Stanislas Zézé, l’histoire d’une réussite à la dernière goute de sueur

Stanislas Zézé, l’histoire d’une réussite à la dernière goute de sueur

« Il faut que tu me paies mon loyer maintenant…Cela fait plusieurs mois que j’attends. » Depuis Janvier 2008, Stanislas Zézé n’arrivait plus à s’acquitter du loyer de son bureau.

LE LOUP DE LA FINANCE: STANISLAS ZEZE

« Il faut que tu me paies mon loyer maintenant…Cela fait plusieurs mois que j’attends. » Depuis Janvier 2008, Stanislas Zézé n’arrivait plus à s’acquitter du loyer de son bureau.

En Septembre 2007, il avait enfin lancé sa propre entreprise, cette agence de notation financière, Bloomfield Investment Corporation, dans l’euphorie d’un chef d’entreprise débutant. Mais des mois sont passés sans un seul client malgré les contacts. Les amis, les partenaires, les associés, des collègues d’affaires qui avaient promis soutenir cette jeune entreprise, ont déserté Zézé.

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Stanislas Zézé, un exemple à suivre

D’ailleurs depuis qu’il a démissionné de son poste en 2007 pour se lancer dans ses rêves et ses folies, il ne recevait plus de coups de fil ni de visites ; il n’était invité à aucune cérémonie. Lui qui avait tant de monde dans son entourage se retrouve subitement seul.

Quelques mois après avoir créé son entreprise en 2007, il broie du noir. Il puise dans ses propres réserves pour faire vivre l’entreprise et ses 5 employés. C’est connu, l’argent, ça finit vite quand ça ne rentre pas en formes numéraires ou d’autres formes.

Un jour, la banque lui refuse un découvert de 100.000 frs pour faire face à une dépense urgente. Certains membres de famille avec qui il commence l’aventure le lâchent. Et ce propriétaire qui attend ses loyers qui s’accumulent…

2 ans après avoir lancé son entreprise, Zézé ne reçoit son premier client qu’en 2009 ! Mais il croit dur comme fer à son projet. Soutenu par son épouse, il s’agrippe à l’espoir.

En ce moment, la tentation est de regretter une si brillante carrière abandonnée pour un mirage, ses rêves qui s’éloignent. ..

Stanislas est Diplômé de l’Université de Michigan aux États-Unis, où il a obtenu un MPA (Master of Public Administration) avec spécialisation en gestion des risques financiers et en planification stratégique pour le développement économique. Il intègre la Banque Mondiale où il devient plus tard conseiller de l’un des Vice-Présidents, en sa qualité de Senior Risk Analyst.

Après quelques années de service à Washington, il décide de tout abandonner et de retourner chez lui en Afrique. Ses compétences le font atterrir à la BAD (Banque Africaine de Développement) où il est nommé Senior Country Credit Officer.

Quelques années plus tard, il décide de changer de vie et de tenter une autre aventure. Il part de la BAD et est recruté à la société Shell Oil Products Africa, où il assume les fonctions de Directeur Régional de Risque Crédit pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, un poste plus qu’enviable.

Mais il lui vient la folie encore une fois d’abandonner ce poste pour se lancer dans le vide: créer sa propre entreprise.

Et le voilà, en sérieuse difficulté financière et en panne de clients pour sa nouvelle entreprise.

Partir de la Banque Mondiale, de la BAD et de Shell, pour ne plus pouvoir payer son loyer et avoir des difficultés financières, cela fait un choc….

Quand il crée Bloomfield Investment en 2007, l’écosystème de la notation financière est encore flou et même inexistant en Côte d’Ivoire. Ce champ est dominé par deux multinationales imbattables dans le domaine. Quand il parle de ses projets, ses interlocuteurs le regardent comme un martien.

Le déclic pour la création de son entreprise vient de ses missions avec les deux institutions internationales ci-dessus nommées. Stanislas reçoit une sorte d’illumination un jour. Après des missions au Mali et au Soudan, il est convaincu que la grille d’analyse du risque pays, dans sa forme utilisée, induit de mauvaises analyses et par conséquent des décisions difficiles pour les pays pauvres déjà fragilisés. Il se promet d’orienter différemment l’approche à la tête de sa propre entreprise qu’il créera. Il est passionné par cette idée jusqu’en 2007, lorsqu’elle prend forme.

Quand il obtient le premier contrat en 2009, après deux années d’âpres batailles, il commence à espérer de nouveau. Puis vient un deuxième puis un troisième contrat.

Comme si le sort s’acharnait sur lui, après le cinquième contrat, un client qui a obtenu une mauvaise notation a menacé de sortir du portefeuille. En respect pour l’éthique et en vue de pas entamer la rigueur et la probité de l’entreprise , Bloomfield le laisse partir. Stanislas Zeze est convaincu malgré les difficultés qu’il fera bon chemin dans l’entreprise qu’il a fondée. Il reste donc collé à ses principes, sans possible compromis avec le client . L’honnêteté intellectuelle et professionnelle est aussi une voie royale de succès. De nouveau, la stagnation refait surface. De 2007 à 2012, soit 5 ans après la création de son entreprise, il est encore déficitaire. Dans la croissance d’une entreprise de cette taille, ce déficit sur 5 ans est presque normal selon les expériences. Mais là, le propriétaire a encore des loyers à encaisser. Cependant, il est patient. Il a foi en ce jeune qui se bat bien.

Il a raison. 7 ans après la création de Bloomfield, les clients affluent et de gros clients. Mais cette 7 ème année équilibre les comptes seulement. La vitesse de croisière viendra plus tard.

Ca, c’était l’Histoire. Aujourd’hui en Avril 2022, Bloomfield Investment, l’entreprise fondée par Zeze Stanislas, est présente dans 20 pays africains et 2 pays européens, avec plus de 2000 notations à son actif, un portefeuille de plus de 100 entités dans les 5 catégories (institutions financières, instruments financiers, entreprises commerciales et industrielles, entreprises publiques et collectivités locales, pays).

Bloomfield Investment est composé de 60% d’employés féminins et 40% d’employés masculins.

Honoré par le très sérieux Magazine Forbes en 2016, Stanislas Zeze est une fierté pour la Côte d’Ivoire , un JEUNE LOUP, modèle pour la jeunesse.

Les arriérés de loyers et les 100.000 frs (environ 150 Euros) de découvert…. Un mauvais souvenir… Mais il faut toujours travailler pour accroître la surface de l’entreprise, payer les salaires, innover dans les services, maintenir la crédibilité et le prestige. En entreprise, il n’existe pas un état de sécurité absolue. Et Stanislas continue de se priver, de travailler, de grimper.

Quand on ne connaît pas l’histoire des personnes que l’on admire ou qui ont du succès, on croit que tout a toujours été rose.

Mortalité : il faut travailler dur, croire en ses rêves et ne jamais céder à la tentation du découragement

Jeunes, Stanislas Zeze vous envoie un message de persévérance.

Par Vincent Toh Bi Irié

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