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Présentée le 7 octobre 2026 à Abidjan, BEDIELOUO, la fête des ignames du peuple Ahua, se déroulera du 23 au 27 décembre à Arrah, autour du brassage culturel et de la cohésion sociale.
Abidjan, le 13 octobre 2026 (crocinfos.net) – La tradition, la spiritualité et le vivre-ensemble seront au cœur de BEDIELOUO 2026, la fête des ignames du peuple Ahua, prévue du 23 au 27 décembre à Arrah, dans la région du Moronou. Cette manifestation culturelle ambitionne de valoriser le patrimoine ancestral, de favoriser le brassage entre les communautés et de renforcer la cohésion sociale. Le lancement officiel de cette édition s’est tenu le 7 octobre au siège de Côte d’Ivoire Tourisme, à Cocody, en présence d’acteurs culturels, de responsables institutionnels, d’autorités coutumières et de professionnels des médias.
Placée sous l’égide du ministère de la Culture et de la Francophonie, avec l’appui de Côte d’Ivoire Tourisme, cette édition est organisée autour du thème : « BEDIELOUO, facteur de brassage culturel et de cohésion sociale ».
Représentant la directrice générale de Côte d’Ivoire Tourisme, Malékah Mourad-Condé, le directeur Marketing, Communication et TIC de l’institution, David E. Bouazo-Zegbehi, a salué la tenue de cette rencontre, tout en soulignant l’importance de la promotion des destinations touristiques ivoiriennes.
Il a rappelé que la réussite d’une expérience touristique repose notamment sur deux exigences : la qualité de l’accueil et la satisfaction des visiteurs.
« Pour qu’une expérience touristique soit réussie, deux facteurs essentiels doivent être pris en compte : l’accueil et la satisfaction du visiteur », a-t-il souligné.
Pour cette édition, plusieurs circuits et sites sont annoncés, notamment le palais royal, la bière sacrée, la rivière et le cimetière de la Voie de l’Exil, présenté comme un lieu de tourisme mémoriel. La programmation prévoit également des activités de pleine nature, des animations traditionnelles, ainsi que des découvertes gastronomiques et artisanales.
Le représentant de Côte d’Ivoire Tourisme a invité les professionnels des médias à aller au-delà de la couverture événementielle, en menant des investigations et en recueillant des informations permettant de mieux faire connaître les richesses de la destination.
Il a également insisté sur la nécessité d’offrir à chaque visiteur, quelle que soit sa condition, une expérience positive. Pour lui, l’hospitalité ne dépend pas uniquement du standing des établissements, mais aussi de l’attention accordée aux visiteurs et de la capacité des acteurs locaux à résoudre les difficultés avec professionnalisme.
Prenant la parole au nom de Sa Majesté Nanan Koffi Kpli II, chef suprême de la tribu Ahua, M. Méa Kouadio a livré un éclairage sur les origines et la portée spirituelle de cette célébration.
Selon lui, BEDIELOUO ne saurait être réduite à une simple fête agricole. Elle constitue un patrimoine collectif qui relie les vivants aux ancêtres et aux générations futures.
« Pour les peuples concernés, ce n’est pas qu’une simple fête : c’est un véritable patrimoine collectif. C’est un moment qui met en relation les vivants, les ancêtres et les générations futures », a-t-il expliqué.
Le représentant de la chefferie a rappelé que cette célébration s’inscrit dans une tradition ancienne, marquée par des rites de purification, des prières, des sacrifices, des offrandes et des hommages aux ancêtres. Initialement associées au monarque et à sa cour, ces pratiques se sont progressivement élargies à l’ensemble des familles, faisant de BEDIELOUO un rendez-vous communautaire.
La fête intervient au début de la grande saison sèche, après l’essentiel des récoltes. Elle représente un temps de gratitude pour les bienfaits reçus et de prières pour la protection de la communauté et le nouveau cycle agricole.
Cette dimension spirituelle s’accompagne de prescriptions traditionnelles destinées à préserver le caractère sacré de la célébration. Selon M. Méa Kouadio, certaines annonces et manifestations incompatibles avec l’esprit de réjouissance sont proscrites pendant cette période. Il a notamment indiqué que l’annonce de décès est interdite durant la célébration, conformément aux règles traditionnelles évoquées.
