Silence lourd, maquis et restaurants fermés (Par Fernand Dédeh)

Silence lourd, maquis et restaurants fermés (Par Fernand Dédeh)

À Barthelemy Zouzoua Inabo: J’ai fait une incursion dans la ville ce vendredi 27 mars 2020. Ambiance morose. Circulation fluide. Hôtel Ivoire vide, calme. Silence lourd. Maquis et restaurants fermés.

Au Plateau, à la Rue des banques, longue file devant la BHCI, hommes et femmes serrés, les uns contre les autres, sans protection et sans précautions. Certains avaient juste des cache-nez. Juste à côté, à la BNI, respect des clients et des règles: bâches et chaises installées. Les chaises bien séparées et distantes d’un mètre… Au DAB de la SGBCI, du monde, les clients à un mètre les uns des autres dans le rang.

Gros embouteillage sur le Pont Houphouët-Boigny. La police SOTRA était particulièrement heureuse… Contraventions à tous ceux qui s’aventuraient dans le couloir réservé aux bus.

Direction, Adjamé-Bramakoté. Ici, rien n’a changé! Rues envahies comme d’habitude, aucune règle d’hygiène respectée, promiscuité…

J’ai vu des jeunes jouant au jeu de Dames et prenant leur thé habituel en se passant le même verre. Les enfants, nombreux et insouciants jouaient et couraient dans les rues exiguës et dégradées! Tiens, y-a-t-il un maire là-bas?

À Playce Marcory, oh, désolations! Seul le supermarché fonctionne. Bonne note, personne n’y entre sans désinfection de ses mains. Les charriots sont régulièrement désinfectés.

Un ami avait un problème au 9e arrondissement de Marcory. J’y ai fait un tour. Les policiers dans la main courante ont placé la bouteille de gel, bien visible sur la table. La dame portait un masque… Certains Ivoiriens bluffent encore dans cette affaire de cache-nez… Ils le placent au menton…
Le chauffeur de taxi qui me ramène au bunker avait sa protection bien vissée à la bouche et au nez. Mais son bavardage là, je n’étais pas dedans…

Je vais suivre le couvre-feu cette nuit. Je vais accompagner les forces de sécurité dans leurs difficiles missions de sécurisation. Tu me demandes pourquoi? Aïe, pour te dire ce qui se passe sur le terrain. Ancien boulot quoi…

J’ai demandé à certains chefs d’entreprise, comment ils affrontaient le péril Coronavirus. Je te propose la réaction d’une patronne, certainement déboussolée, qui prend le pli mais reste combattive et optimiste. Elle est directrice d’une agence de voyage…

« Mon secteur est totalement sinistré depuis début mars. Nous avons fermé, tout mon staff est en confinement.

Si on peut y voir un aspect positif c’est que les survivants à cette crise du Coronavirus auront un esprit quelque peu aseptisé.
Humilité, fraternité, altruisme….

Des valeurs universelles reprendront leur place sur terre.
Le Coronavirus est une opportunité pour remettre le monde à l’endroit.
Pour l’heure, il faut faire front commun pour éviter autant que possible le schéma français encore moins italien en Côte d’Ivoire.

Les secondes sont aux actions de dépistage et moyens à donner pour limiter la propagation: CONFINEMENT actif dans la solidarité avec les plus démunis qui ne peuvent se nourrir encore moins se laver.
Pour ma part modestement je m’appuie sur les leaders religieux dans les quartiers difficiles qui pour moi sont des canaux de sensibilisation en leur donnant des kits sanitaires et alimentaires.

Idem au village, kits sanitaires, du savon, des seaux, aliments de base….
Au niveau du CESEC c’est une autre démarche. « Solidarité sans bruit pour un confinement collectif et optimal ».

Ton camarade dit que, Assinie est dans Grand Abidjan. On a compris. C’est parce que vous êtes là-bas et vous n’avez pas envie d’être bloqués à partir de dimanche à minuit au bord de l’eau. On a compris. Dis-lui de mettre Madia, oui, oui Madia seul dans Grand Abidjan aussi tchê… « C’est vous qui est là oh »…

 

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