À titre d'illustration
Chaque président de la Côte d'Ivoire, depuis Félix Houphouët-Boigny, a traversé des épreuves marquantes dans sa quête du pouvoir. La souffrance et l’injustice semblent être des éléments incontournables pour accéder à la présidence ivoirienne.
Après Félix Houphouët-Boigny, chaque président ayant dirigé la Côte d'Ivoire a marqué l'histoire de manière singulière, mais toujours à travers un chemin semé d’embûches. Henri Konan Bédié, par exemple, a été contraint à l'exil après un coup d'État en 1999. Robert Guéi, quant à lui, a été installé au pouvoir par une rébellion militaire avant de trouver la mort de manière tragique, assassiné lors de la crise postélectorale de 2002. Laurent Gbagbo, dans son parcours tumultueux, a subi l’humiliation d’une détention politique sous le régime de Houphouët-Boigny, un épisode qui a marqué l’histoire de la politique ivoirienne. Enfin, Alassane Ouattara, bien qu'ayant accédé à la présidence par voie électorale, n’a pas été épargné : la profanation de la tombe de sa mère en 2011 est l'un des événements les plus dramatiques de sa vie politique.
Tous les présidents qui aspirent à exercer le pouvoir en Côte d'Ivoire semblent devoir porter cette "croix". Cette souffrance, qu’elle soit personnelle ou publique, apparaît souvent comme une sorte de sésame pour accéder à la présidence. En effet, pour être candidat et conquérir les suffrages du peuple, il est nécessaire de subir une forme d’épreuve, souvent amplifiée par les actes et la propagande du parti au pouvoir. Ces derniers, en s’attaquant à leurs opposants, leur offrent paradoxalement une publicité gratuite, exacerbant la perception de la souffrance et de l’injustice qui accompagne leur lutte pour le pouvoir. Cette dynamique fait partie intégrante du jeu politique en Côte d'Ivoire, où les conflits internes et externes façonnent inévitablement l’image des futurs dirigeants.
Tous les présidents qui aspirent à exercer le pouvoir en Côte d'Ivoire semblent devoir porter cette "croix". Cette souffrance, qu’elle soit personnelle ou publique, apparaît souvent comme une sorte de sésame pour accéder à la présidence.
Ce qui arrive à Assalé Tiémoko Antoine n’est pas un cas inédit ; c’est là l’ADN de la Côte d’Ivoire politique depuis plus d’une décennie. On pourrait parler d’une publicité gratuite. Cette affaire politique. Comme il en est l’objet il doit être particulièrement fort mentalement et psychologiquement, comme l’ont été ses prédécesseurs. Cela forge son mental à parvenir au pouvoir avec une détermination sans faille, si les électeurs lui accordent leur suffrage.
Celui qui intervient sous le couvert de l’anonymat porte la toge. Il perçoit les événements sous un autre angle. Il se prononce en ces termes : « On ne met pas en instruction une affaire qui relève d’une interview, d’une vidéo. Si les éléments manquent, il faut classer sans suite. Mais ouvrir une information judiciaire sur une interview, c’est clairement opter pour la voie du contrôle judiciaire, visant à neutraliser, ou pour la détention préventive, afin de disqualifier pendant au moins six mois. On entre alors dans une démarche d’acharnement contre un acteur politique », confie un juriste vivement indigné.
Le citoyen Assalé doit rester fort, selon une autre source anonyme. « C’est le début d’une affaire qui ne se conclura pas si facilement. Il pourrait bien se retrouver écroué », s’exprime-t-il.
Dans son entourage, les femmes et les hommes les plus proches scrutent avec une attention particulière l’évolution que la justice ivoirienne donnera à cette affaire.
« Monsieur le journaliste, il s’agit d’une affaire politique qui ne trouvera une issue que sur le terrain politique », conclut notre interlocuteur.
En attendant, les rumeurs et spéculations se propagent à une vitesse fulgurante, en fonction de l’appartenance politique de chaque observateur.
Charles Kpan