[Massacre de Duékoué] Amadé Ouérémi risque la prison à vie

[Massacre de Duékoué] Amadé Ouérémi risque la prison à vie

Amadé Ouérémi comparait depuis mercredi 24 mars devant la Cour d'assises d'Abidjan qui ont fait plus de 800 morts en 2011, à Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire et 3000 morts partout dans le pays, selon le Comité international de la Croix-Rouge et plusieurs autres organisations humanitaires.

-Les chefs de guerre jouissent de l’ordonnance d’amnistie de 2018

Abidjan, le 26-03-2021 (crocinfos.net) Amadé Ouérémi comparait depuis mercredi 24 mars devant la Cour d’assises d’Abidjan qui ont fait plus de 800 morts en 2011, à Duékoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire et 3000 morts partout dans le pays, selon le Comité international de la Croix-Rouge et plusieurs autres organisations humanitaires.

Celui à qui la presse attribuait tous les noms, seigneur de guerre, chef de guerre, le roi du Mont Péko etc., Amadé Ouérémi est poursuivi en Côte d’Ivoire pour avoir participé au massacre des populations de Duékoué.

Dix ans après la fin de la crise postélectorale de 2010-2011, qui a fait officiellement 3000 morts dont 800 à Duekoué, la justice ivoirienne ouvre l’un des dossiers les plus sensibles dans la crise qu’a connue la Côte d’Ivoire.

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Le pire massacre des populations de Duékoué s’est fait en deux jours (les 29 et 30 mars 2011) dans cette partie de la Côte d’Ivoire, favorable à l’ex-président de la République, Laurent Gbagbo.

Amadé Ourémi est poursuivi notamment pour assassinats, viols, participation à un soulèvement insurrectionnel, traitements inhumains et dégradants.

Maître Traoré Drissa, président d’honneur du Mouvement ivoirien des droits humains, estime que l’un des enjeux de ce procès est que cette fois, l’accusé est assez proche du pouvoir. « Cette affaire est la première de la crise postélectorale qui ne concerne pas les proches de Laurent Gbagbo. C’est une affaire qui va permettre de juger l’autre partie, même si Amadé ne peut être considéré de façon absolue comme un partisan de monsieur Ouattara car il est considéré comme un supplétif », indique Maître Traoré Drissa.

Toutefois, les défenseurs des droits de l’homme rappellent que certains accusés, dont des chefs militaires, pourraient ne jamais être jugés en raison d’une ordonnance d’amnistie signée en 2018. « Nous avons toujours estimé que la réconciliation devrait se faire par la justice. Or aujourd’hui, il n’y a que Amadé Ouérémi devant la justice. On n’aura personne d’autres devant la justice en raison d’une ordonnance d’amnistie pour d’autres accusés. Ce sera une symphonie inachevée car on n’aura pas des personnes qui avaient déjà été inculpées par la justice. Pour nous, c’est dommage. Nous restons sur notre faim à cause de l’amnistie », explique Maître Drissa Traoré.

Le procès ne fait que débuter et Amadé Ouérémi risque la prison à vie pour les crimes dont il est accusé et qu’il nie. « Je n’avais pas d’hommes sous mes ordres. Je n’ai pas tué de Guéré », s’est-il défendu au premier et au deuxième jour de son procès.

Amadé Ouérémi paiera en lieu et place de la plupart des chefs de guerre dont il cite les noms à chacune de ses interventions. Ces derniers ne seront jamais jugés en raison d’une ordonnance d’amnistie signée en 2018.

Serges Mignon

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