La Côte d’Ivoire, décomplexée (point de vue)

La Côte d’Ivoire, décomplexée (point de vue)

Enfin, la Côte d’Ivoire est décomplexée quant à l’enseignement des langues étrangères.

Abidjan, Côte d’Ivoire, le 16-5-2024 (crocinfos.net)—Les pays africains colonisés dans leurs complexes ont, pour la plupart sous-estimé, banalisé, boycotté, décrédibilisé, relégué au rang de patois les langues du terroir dites « langues maternelles ». Bien qu’auparavant, nos mères ne parlaient pas la langue française. Cette langue n’est donc maternelle en rien pour nous africains.

Pour des raisons d’équilibre socio-politique, souvent de complexes et de manque de courage les langues africaines « maternelles » ne sont pas enseignées dans les écoles « jardins d’enfants », primaires, collèges, lycées et universités. Bien que certains enseignants chercheurs ivoiriens aient codifié, normalisé alphabétisé certaines langues africaines, les législateurs et les pouvoirs exécutifs n’ont pas eu le courage de franchir le pas. Il y a bien sûr des exceptions dans des pays africains où les langues majoritaires ont été décrétées « langues nationales » enseignées dans les écoles jusqu’à un certain niveau. Les pays de l’Afrique de l’Est, du Centre, du Sud, et quelques pays africains anglophones n’ont pas ce complexe culturel. Même dans ces cas, ces pays ont conservé les langues du colonisateur (anglais, français, arabe…) comme langues officielles de travail.

La Côte d’Ivoire est le prototype de pays africains dont la Culture est, avec la complaisance et la complicité des gouvernants successifs phagocytée dans bien des domaines. Les écoles ivoiriennes dans les programmes officiels n’enseignent pas les langues ivoiriennes. Il faut féliciter l’Eglise chrétienne qui pour mieux pénétrer les couches sociales et conquérir les cœurs des fidèles enseigne des langues ivoiriennes (senoufo, baoulé, dioula, ébrié …) dans lesquelles les prêtres ont traduit la Bible.

’Le complexe qui est une tare vient d’être vaincu par le ministère de l’enseignement supérieur avec la sortie de la première promotion d’étudiants en langue arabe de l’université de Bondoukou. Désormais en Côte d’Ivoire, tous les étudiants musulmans ou non sont libres de s’inscrire en langue étrangère arabe, comme le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le russe, le portugais, l’italien…’’

La pression coloniale française était si forte que même les langues étrangères utiles, indispensables sur le plan international comme l’arabe, le russe, le chinois n’étaient pas enseignées dans les écoles ivoiriennes. L’arabe pratiqué par la population ivoirienne de confession musulmane était marginalement enseigné dans des écoles de fortune placées sous le contrôle du ministère de l’intérieur. Et pourtant l’arabe est une langue internationale un outil de travail, de transactions. Alors que les écoles de l’enseignement hérité du colon étaient gérées par le ministère de l’Education nationale.

Le complexe à commencer à disparaître quand toutes les écoles dites « Mederssa », « Franco-Arabes » ont été mises sous la gestion du ministère de l’Education nationale au même titre que toutes les écoles de Côte d’Ivoire.

Le complexe qui est une tare vient d’être vaincu par le ministère de l’enseignement supérieur avec la sortie de la première promotion d’étudiants en langue arabe de l’université de Bondoukou. Désormais en Côte d’Ivoire, tous les étudiants musulmans ou non sont libres de s’inscrire en langue étrangère arabe, comme le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le russe, le portugais, l’italien…

‘’(…)Ne nous voilons pas la face l’arabe est aussi une langue de colonisation, de domination ; il vous faut à tout prix introduire dans les programmes scolaires officiels nos langues majoritairement usitées en côte d’Ivoire.’’

Les étudiants ivoiriens, très bientôt n’auront plus besoin d’émigrer en Arabie Saoudite, au Soudan, en Égypte, au Maroc, en Tunisie, en Algérie où ils mènent une vie de misère et subissent des tracasseries xénophobes pour étudier en arabe.  C’est aussi une économie non négligeable pour la Côte d’Ivoire.

Cependant madame la ministre de l’Éducation nationale, monsieur le ministre de l’Enseignement supérieur, ne nous voilons pas la face l’arabe est aussi une langue de colonisation, de domination ; il vous faut à tout prix introduire dans les programmes scolaires officiels nos langues majoritairement usitées en côte d’Ivoire.

Les faits sont sacrés les commentaires sont libres.

Dr Issa Sangaré Yeresso, Prix international de journalisme Université Aix Marseille 2.Chevalier de l’ordre de la Culture.

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