favicon
C R O C I N F O S

Nationalité en Côte d'Ivoire, un sujet sensible et politique, à régler définitivement (Contribution)

Nationalité en Côte d'Ivoire, un sujet sensible et politique, à régler définitivement (Contribution)

DJENI KOBINA Georges

La question de la nationalité en Côte d'Ivoire a été instrumentalisée à des fins politiques, comme le montre l'exemple de DJENI KOBINA. Ce sujet sensible nécessite une solution législative pour garantir l'unité nationale et éviter de futures crises.

Écrit par Ange DJENI, Analyste Journaliste, neveu de feu DJENI KOBINA Kouamé Georges


La question de la nationalité constitue, en Côte d’Ivoire, un sujet particulièrement sensible.

A maintes reprises, été instrumentalisée par des acteurs politiques pour écarter ou fragiliser des adversaires jugés dérangeants. Les cas de DJENI KOBINA Georges et d’Alassane OUATTARA, sous la gouvernance du président Henri Konan BEDIE, ont ainsi profondément marqué la vie politique nationale et alimenté, durant plusieurs décennies, des débats passionnés aux lourdes conséquences.

Plus récemment, l’actualité a remis cette problématique au cœur du débat public.

Beaucoup d'acteurs politiques ont eu des soucis avec cette question de nationalité il faut trouver une solution face à cette question pourque dans l'avenir ce sujet ne soit pas utilisé politiquement .

Cette situation soulève une question essentielle à qui le tour demain ?

La nationalité demeure-t-elle un instrument à double tranchant entre les mains des décideurs politiques, utilisé pour neutraliser des adversaires ?

Bien que DJENI KOBINA Georges soit décédé, la controverse autour de sa nationalité ivoirienne continue de susciter des polémiques.

En novembre 2025, l’ancien Secrétaire Exécutif en Chef du PDCI-RDA, Maurice Kacou Guikahué, invité sur un plateau de télévision, est revenu sur l’exclusion de DJENI KOBINA, alors candidat en 1996 à la mairie d’Adjamé sous la bannière du Front républicain.

Cette sortie médiatique a ravivé de vieilles accusations, relayées notamment par certains cyber-activistes, qualifiant feu DJENI KOBINA de « Ghanéen ».

Pourtant, les faits établis racontent une tout autre histoire.

DJENI KOBINA Georges est né à Gagnoa.

 Il a effectué toute sa scolarité en Côte d’Ivoire, accompli son service militaire, travaillé au sein de l’Administration publique ivoirienne et bénéficié, dès 1946, d’une bourse de l’État pour poursuivre ses études en France.

Son parcours professionnel et politique est éloquent Directeur de Cabinet de plusieurs Ministres, Premier Adjoint au maire de Cocody aux côtés de feu Mel Eg Théodore sous la gouvernance du PDCI-RDA en 1990, membre du Comité central du PDCI-RDA, fondateur de syndicats d’enseignants (SYNARES), initiateur du courant politique « La Rénovation ».

 Au sein du PDCI-RDA. Après trente-cinq années de service, il a perçu une pension de l’État ivoirien.

Face à un tel itinéraire, comment peut-on, encore aujourd’hui, contester ou nier sa nationalité ivoirienne ?

Il apparaît désormais indispensable que les législateurs et les juristes ivoiriens traitent définitivement la question de la nationalité avec rigueur, sérénité et sans passion politique.

La nationalité est un sujet trop sensible pour être utilisée comme une arme dans des règlements de comptes partisans.

Mêler nationalité au calcul politique expose dangereusement le pays au risque de replonger dans des crises identitaires aux conséquences imprévisibles. On ne peut raisonnablement admettre qu’un citoyen accomplisse son service militaire, occupe des fonctions stratégiques dans l’Administration publique, contribue activement à la vie syndicale et politique, puis voie sa nationalité remise en cause simplement parce qu’il quitte un parti politique pour adhérer à une autre formation politique.

Pour garantir son développement et sa stabilité, la Côte d’Ivoire doit régler de manière définitive et consensuelle cette question, afin qu’elle ne continue plus de diviser la société. L’histoire du peuplement ivoirien et du brassage ethnique, largement documentée dans les manuels scolaires et les travaux universitaires, témoigne de l’ancienneté et de la diversité des communautés vivant sur le territoire national.

Les acteurs politiques doivent s’abstenir d’instrumentaliser cette réalité historique à des fins partisanes. De nombreuses hautes personnalités, à travers le monde, ont exercé des responsabilités dans des pays dont elles ne sont pas originaires de naissance, après avoir acquis la nationalité de leur pays d’adoption.

Les exemples de l’ancien Président américain Barack Obama ou de l’ex-Président français Nicolas Sarkozy en sont des illustrations parmi tant d’autres.

La Côte d’Ivoire gagnerait à tourner définitivement la page de ces polémiques qui ne l’honorent pas, afin de s’inscrire pleinement dans une dynamique d’ouverture, de maturité démocratique