[Démolition des maisons de la cité delta] Le ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier met environ 300 personnes à la rue et se tait

[Démolition des maisons de la cité delta] Le ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier met environ 300 personnes à la rue et se tait

La démolition de 38 villas de la Cité Delta, dans la commune de Port-Bouët, jetant plus de 300 personnes à la rue, dont celle du Super Ebony 2009, Jean Roche Kouamé, mardi 9 février 2012, reste toujours sans réponse. Accusé, le ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier observe un mutisme, voire un silence de cimetière

‘’Indemnisation au moment de l’exécution du projet sur les périmètres déclarés d’utilité publique’’, selon le décret

Abidjan, le 13-2-2021 (crocinfos.net) La démolition de 38 villas de la Cité Akissi Delta, dans la commune de Port-Bouët, jetant plus de 300 personnes à la rue, dont celle du Super Ebony 2009, Jean Roche Kouamé, mardi 9 février 2012, reste toujours sans réponse. Accusé de n’avoir pas fait indemniser les victimes, le ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier observe un mutisme, voire un silence de cimetière.

La démolition de 38 villas de la Cité Akissi Delta, jetant plus de 300 personnes à la rue par les services du ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier, continue à faire des vagues dans la presse et sur les réseaux sociaux. Mais, le ministre concerné observe un mutisme là où, plusieurs familles, légalement installées dans des villas, squattent les rues, dorment dans des domiciles d’amis et parents avec leurs enfants. Alors que, selon le décret les victimes devaient être indemnisées au moment de l’exécution du projet sur les périmètres déclarées d’utilité publique, selon le décret. Autant affirmer qu’elles  ont été abandonnées par l’État, censé assurer et veiller à la sécurité la sécurité des personnes et des biens.

L'image dégradante du trophée du Super Ebony

L’image dégradante du trophée du Super Ebony

Dans sa publication n°6557 du jeudi 11 février 2021, le quotidien d’information générale, Notre Voie, a eu un échange avec le directeur général de Proxim Finance Construction, Yed Benson. Celui-ci donne sa part de vérité, révèle et pointe un doigt accusateur sur le ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier: « Nos constructions ne sont pas de nouvelles constructions. L’autoroute a commencé en 2012. Nous avons achevé le programme immobilier en 2010, deux ans avant l’autoroute : « Donc, nous sommes considérés comme des réalisations anciennes », ajoutant, par ailleurs, « l’autoroute n’était pas prévu de ce côté. Elle était prévue du côté de l’ancienne route en 2006, et pour ce faire, on nous a fait reculer de 65m », s’est-il défendu.

Le confrère, Super Ebony, Jean Roche Kouamé qui, par la qualité de sa plume, a eu sa villa, exige dédommagement et recasement : « Si le décret doit forcément s’appliquer, nous, on ne s’oppose pas à son application. Mais, eux qui connaissent les textes, ils doivent savoir qu’on ne déguerpit pas les gens au dépourvu. Les mêmes textes disent que pour déguerpir quelqu’un, il faut lui trouver un site de recasement et puis dédommager la personne. Il n’a jamais été question des deux points là : « Un site de recasement et de dédommagement »

Joint par téléphone, par le confrère de Notre Voie pour équilibrer l’information, Valentin Koua chargé de communication du ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier n’a pas encore rendu public la part de vérité de son patron.

En revanche, le directeur général de Proxim Finance Construction, Yed Benson, le promoteur du Programme immobilier revient à la charge et révèle des zones d’ombre accablantes. Il reconnaît qu’en 2016, il a été interpellé par le ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier, concernant le décret n°2014-29 du 22 janvier 2014 portant déclaration d’utilité publique des abords de l’autoroute Abidjan Grand-Bassam. Qui, en son article premier stipule ce qui suit:-‘’Sont déclarés d’utilité publique, les abords de l’autoroute Abidjan-Grand-Bassam sur une largeur de 100 mètres, entre l’agglomération d’Abidjan et celle de Grand-Bassam’’.

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C’est donc, sans porter de gant que le ministre ivoirien de l’Entretien routier a fait jeter à la rue 38 familles, soit environ 300 habitants, sans tenir compte de l’article 2, qu’il a rejeté du revers de la main. Nous vous livrons ici, son intégralité : Art. 2.‘’À l’intérieur de chaque zone délimitée :

  • Toutes transactions, toutes constructions nouvelles, même précaires, tous travaux de nature à modifier l’état du sol sont interdits ;
  • Les terrains détenus en pleine propriétés, donnés à bail ou concédés, feront l’objet de retour au domaine privé de l’État et les ayants droit seront indemnisés conformément à la réglementation en vigueur ;   
  • Les bénéficiaires d’actes administratifs réguliers, les détenteurs d’actes coutumiers, les locataires ou leurs ayants droit dûment mandatés et recensés, percevront, conformément à la réglementation en vigueur, une indemnisation au moment de l’exécution du projet sur les périmètres déclarés d’utilité publique’’.

Mieux, le président Alassane Ouattara invite les différents ministres de la Construction du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme, des Infrastructures économiques, auprès du Premier ministre, chargé de l’Économie et des Finances, et auprès du Premier ministre, chargé du Budget d’assurer, chacun en ce qui les concerne, de l’exécution du décret signé le 22 janvier 2014, publié au Journal Officiel.

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Face à cette situation dans laquelle Yed Benson affirme que son Programme immobilier n’est pas concerné et que si c’était le cas, les bénéficiaires doivent être dédommagés, il dit avoir introduit deux requêtes. Au nom des habitants et de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci), les deux requêtes introduites, selon lui auprès du Conseil d’État sont restées sans suite. Le promoteur immobilier précise que lui et les victimes n’envisagent pas un bras de fer avec l’État, mais l’application du décret.

Le ministre a-t-il mis la charrue avant les bœufs ? L’émergence dont parle Alassane Ouattara passe par l’information d’intérêt public. Donc son éclairage est très attendu sur ce dossier.

S.Koné

 

 

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