(Côte d’Ivoire Lutte contre le Covid-19) Exposés à la contamination, la plate-forme des syndicats de la santé et syndicats associés interpelle pour la seconde fois le Gouvernement.

(Côte d’Ivoire Lutte contre le Covid-19) Exposés à la contamination, la plate-forme des syndicats de la santé et syndicats associés interpelle pour la seconde fois le Gouvernement.

-Dr Didier Séka Joseph : « Au regard des faits évoqués et des interpellations adressées au ministère et au gouvernement, la Plateforme se réserve le droit si rien n’est fait de recourir aux actions nécessaires »

Dans une déclaration hier mercredi 8 avril 2020, la plateforme des syndicats de la santé et syndicats associés, a pour la seconde fois interpellé les autorités ivoiriennes quant aux risques auxquels, le corps soignant de santé, démuni de moyens sanitaires est exposé …non sans déplorer la mise en quarantaine de certains de leurs collègues.
« Pour rappel, le dimanche 29 mars 2020 nous avions fait une déclaration de presse ; laquelle déclaration constituait un cri du cœur de l’ensemble des agents de santé au front contre le covid-19. Au cours de ce point de presse, nous avions relevé entre autres, le manque criant de matériels de travail, d’équipements de protection individuel (EPI) et une absence notoire de motivation(…)Nous avions aussi décrié les arriérés de salaires allant de un (01) à six (06) mois, dont sont victimes nos collaborateurs agents contractuels de la santé », souligne d’entrée, le porte-parole de la plate-forme, Dr Didier Séka Joseph. Qui précise, d’ailleurs que bien qu’ayant été reçus, le 31 par certains collaborateurs du ministre (2 conseillers techniques et 1 inspecteur) qui les ont rassurés quant à l’acheminement des matériels de travail et des EPI vers les structures sanitaires, une visite de terrain, leur a permis de constater qu’en dépit de toutes ces assurances données, leurs recommandations n’ont pas été prises en compte dans le cadre de la lutte contre le covid-19. « En réalité, seules quelques rares structures, en dehors de la zone d’Abidjan ont été approvisionnées (gants bavettes et quelques flacons de gels sans EPI.), mais en quantité très insuffisante, tandis que dans la ville d’Abidjan, épicentre de la pandémie, aucune structure n’a encore reçu de matériels depuis le 20 mars 2020 », renchérit-il. Pis. Ne voulant pas se faire hara-kiri, les agents de santé, sont obligés de sortir de l’argent de leurs poches pour acheter des bavettes et des gants pour se protéger. Par ailleurs, la plate-forme, souligne que l’autre préoccupation qui est l’épineuse question de primes pour l’ensemble des agents de santé, n’a pas connu une suite favorable. Bien au contraire. « Au niveau des contractuels, la situation n’est guère reluisante, ils demeurent toujours sous le joug des arriérés qui s’accumulent au fil des mois. Pire, certains contractuels sont maintenant à leur septième mois sans salaire. Pendant ce temps, nous assistons malheureusement à une croissance vertigineuse des cas confirmés covi19 dans notre pays.
« Cette propagation n’épargne pas les agents de santé qui sont sans matériels de travail, ni équipements de protection individuelle (EPI) », déplore, le porte-parole, Dr Didier Séka Joseph. Toujours, selon ladite plate-forme, le non-respect des promesses, a eu des conséquences fâcheuses sur les agents de santé. Au CHU de Cocody, plus de six (06) médecins ont été mis en quarantaine après avoir été exposé à des cas confirmés sans équipement de protection individuelle. Au CHU d’Angré un médecin est en quarantaine après exposition, tandis que des sages-femmes ayant été en contact avec la même patiente ont été laissées pour compte, sans aucune prise en charge (quarantaine) (…) A l’hôpital général de Koumassi, nous avons constaté la non mise en quarantaine de plusieurs équipes du service de pédiatrie ayant été en contact avec un enfant testé positif au covid-19 après plusieurs jours de prise en charge », déplore la plate-forme. Face cette situation qui inquiète de plus en plus, les agents de santé, Didier Séka Joseph et ses camarades « interpellent le MSHP sur sa responsabilité d’une contamination à grande échelle du personnel de santé, le gouvernement sur sa responsabilité de la contamination accrue de la population ».
Soucieux, de la santé des populations ivoiriennes en général et de celle des agents de santé en particulier, la plateforme des syndicats de la santé et syndicats associés préconise : La mise à disposition dans les brefs délais de la logistique de travail, dans les établissements hospitaliers sans distinction, la définition d’un cadre formel d’allocation de prime et d’indemnité à l’ensemble du personnel du ministère de la santé et de l’hygiène publique sans distinction.
« Au regard des faits évoqués et des interpellations adressées au ministère et au gouvernement, la Plateforme se réserve le droit si rien n’est fait de recourir aux actions nécessaires », a conclu Dr Séka Didier Joseph.
EKB
Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration

DECLARATION

Camarades agents de santé, nous venons par cette déclaration vous faire le point de la situation.

