[Côte d’Ivoire/Présidentielle 2020] Daoukro au centre de l’extrême violence

[Côte d’Ivoire/Présidentielle 2020] Daoukro au centre de l’extrême violence

Daoukro, 12-08-2020 (https://crocinfos.net/) Au moment où plusieurs partis politiques et associations prononçaient une conférence de presse au siège du vieux parti politique ivoirien, le Pdci, à Cocody, la ville natale du président de ce parti Henri Konan Bédié enregistrait officiellement un mort, plusieurs blessés des véhicules calcinés, des sièges de parti mis sens dessus dessous par les manifestants.

Daoukro, la capitale de la région de l’Iffou est, depuis lundi 10 août 2020, secouée par de violentes et bruyantes manifestations contre la décision du chef de l’Etat de se représenter à sa propre succession à la magistrature suprême.

Le bilan partiel de ces manifestations au soir du mercredi 12 août, selon Mme le Préfet de région, fait état de 03 morts, 78 blessés, une quinzaine de domiciles incendiés et des dizaines de magasins pillés et incendiés. D’importants dégâts matériels sont également à signaler. Des sièges de parti politique, des magasins, etc, ont été vandalisés par les manifestants, qui jugent la candidature de Ouattara illégale au regard de la Constitution ivoirienne.

La ville de N’Zueba présente donc un véritable visage de guerre et devient malheureusement le centre de l’extrême violence en Côte d’Ivoire, à 80 jours de la présidentielle d’octobre 2020.  Pourtant elle s’était, jusque-là, auto-confinée contre les soulèvements et les actes de violences pendant les précédentes élections.

Quoiqu’on puisse dire, ces soulèvements ne présage rien de bon pour la paix et la stabilité de la Côte d’Ivoire, qui s’apprête à tourner une page importante de son histoire à travers ce scrutin présidentiel. En réalité, ils annoncent des jours sombres pour le pays, surtout que des organisations de la société civile ainsi que des jeunes leaders de l’opposition ont appelés les Ivoiriens à descendre dans la rue à travers toutes les villes du pays, jeudi 13 août 2020, en vue de contrarier Alassane Ouattara à renoncer à sa candidature.

Depuis la mort du président Houphouët en 1993, Daoukro, qui, depuis ces dernières heures a inscrit son nom du mauvais côté de l’histoire, est devenue la capitale du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci). Un parti cité en exemple quand il s’agit de paix et de non-violence.

Voici qu’en quelques jours, cette paisible ville change de visage, certainement à cause des premiers responsables du premier parti politique ivoirien, dont Henri Konan Bédié qui observe un véritable silence radio depuis le début de ces évènements. Lesquels évènements tentent à troubler l’ordre public et la stabilité de la patrie.

Or, au moment où le président du Pdci était au pouvoir, il s’opposait farouchement contre ces manifestations. « Quiconque s’amuse à troubler la Côte d’Ivoire sera châtié », dixit Henri Konan Bédié lors d’une sortie sur la chaîne française TV5. Il ne faudrait donc pas qu’il soit surpris et crie au scandale si ses propres “parents’’ sont “châtiés’’ par le pouvoir en place à cause de ces agissements, car troublant la Côte d’Ivoire.

Georges Kouamé

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