-on vouloir retenir comme seuls documents pour le vote de la diaspora en 2020 la carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) et le passeport et ignorer la carte consulaire? Alors qu’il est expressément mentionné au verso de cette carte : «la présente carte délivrée aux résidents en Côte d’Ivoire tient lieu de carte d’identité burkinabè». Au nom de quoi cette pièce que détient la grande majorité des Burkinabè est-elle donc snobée alors qu’elle a déjà généré pour le compte de la société concessionnaire Snedai et le trésor burkinabè plus de 7 milliards FCFA au premier trimestre de 2018?

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Alexandre Lebel Ilboudo, Journaliste-écrivain, 1er vice-président de l’Organisation nationale des journalistes d’investigation de Côte d’Ivoire (ONJI-CI)

On aura compris que le successeur de Blaise Compaoré veut se tailler un électoral à sa main. Parce qu’ils ne sont pas nombreux, les compatriotes qui possèdent un passeport ou une CNIB. Le calcul du pouvoir de Ouaga a donc la clarté de l’évidence. Acculé par la Diaspora qui ne supportait plus de ne pas pouvoir prendre part au vote dans son pays depuis des décades alors que les autres ressortissants de la CEDEAO le font pour leurs pays respectifs, Roch Marc Christian Kaboré et ses camarades qui ne pouvaient plus faire la sourde oreille face à la légitime revendication de leurs compatriotes ont fini par céder.

Mais, il veut se réserver le droit de reprendre la main. C’est le sens de cette décision. Aussi, veut-il reprendre avec la main gauche ce qu’il a donné, à contre cœur, faut-il le croire, de la main droite. D’un régime à un autre, la diaspora ne saurait subir les considérations mesquines de ses dirigeants. A l’évidence, le 7ème sommet du TAC est une formidable opportunité qui s’offre à la communauté burkinabè pour traduire sa déception et son amertume au président du Faso. Si la carte consulaire devrait être écartée du vote de 2020, autant arrêter sa production dès maintenant. Et si sa production ne s’arrête pas alors la diaspora devrait apprendre à bouder ses officiels. Cela pourrait commencer ce jeudi par Roch Kaboré lui-même à Yamoussoukro. Ce serait un signal fort.

Qu’on ne s’y trompe pas, la question du vote de la diaspora transcende les clivages politiques et devrait mobiliser tous les Burkinabè qui vont pâtir indistinctement de la mesure que compte prendre le pouvoir pour limiter le vote de nos compatriotes. C’est ici et maintenant que la mobilisation doit commencer.

Piqué sur la page facebook d’Alexandre Lebel Ilboudo

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