Pour rappel, le dimanche 29 mars 2020 nous avions fait une déclaration de presse ; laquelle déclaration constituait un cri de cœur de l’ensemble des agents de santé au front contre le covid-19.
Au cours de ce point de presse nous avions relevé entre autres le manque criard de matériels de travail, d’équipements de protection individuel (EPI) et une absence notoire de motivation.
Nous avions aussi décrié les arriérés de salaires allant de un (01) à six (06) mois, dont sont victimes nos collaborateurs agents contractuels de la santé.

Comme suite à cette déclaration, le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique (MSHP) a bien voulu nous recevoir le mardi 31 mars 2020 par l’entremise de deux (02) conseillers techniques et d’un (01) inspecteurs.
Les émissaires du MSHP nous ont rassuré que les matériels de travail et les EPI étaient en cours d’acheminement vers les structures sanitaires.
Ils nous ont aussi rassurés du paiement des arriérés en témoignent selon eux les deux (02) mois sur six (06) qui seraient déjà payés au CHU de Bouaké, avant de renchérir pour dire que le cas des arriérés des autres structures seront engagés avant la fin de la semaine.
Une semaine après cette rencontre, La Plateforme des syndicats de la Santé et syndicats associés ont entrepris une visite terrain et de recueil d’informations, le mardi 07 avril 2020.

Au cours de cette visite, il ressort qu’en dépit de toutes ces assurances données, nos recommandations n’ont pas été prises en compte dans le cadre de la lutte contre le covid-19.
En réalité, seules quelques rares structures en dehors de la zone d’Abidjan ont été approvisionné (gants bavettes et quelques flacons de gels sans EPI.), mais en quantité très insuffisantes, tandis que dans la ville d’Abidjan, épicentre de la pandémie, aucune structure n’a encore reçu de matériels depuis le 20 mars 2020.
Devant cette réalité force, est de noter que ce sont les agents de santé, eux-mêmes qui achètent de leurs poches des bavettes et des gants pour se protéger…

Au-delà du constat terrain, une autre réalité a trait à l’inexistence de primes pour l’ensemble des agents de santé.
Au niveau des contractuels la situation n’est guère reluisante, ils demeurent toujours sous le joug des arriérés qui s’accumulent au fil des mois. Pire, certains contractuels sont maintenant à leur septième mois sans salaire.
Pendant ce temps, nous assistons malheureusement à une croissance vertigineuse des cas confirmés covi19 dans notre pays.
Cette propagation n’épargne pas les agents de santé qui sont sans matériels de travail, ni équipements de protection individuelle (EPI).
Ainsi :
• Au CHU de Cocody, plus de six (06) médecins ont été mis en quarantaine après avoir été exposé à des cas confirmés sans équipement de protection individuelle.
Au CHU Treichville un agent contractuel, exerçant en qualité de brancardier dans le même CHU Treichville

• Au CHU d’Angré un médecin est en quarantaine après exposition, tandis que des sages-femmes ayant été en contact avec la même patiente ont été laissé pour compte sans aucune prise en charge (quarantaine).

• A l’hôpital général de Koumassi, nous avons constaté la non mise en quarantaine de plusieurs équipes du service de pédiatrie ayant été en contact avec un enfant testé positif au covid-19 après plusieurs jours de prise en charge.

Ces situations viennent approfondir notre inquiétude exprimée dans notre cri de cœur dans la guerre contre le covid-19.
Face à ces situations sans solution depuis plusieurs semaines, l’agent de santé est en voie de devenir un puissant vecteur de transmission de la maladie covid-19.

Pour remédier à cette situation, nous , plateforme des syndicats de la santé et syndicats associés interpellons le MSHP sur sa responsabilité d’une contamination à grande échelle du personnel de santé.

Interpellons le gouvernement sur sa responsabilité de la contamination accrue de la population.
Nous préconisons
 -La mise à disposition dans les brefs délais de la logistique de travail, dans les établissements hospitaliers sans distinction.
 -La définition d’un cadre formel d’allocation de prime et d’indemnité à l’ensemble du personnel du ministère de la santé et de l’hygiène publique sans distinction.
 -Félicitons les ministères qui ont déjà institué des primes de motivations au profit de leurs agents dans cette période

Au regard des faits évoqués et des interpellations adressées au ministère et au gouvernement la Plateforme se réserve le droit si rien n’est fait de recourir aux actions nécessaires

Fait à Abidjan, le 08 mars 2020

Pour la plateforme des syndicats de la santé et syndicats associés
Le coordonnateur général

Dr Didier SEKA Joseph
(08 55 39 32)

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