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Le groupe de travail Wikipédia Baoulé participe à Accra, au Ghana, à la première Conférence sur la diversité linguistique, où les communautés linguistiques échangent sur la préservation et la présence numérique des langues africaines sous-représentées.
Accra, le 3 octobre 2026 (crocinfos.net) – La première Conférence sur la diversité linguistique se déroule du 2 au 4 octobre à Accra, au Ghana, autour du thème « Renforcer les communautés linguistiques dans le mouvement du savoir ouvert ». L’événement réunit plus de 100 militants linguistiques, contributeurs de Wikimedia, chercheurs et acteurs engagés dans la promotion des langues et du patrimoine culturel.
Organisée par le Wikimedia Language Diversity Hub, Wikitongues et Wikimedia UK, en collaboration avec le Dagbani Wikimedians User Group, la rencontre vise notamment à renforcer la présence des langues minoritaires et autochtones sur les projets Wikimedia, à développer les contenus multilingues et à préserver le patrimoine linguistique dans l’espace numérique.
La conférence aborde également les défis techniques et d’accessibilité liés à la création de contenus multilingues, les enjeux éthiques de la numérisation des traditions orales et des connaissances communautaires, ainsi que l’utilisation de technologies telles que l’intelligence artificielle, la transcription vocale et les outils de localisation pour soutenir la revitalisation des langues.
Le Wikipédia Baoulé représenté à Accra
Parmi les communautés présentes figure le groupe de travail Wikipédia Baoulé, porté par Wikimedia Côte d’Ivoire. Sa participation prend une dimension particulière dans le contexte ghanéen, au regard des liens historiques entre les populations akan de la région et l’histoire migratoire des Baoulé.
Le 3 octobre, le coordinateur du groupe de travail Wikipédia Baoulé a notamment modéré une table ronde consacrée aux expériences de plusieurs communautés engagées dans la revitalisation linguistique. La rencontre a réuni des représentants des communautés Fon du Bénin, Dagbani du Ghana et Igbo du Nigeria.
Les échanges ont porté sur les parcours de ces communautés, les obstacles rencontrés dans leurs initiatives de développement linguistique au sein de l’écosystème Wikimedia, ainsi que sur les pistes d’action susceptibles d’être adaptées au projet Wikipédia Baoulé.
Cette participation permet ainsi au groupe ivoirien de confronter son expérience à celles d’autres communautés africaines engagées dans la documentation, la transmission et la numérisation de leurs langues.
Faire entrer le baoulé dans l’espace numérique
Le groupe de travail Wikipédia Baoulé œuvre à la vulgarisation et à la digitalisation de la langue baoulé à travers les différents projets Wikimedia. L’objectif est notamment de contribuer à rendre davantage accessibles les connaissances liées à cette langue et à sa culture dans l’espace numérique.
La démarche s’inscrit dans les enjeux plus larges abordés lors de la conférence d’Accra : donner aux communautés linguistiques les moyens de documenter elles-mêmes leurs langues, de produire des contenus dans celles-ci et de renforcer leur présence dans le mouvement du savoir ouvert.
Pour les responsables du projet Wikipédia Baoulé, cette dynamique passe également par la mobilisation des locuteurs, des chercheurs, des acteurs culturels et des institutions intéressées par la sauvegarde et la promotion des langues africaines.
Un appel aux partenaires et aux locuteurs
Le groupe de travail se dit ouvert aux partenariats avec les institutions culturelles et les organisations qui s’intéressent à la promotion des langues locales ivoiriennes et africaines.
Il souhaite également renforcer sa collaboration avec les linguistes, chercheurs, contributeurs Wikimedia et militants engagés dans la promotion de la langue baoulé.
Les natifs et locuteurs du baoulé intéressés par cette initiative sont, eux aussi, invités à rejoindre le projet afin de contribuer à la documentation et à la transmission numérique de la langue.
À travers cette mobilisation, le groupe Wikipédia Baoulé entend participer à un mouvement plus large : faire en sorte que les langues africaines disposent d’une présence plus importante dans l’univers numérique et que les communautés concernées deviennent pleinement actrices de la conservation et de la transmission de leur patrimoine linguistique.
Médard KOFFI