Au-delà des rites, BEDIELOUO est aussi un temps de réconciliation, de partage et de réjouissances populaires, avec des danses, des jeux, des parures traditionnelles et des mets offerts aux visiteurs.
Présente à la cérémonie de lancement, la première magistrate d’Arrah, Harlette Kouamé Badou, a plaidé pour la transmission du patrimoine culturel du peuple Ahua aux jeunes générations.
Elle a souligné que BEDIELOUO constitue une occasion de valoriser les rites, les tenues traditionnelles, la gastronomie et les pratiques culturelles qui façonnent l’identité de ce peuple. Elle a notamment mis en avant les mets traditionnels préparés et proposés aux visiteurs, témoins de l’hospitalité des populations locales.
La responsable municipale a également insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les jeunes dans les différentes activités de la fête, afin de les rapprocher de leurs racines et de prévenir leur désintérêt pour les traditions ancestrales. Les animations culturelles et les initiatives participatives figurent, selon elle, parmi les moyens de renforcer cet engagement.
Au-delà de sa dimension culturelle, Harlette Kouamé Badou a relevé les retombées économiques potentielles de la manifestation pour les populations d’Arrah. L’affluence des visiteurs est susceptible de stimuler les activités des hôtels, des restaurants, des transporteurs, des commerçants et des autres prestataires locaux.
Elle a enfin souligné que BEDIELOUO représente une vitrine pour les talents artistiques locaux et une opportunité d’offrir de nouvelles perspectives aux jeunes à travers leur participation aux activités culturelles.
Présentant les grandes articulations de l’édition 2026, le commissaire général, Adjé Venance, a annoncé une programmation mêlant cérémonies traditionnelles, découvertes touristiques, compétitions sportives, gastronomie, artisanat et spectacles.
Le programme prévoit notamment des visites touristiques, des concours culinaires, des jeux et danses traditionnels, une parade de chars, une parade royale et la cérémonie officielle du 25 décembre, avec l’entrée du roi, des allocutions, des prestations traditionnelles et des remises de prix.
Les activités se poursuivront avec une compétition de cyclisme sur vélos traditionnels, la présentation des vœux au chef Ahua, un déjeuner champêtre, le tirage de la grande tombola et l’élection de Miss BEDIELOUO 2026. Des concerts et animations populaires viendront compléter les festivités.
Le commissaire général a également présenté le pagne officiel de cette édition, avant d’adresser ses remerciements à la maire d’Arrah, à Côte d’Ivoire Tourisme et à l’honorable Ahondjon Mathias pour leur accompagnement matériel et financier.
Parmi les innovations annoncées figure l’Espace Akwaba, conçu comme un lieu d’animation, d’exposition et de promotion commerciale. Il accueillera notamment une exposition artisanale destinée à mettre en valeur les savoir-faire locaux et à permettre aux artisans de commercialiser leurs produits.
Une kermesse offrira également des activités récréatives aux plus jeunes, tandis que le village du vivre-ensemble réunira les différentes communautés vivant à Arrah.
Cet espace doit favoriser les rencontres, les échanges et la participation des communautés à la célébration. La présence annoncée de régions invitées doit renforcer cette dimension de brassage culturel, en cohérence avec le thème retenu pour 2026.
Les organisateurs ambitionnent d’accueillir plus de 8 000 visiteurs et acheteurs par jour, soit environ 32 000 passages sur quatre jours d’ouverture, ainsi que plus de 10 000 participants à la grande cérémonie officielle. Plus de 50 exposants sont également annoncés.
À travers BEDIELOUO 2026, les organisateurs entendent ainsi consolider la place d’Arrah dans le paysage culturel et touristique ivoirien, tout en faisant de la fête des ignames un instrument de transmission du patrimoine Ahua, de rapprochement entre les communautés et de dynamisation de l’économie locale.
Du 23 au 27 décembre prochain, Arrah donne donc rendez-vous aux populations, aux visiteurs et aux acteurs culturels pour célébrer une tradition qui conjugue mémoire, spiritualité et ouverture aux autres.
Médard KOFFI