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C R O C I N F O S

Superbe Sénégal !

Superbe Sénégal !

À titre d'illustration

Le Sénégal fascine l’Afrique par sa stabilité politique, la transparence de ses institutions et la dignité de ses leaders, offrant un exemple d’élégance démocratique et une leçon pour les jeunes élites africaines.

Par Vincent Toh Bi Irié 

On va parler du Sénégal, pianh !!! Et on va en reparler encore et encore parce que le Sénégal nous fascine.

Si vous voulez qu’on parle de vous aussi, faites les choses bien et normalement. Quand vous étouffez les gens et les libertés et quand vous malmenez la démocratie, comment vous voulez que l’Afrique s’intéresse à vous? Non !

Tous les pays d’Afrique parlent du Sénégal actuellement, parce qu’il s’y déroule une preuve de réelle démocratie et d’expression libre. Ceux qui rentrent dans l’Histoire, ce sont aussi ceux qui restituent la dignité de l’Etre Humain.

Parlons plus sérieusement maintenant.

Avouons-le, n’est-ce pas beau la façon de faire la politique au Sénégal ?

Les Sénégalais ne sont pas que champions d’Afrique en football, ils sont aussi champions de l’élégance politique.

Nous avons tout à apprendre d’eux, comme des élèves attentionnés, pas en humilité, mais en obligation.

Tout réside dans la stabilité et la crédibilité des institutions, dans la force des femmes et des hommes qui dirigent ces institutions, dans la transparence des élections, dans le respect des principes élémentaires de démocratie, dans la crainte des garants de la religion et de la tradition.

Entre nous, est-ce qu’il aurait été envisageable, en Côte d’Ivoire par exemple, qu’un Président de l’Assemblée Nationale, jeune et plein d’avenir, accepte de démissionner délibérément, sans pression et sans résistance, pour laisser la place à son patron en difficulté ?

En dehors de la période de transition pendant la crise militaro-politique de 2002 à 2010, presque toutes les personnes qui ont été désignées par leurs Partis politiques pour être des Ministres dans un Gouvernement, ont coupé les ponts avec leurs Partis politiques d’origine pour adhérer au principal Parti au pouvoir, afin de conserver leurs statuts , leurs privilèges et leurs conforts. Tout est matériel et argent dans la vie politique ivoirienne.

Les Sénégalais font la politique avec un peu de valeur, de noblesse et de dignité, rares denrées de ce côté de nos tropiques.

Cela dit, et au-delà des valeurs, le Sénégal risque gros dans cette nouvelle turbulence politique.

Il est heureux que Monsieur Ousmane Sonko soit enfin à l’Assemblée Nationale. C’est ce qui aurait dû être après les élections présidentielles de Mars 2024. Comme je l’ai expliqué à des amis Sénégalais cette année-là, les deux têtes fortes du pouvoir n’auraient jamais dû se retrouver dans l’exécutif en même temps. La crise était donc prévisible.

Maintenant qu’ils sont dans des sphères de pouvoir différentes, il y a certainement une opportunité pour que les deux se rapprochent et fassent prévaloir la tempérance, afin d’offrir au Sénégal ce qu’ils lui ont promis et qui leur a valu cette élection historique en 2024.

Les deux devront faire preuve de hauteur pour ne pas engouffrer le Sénégal dans une période d’incertitude, qui leur sera dommageable à l’un comme à l’autre. Les compromis sont possibles, les accords sont possibles, les consensus sont possibles. S’ils y arrivent et qu’ils ne dérivent pas de leurs idéaux originels, ils en auront pour au moins 25 ans à la tête de leur pays, dans des scénarii à la haïtienne.

La crise actuelle est une opportunité pour souder les fissures du PASTEF et pour bien rebondir.

Enfin Ousmane Sonko et Djomaye Faye auraient trahi l’Afrique s’ils noyaient l’espoir qu’ils ont suscité dans tout le continent et s’ils faisaient perdurer leur crise.

Ils arrêteraient aussi brutalement la carrière politique de tous ces jeunes d’Afrique qui les prennent en exemple et qui proposent une vision nouvelle pour leurs pays respectifs, car leurs peuples douteraient d’eux.

Djomaye et Sonko doivent se réconcilier et se mettre au-dessus de tout pour faire avancer le Sénégal. Si l’Afrique ne peut mettre de l’espoir dans ses élites jeunes, si cette élite emprunte les mêmes chemins des vieux, alors nous re sombrerons. Il faut de l’espoir pour alimenter l’énergie et les rêves des générations à venir en Afrique.

Djomaye et Sonko ne jouent pas qu’un conflit interne à un Parti politique au Sénégal, ils jouent aussi l’avenir politique de l’Afrique.

Et nous, les générations nouvelles, les aubes nouvelles, avons besoin de la confiance des populations, pour organiser cet avenir par une pacifique alternance générationnelle.