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[Justice ivoirienne] Abdoulaye Traoré dit Ben Badi reconnu coupable, une affaire qui a secoué le sport national

[Justice ivoirienne] Abdoulaye Traoré dit Ben Badi reconnu coupable, une affaire qui a secoué le sport national

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La justice ivoirienne a condamné, mercredi 22 avril 2026, l’ex-footballeur Abdoulaye Traoré dit Ben Badi à 36 mois de prison ferme pour viol, mettant fin à une affaire judiciaire entamée en 2021.

Abidjan, le 21 avril 2026 (crocinfos.net) – Condamné à 36 mois de prison ferme pour viol, l’ex-footballeur ivoirien Ben Badi voit s’achever une affaire judiciaire débutée en 2021, marquée par polémiques, démentis et mobilisation d’organisations de défense des femmes.

Le verdict est désormais connu. Ce mercredi 22 avril 2026, l’ancien international ivoirien Abdoulaye Traoré, plus connu sous le nom de Ben Badi, a été reconnu coupable de viol par la justice, au terme d’une procédure judiciaire entamée il y a cinq ans.

Selon la décision rendue par le tribunal, l’ex-gloire du football ivoirien écope de 36 mois d’emprisonnement ferme. À cette peine s’ajoute une amende de 15 millions de FCFA, à verser à la victime au titre de dommages et intérêts. Le jugement prévoit également des sanctions civiles, notamment une privation de ses droits pour une durée de dix ans, ainsi qu’une interdiction de séjour à Bouaké pendant cinq ans.

Cette condamnation met un terme à un long feuilleton judiciaire qui a profondément marqué l’opinion publique et le monde du sport en Côte d’Ivoire.

L’affaire remonte à mars 2021, lorsqu’une activiste connue sous le pseudonyme de Maalika l’impacteuse avait révélé que l’ancien champion d’Afrique 1992 avec les Éléphants avait été placé en détention à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) pour des faits de viol aggravé sur une jeune femme de 19 ans.

Selon les premières accusations relayées à l’époque, la victime aurait entretenu une première relation consentante avec l’ex-footballeur avant de subir, par la suite, des rapports forcés. Des faits qui auraient été accompagnés de violences physiques, selon les déclarations de l’activiste.

Cependant, quelques semaines plus tard, des informations contradictoires avaient circulé, évoquant un « délit non constitué » après que la plaignante aurait reconnu un consentement. Une version rapidement contestée par la Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes.

Dans une mise au point, l’organisation avait fermement démenti ces allégations, précisant que la procédure judiciaire était toujours en cours et que la victime n’avait jamais affirmé un consentement total aux faits dénoncés. La Ligue avait également dénoncé la diffusion de fausses informations, appelant au respect de l’éthique journalistique et à la protection de la survivante.

Tout au long de la procédure, cette affaire a mis en lumière les défis liés au traitement des violences basées sur le genre, notamment en matière de perception publique, de traitement médiatique et d’accompagnement des victimes.

Avec ce jugement, la justice ivoirienne tranche définitivement un dossier sensible, impliquant une figure emblématique du football national. Une décision qui relance également le débat sur la responsabilité des personnalités publiques et la lutte contre les violences faites aux femmes.

Médard KOFFI