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[Législatives 2025 à Tiassalé] Assalé Tiémoko : “Être député, ce n’est pas pour applaudir”

[Législatives 2025 à Tiassalé]  Assalé Tiémoko : “Être député, ce n’est pas pour applaudir”

Assalé Tiémoko Antoine à Tiassalé

Assalé Tiémoko lance sa campagne dans la ferveur populaire et recentre le débat sur le rôle du député

Tiassalé, le 21 décembre 2025 (crocinfos)---L’esplanade de la mairie de Tiassalé a refusé du monde, le dimanche 21 décembre dernier. Dans une ambiance festive, rythmée par les applaudissements et les interpellations du public, le député-maire sortant Assalé Tiémoko a officiellement lancé sa campagne pour les élections législatives. Plus qu’un simple meeting, le rendez-vous a pris les allures d’un dialogue direct entre le candidat et les populations, dans une atmosphère de proximité assumée.

Jouant d’entrée sur la familiarité entre son patronyme et celui de la commune, le candidat a rappelé le chemin parcouru par Tiassalé depuis 2018. Devant une foule acquise, il a évoqué la transformation d’espaces longtemps laissés à l’abandon, aujourd’hui aménagés, comme symbole d’un changement qu’il revendique à la tête de la municipalité. Il a également rappelé les distinctions obtenues ces dernières années, affirmant avoir été classé parmi les meilleurs maires du pays en 2022 et 2023. Un lancement de campagne qui intervenait, a-t-il précisé, après plusieurs déplacements à l’intérieur du pays pour soutenir les candidats de son mouvement.

« Pour ce qui concerne le candidat d’ADCI que je suis, j’étais dans plusieurs localités en soutien aux candidats que nous présentons à l’élection législative. Donc c’est aujourd’hui, le 21 décembre, que j’ai eu le temps de venir lancer ma campagne ici », a-t-il déclaré.

« Être député, ce n’est pas pour être bobo »

Très vite, le cœur du discours s’est déplacé vers l’enjeu central de cette élection : le rôle du député. Face aux promesses de routes, de bitumage ou d’équipements brandies par certains candidats, Assalé Tiémoko a tenu à dissocier clairement le mandat parlementaire des fonctions exécutives locales. Pour lui, l’essentiel est ailleurs : porter la voix des citoyens et exercer un contrôle sur l’action gouvernementale.

« Mon rôle, c’est d’être un député. Mon rôle, c’est de contrôler le gouvernement. De dire au gouvernement : vous n’avez pas le droit de faire ça. C’est ça le rôle d’un député. Ce n’est pas pour être bobo. Ce n’est pas pour aller applaudir. Un député, son travail, c’est de parler. Un député, je le répète, son travail, c’est de parler », a-t-il martelé sous les ovations.

Le candidat a ensuite mis en avant son bilan parlementaire, évoquant des propositions de loi déposées — certaines rejetées, d’autres encore en attente d’examen. Il a insisté sur la nécessité d’un travail collectif pour peser davantage au sein de l’hémicycle.

« Il y a plusieurs propositions de loi que j’ai faites. Certaines ont été déposées et rejetées. D’autres ne sont pas encore programmées, elles sont encore dans le calendrier. Pour être plus efficace, il me faut être avec d’autres collègues, dans mon mouvement », a-t-il expliqué, avant de renchérir : « Il y a plusieurs propositions de loi à faire : sur l’éducation, sur la santé, sur l’utilisation des ressources dans les travaux publics. Il y a plein de lois que l’on peut proposer pour aider les Ivoiriens. Nous venons avec les mains chargées de propositions de loi pour les Ivoiriens ».

Appel à l’apaisement et au jeu démocratique responsable

Dans un ton plus posé, le député-maire a également lancé un appel à l’apaisement, invitant ses adversaires à une campagne responsable, sans outrances ni désinformation. « La politique est un jeu ; il peut y avoir des attaques, mais on peut y répondre avec élégance. J’ai dit aux populations que je suis leur député et que j’ai accompli ma mission pendant cinq ans, avec un bilan, de ce point de vue-là, inattaquable », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « J’ai en même temps appelé à l’apaisement, appelé mes adversaires à utiliser le bon ton et à arrêter de diffuser les fausses nouvelles et les fausses informations ».

Haro sur les pratiques trompeuses

Moment fort du meeting, la dénonciation de pratiques qu’il juge trompeuses, notamment la présentation comme « dons » d’équipements financés sur fonds publics. Le candidat s’est voulu catégorique :

« On ne fait pas don à un village avec une ambulance payée par l’argent des Ivoiriens. Ce n’est pas un don. C’est une ambulance payée par le budget du ministère de la Santé. Ils arrivent et disent : “c’est notre don, on vous offre ça”. Ça ne se fait pas. Il faut éduquer nos populations. On fait la politique pour éduquer les gens, pas pour les tromper », a-t-il dénoncé avec force.

Sous les ovations, Assalé Tiémoko a conclu en appelant les électeurs à renouveler leur confiance afin de renforcer la représentation de son mouvement à l’Assemblée nationale : « Je suis candidat pour que la confiance soit renouvelée, pour que je porte la voix des populations et pour que je continue à défendre tous les Ivoiriens. Mon peuple doit être motivé, mobilisé derrière moi ».


Bienvenue R.K. envoyé spécial à Tiassalé