Décès d’AGC : «Nous les poromen, nous sortirons le grand jeu à l’occasion des funérailles traditionnelles qui seront organisés ultérieurement», avertit un initié du bois sacré

Décès d’AGC : «Nous les poromen, nous sortirons le grand jeu à l’occasion des funérailles traditionnelles qui seront organisés ultérieurement», avertit un initié du bois sacré

À Barthelemy Zouzoua Inabo: Ton parrain était un vrai et un pur Poroman. Il a été initié au poro dans le plus grand bois sacré de Korhogo ( sizangbôhô) au quartier Koko ( où l’histoire de korhogo a commencé) et au secret de cette société initiatique. Alors qu’il était déjà jeune cadre, alors qu’il avait la possibilité de faire une initiation de court séjour, son père Gbonblé l’a soumis au rituel long et complet qui dure sept ans. Il n’a jamais rechigné à la tâche et il a achevé son initiation avec succès en 1992.

‘’Les habitants de Korhogo racontent qu’ils le voyaient régulièrement en cache-sexe, pieds et torse nus, dans les rues de la ville lors des funérailles traditionnelles. Les funérailles, en pays Senoufo, c’est toute une histoire’’.

Pendant 7 ans, il s’est soumis à toutes les phases initiatiques. Les habitants de Korhogo racontent qu’ils le voyaient régulièrement en cache-sexe, pieds et torse nus, dans les rues de la ville lors des funérailles traditionnelles. Les funérailles, en pays Senoufo, c’est toute une histoire. « À Korhogo, il n’y avait ni ministre, ni Secrétaire Général de la Présidence ou Premier ministre», selon mon informateur. Ces titres étaient juste bons pour Abidjan. Ton parrain se soumettait au jeu ou parcours des initiés de sa génération.

Certains vont à Assinie ou ailleurs à la recherche des sensations ou du repos. Pour l’héritier du Kapatchan, Korhogo, sa ville natale, était sa base de ressourcement. Un de ses parents raconte: « C’est là qu’il rechargeait véritablement ses accus entre cérémonies traditionnelles, danses folkloriques et visite aux anciens et à sa famille
À propos de Kapatchan. Son père n’était pas le créateur du groupe Soromouguidjo appelé encore kapatcha. Il a largement contribué à son rayonnement. Cette action de son géniteur, il l’a poursuivie.

‘’Musulman pratiquant, ton parrain sera inhumé selon le rituel islamique ce vendredi 17 juillet 2020 à Korhogo. Mais la tradition finira par le rattraper.’’

Les familiers de la cour de ton parrain révèlent une de ses faces cachées: Il dansait bien le cubain. Mais l’homme préférait le balafon et le boloye (danse de la panthère) à tout. Régulièrement, il renouvelait les balafons et/ou autres matériels des nombreux groupes traditionnels.

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Il dansait bien le cubain. Mais l’homme préférait le balafon et le boloye (danse de la panthère) à tout

« Après feu Balla Keita, il est l’autre cadre de Korhogo qui a entouré les bois sacrés pour les sauvegarder », soutient une source introduite. il a rénové le kafoudal (espace public où les poromen officient ) au quartier Soba. Balla Keita, ancien ministre de l’Education nationale en Côte d’Ivoire reste dans les souvenirs avec la fameuse expression « un pied dedans, un pied dehors, Dehors. »!

Musulman pratiquant, ton parrain sera inhumé selon le rituel islamique ce vendredi 17 juillet 2020 à Korhogo. Mais la tradition finira par le rattraper. « Nous les poromen, nous sortirons le grand jeu à l’occasion des funérailles traditionnelles qui seront organisés ultérieurement», avertit un initié du bois sacré.

Tiens, Le Lion avait dit exactement la même chose à propos des obsèques du père du ministre Bruno Koné. « Nous allons secouer Kouto », avait-il dit. Il tenait à soutenir son collaborateur et surtout honorer sa filleule, la nièce de la République, épouse du twitto solitaire.
« Il a aimé et vécu pour sa culture et sa tradition. Il a été vraiment le fils du père. Au-delà des liens fraternels, ma passion pour notre culture et mon encrage dans la tradition nous ont beaucoup rapprochés et ont solidifié nos relations. Il aimait bien que je sois à ses côtés lors des rencontres traditionnelles», raconte le journaliste Brahima Coulibaly, appelé dans le milieu de la presse ivoirienne, « le bossoniste » ou le « féticheur » pour son rapport très étroit aux bois sacrés.

Ton parrain avait une idée claire pour ses funérailles traditionnelles. Il a laissé ou presque, le mode opératoire. « Il m’en parlait régulièrement au cas où il me devancerait dans le monde des immortels. », me souffle Coulibaly Brahima. Malheureusement…

Pour le Senoufo, il y a une vie après la mort. Mourir, c’est renaître!

Encadré 1/ Sécurité: Les Grandes oreilles ivoiriennes grandes ouvertes

L’information circule dans les cercles fermés. Des rumeurs persistantes font état d’une menace sur le pays. Les services de défense et de sécurité n’en savent pas encore davantage. Mais par précaution et pour parer à toute éventualité, ils ont pris les mesures conservatoires: mise en alerte maximale des forces. Aussi bien celles de l’armée que celles de la police. Il est ainsi demandé aux FDS de redoubler de vigilance aux postes de sécurité, renforcer la sécurité partout.

‘’Le travail de ratissage a produit des résultats probants. Plusieurs suspects ont été interpellés. Leurs téléphones ont parlé. Et pour certains, leurs ventres ne sont pas des valises’’.

Pas de panique cependant. Selon mes informations, les forces de sécurité prennent les dispositions par anticipation face aux rumeurs qui circulent. « En attendant que nos services de renseignement en sachent plus», selon une Grande Oreille. Chat échaudé craint l’eau froide.
La Côte d’Ivoire a encore en mémoire les tristes événements de Kafolo, au Nord du pays. 14 soldats et gendarmes lâchement assassinés. Le travail de ratissage a produit des résultats probants. Plusieurs suspects ont été interpellés. Leurs téléphones ont parlé. Et pour certains, leurs ventres ne sont pas des valises.

Encadré 2/Mali: La mauvaise tournure

Journée cauchemar dans la capitale malienne ce vendredi 10 juillet. Incendie de certains sites institutionnels, pillages des domiciles et magasins, occupation par les manifestants du site de la télévision nationale et donc rupture du signal.

Dans une déclaration, tard dans la nuit, le chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keita a regretté les violences constatées qui ont occasionné mort d’hommes, de nombreux blessés et des dégâts matériels importants. Il a indiqué que c’est par respect de l’Etat de droit que les manifestations de ses opposants ont été autorisées alors les services compétents avaient des informations sur les intentions de ceux-ci. Et donc, c’est par respect de l’Etat de droit que les dispositions et enquêtes en cours permettront de régler la question, tout en appelant les maliens au calme.

Le Mali est dans le tourbillon depuis la dernière présidentielle dont le résultat est contesté par l’opposition. Le principal opposant, finaliste malheureux de la présidentielle 2018 est toujours détenu en otage dans le Nord du pays par ses ravisseurs, sourds aux appels de la CEDEAO et de la communauté internationale.

Les dernières élections législatives, organisées en pleine crise sanitaire, ont mis le feu aux poudres. La tension est permanente. Le président Ibrahim Boubacar Keita tente par des rencontres et échanges avec les leaders de la contestation, de désamorcer la bombe sociale et politique. Sans succès pour l’instant. Dialogue de sourds. La rue bouillonne, brûle, casse et pille.

Par Fernand Dédeh

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