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[Côte d’Ivoire] Les risques de coupures d’électricité menacent les perspectives de croissance, alerte la BIDC

[Côte d’Ivoire] Les risques de coupures d’électricité menacent les perspectives de croissance, alerte la BIDC

À titre d'illustration

La BIDC alerte sur les risques liés aux pannes d’électricité généralisées en Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire figure parmi les pays exposés, une situation susceptible d’affecter la productivité et les perspectives de croissance.

ABIDJAN, Côte d’Ivoire (crocinfos)— Les difficultés d’approvisionnement en électricité enregistrées en Côte d’Ivoire au premier semestre 2026 figurent parmi les risques susceptibles d’affecter les perspectives économiques du pays et de plusieurs États ouest-africains, selon le rapport 2026 sur les perspectives de développement de l’Afrique de l’Ouest (West African Development Outlook – WADO) publié par la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC).

Dans ce rapport intitulé « Turbulences lointaines, Chocs familiers », l’institution régionale identifie les pannes d’électricité généralisées comme un facteur potentiel de détérioration des performances économiques si elles venaient à se prolonger.

La BIDC cite notamment la Côte d’Ivoire, aux côtés du Ghana, du Togo, du Bénin, du Niger et du Nigeria, parmi les pays ayant connu des difficultés particulièrement importantes d’approvisionnement électrique durant les six premiers mois de l’année 2026. Selon l’analyse de la Banque, cette situation a déjà eu des conséquences négatives sur la productivité des entreprises et pourrait, à terme, compromettre les prévisions de croissance.


L’électricité, un enjeu stratégique pour la croissance

Pour la BIDC, la disponibilité continue de l’énergie constitue un facteur déterminant de compétitivité économique. Les interruptions prolongées d’électricité affectent directement les activités industrielles, les services, les petites et moyennes entreprises ainsi que les chaînes de production agricoles.

Dans un contexte où les économies ouest-africaines cherchent à consolider leur reprise après plusieurs années de chocs successifs, notamment la pandémie de COVID-19 et les conséquences économiques de la guerre en Ukraine, les contraintes énergétiques représentent un risque supplémentaire.

La Banque souligne que la persistance de ces difficultés pourrait provoquer un ralentissement de l’activité économique et fragiliser les gains enregistrés en 2025.


Des pressions multiples sur les économies ouest-africaines

Au-delà de la question énergétique, le rapport de la BIDC identifie plusieurs autres risques susceptibles de peser sur la région en 2026 et 2027.

Les dérapages budgétaires liés aux mesures de soutien adoptées par certains États constituent une première source d’inquiétude. Plusieurs gouvernements ont introduit des subventions ou réduit certains prélèvements fiscaux sur les carburants afin de limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les populations. La BIDC estime toutefois que ces politiques pourraient réduire les marges budgétaires et compliquer la mobilisation des recettes publiques.

L’insécurité alimentaire figure également parmi les principales préoccupations. La hausse du prix des engrais liée aux tensions internationales pourrait affecter la production agricole et aggraver la vulnérabilité des populations, notamment les ménages à faibles revenus.


Inflation, change et coût du financement : des risques persistants

La BIDC met aussi en garde contre une possible reprise des tensions inflationnistes. Les prix élevés de l’énergie et des produits alimentaires pourraient ralentir les progrès réalisés en 2025 dans la maîtrise de l’inflation.

La hausse de la facture des importations alimentaires et énergétiques exerce également une pression sur les réserves de change des pays de la région. Cette situation pourrait entraîner une dépréciation des monnaies nationales et accentuer les tensions inflationnistes à court terme.

Par ailleurs, une inflation durablement élevée pourrait conduire à une remontée des taux d’intérêt, augmentant le coût de l’emprunt pour les États et les entreprises, avec un effet potentiel sur l’investissement et la croissance.


La BIDC appelle à renforcer la souveraineté économique régionale

Face à ces vulnérabilités, la BIDC préconise une stratégie de résilience fondée sur le développement des capacités locales de production.

L’institution recommande notamment d’accroître les capacités régionales de raffinage du pétrole afin de réduire la dépendance aux importations extérieures, mais également de renforcer la production locale d’engrais pour limiter l’exposition aux fluctuations internationales.

La constitution de réserves budgétaires et de réserves de change apparaît également comme une priorité afin de permettre aux États de mieux absorber les futurs chocs économiques.

Pour la BIDC, les crises récentes ont démontré que les perturbations internationales peuvent rapidement affecter les économies africaines. La réponse ne devrait donc plus se limiter à la gestion des urgences, mais viser une transformation structurelle capable de renforcer durablement l’autonomie économique de l’Afrique de l’Ouest.


Athanase Kangah