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[Affaire Sossoukpè] RSF saisit la Cour de justice de la CEDEAO contre le Bénin et la Côte d’Ivoire

[Affaire Sossoukpè] RSF saisit la Cour de justice de la CEDEAO contre le Bénin et la Côte d’Ivoire

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Reporters sans frontières a saisi la Cour de justice de la CEDEAO dans l’affaire Sossoukpè, dénonçant l’implication du Bénin et de la Côte d’Ivoire dans des violations graves des droits de journalistes.

Abidjan, le 28 avril 2026 (crocinfos.net) – RSF saisit la Cour de justice de la CEDEAO dans l’affaire Sossoukpè, accusant le Bénin et la Côte d’Ivoire de violations graves des droits humains et de la liberté de la presse.

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a officiellement déposé une plainte devant la Cour de justice de la CEDEAO dans l’affaire impliquant le journaliste d’investigation Hugues Comlan Sossoukpè. L’ONG accuse les États du Bénin et de la Côte d’Ivoire de graves violations des droits humains et de la liberté de la presse.

Selon RSF, cette action judiciaire, engagée le 24 avril 2026 par l’intermédiaire de son avocat, vise à faire reconnaître les responsabilités des deux États dans l’enlèvement, la séquestration et le transfert forcé de Hugues Comlan Sossoukpè, survenu en juillet 2025 entre Abidjan et Cotonou.

Une opération controversée et dénoncée

D’après les conclusions de l’enquête menée par RSF, le journaliste, fondateur du média d’investigation Olofofo et réfugié politique au Togo depuis 2021, aurait été enlevé à Abidjan avant d’être exfiltré vers Cotonou à bord d’un avion privé. Une opération que l’organisation qualifie d’irrégulière et contraire aux normes internationales.

RSF accuse également les autorités ivoiriennes d’avoir violé le droit de protection des réfugiés en remettant le journaliste aux autorités béninoises en dehors de tout cadre légal. Du côté béninois, l’organisation dénonce une détention arbitraire et des poursuites jugées infondées, notamment pour « apologie du terrorisme » et « rébellion ».

Un second journaliste également détenu

L’affaire s’est élargie avec l’arrestation d’un second journaliste, Ali Moumouni, interpellé à Cotonou quelques jours après l’affaire Sossoukpè. Soupçonné d’être un collaborateur du média Olofofo, il fait face à plusieurs chefs d’accusation similaires.

Détenu depuis plusieurs mois, Ali Moumouni a comparu pour la première fois en mars 2026, après plus de huit mois de détention, avant que son audience ne reprenne à la mi-avril.

RSF exige la libération des journalistes

Face à ce qu’elle considère comme une atteinte grave à la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest, RSF réclame la libération immédiate des deux journalistes ainsi que la réparation des préjudices subis.

L’organisation souligne que cette affaire constitue un précédent préoccupant dans la région, notamment en raison du statut de réfugié de Hugues Comlan Sossoukpè au moment des faits.

Un enjeu régional pour la liberté de la presse

La plainte déposée devant la juridiction de la CEDEAO ouvre la voie à un contentieux inédit entre États membres sur la question de la protection des journalistes et du respect des droits fondamentaux.

Dans son classement mondial de la liberté de la presse 2025, RSF situe la Côte d’Ivoire à la 64ᵉ place et le Bénin à la 92ᵉ sur 180 pays, des positions qui pourraient être affectées par l’évolution de cette affaire.

Médard KOFFI