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C R O C I N F O S

[Grève des Affaires maritimes à Abidjan] Le SYNABEPAM dénonce des arrestations et exige des indemnités

[Grève des Affaires maritimes à Abidjan] Le SYNABEPAM dénonce des arrestations et exige des indemnités

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À Abidjan, la grève des agents des affaires maritimes portée par le SYNABEPAM ce lundi 8 juin 2026 dégénère en tensions après plusieurs arrestations, alors que le syndicat réclame le respect des indemnités et la libération de ses militants arrêtés.

Abidjan, le 8 juin 2026 (crocinfos.net) – À Abidjan, la grève du SYNABEPAM dans les affaires maritimes entraîne des arrestations et ravive les tensions autour des indemnités, du dialogue social et de l’échec des médiations gouvernementales.

La tension est montée d’un cran ce lundi 8 juin 2026 dans le secteur des affaires maritimes à Abidjan à la suite du mouvement de grève lancé par SYNABEPAM. Le syndicat dénonce une répression jugée excessive après l’arrestation de plusieurs de ses membres et appelle à la poursuite de la mobilisation jusqu’à leur libération.

Un mouvement encadré, selon le syndicat

Pour le secrétaire général du SYNABEPAM, Madjou Glé Henri Joël, la mobilisation s’est déroulée dans un cadre légal et pacifique. Il affirme que les consignes données aux agents étaient claires : manifester sans violence, uniquement à travers des pancartes.

Il estime donc incompréhensible que cette action syndicale soit assimilée à un trouble à l’ordre public, rappelant que toutes les procédures administratives ont été respectées, y compris la suspension temporaire du mot d’ordre pour favoriser le dialogue social.

Arrestations et accusations de répression

Le SYNABEPAM affirme que plus de vingt agents ont été interpellés lors du mouvement. Parmi eux figurent plusieurs responsables syndicaux et agents des services maritimes, dont des membres des coordinations régionales et de la communication.

Le syndicat exige leur libération immédiate et sans condition, dénonçant ce qu’il considère comme une atteinte au droit de grève. Il affirme également qu’un agent aurait été blessé lors des interpellations.

Face à cette situation, la direction syndicale appelle les agents à suspendre toutes leurs activités jusqu’à la libération de leurs camarades.

Des revendications centrées sur les indemnités

Au cœur du conflit, les revendications portent principalement sur les indemnités de logement et la revalorisation des primes sectorielles. Les agents estiment ne pas bénéficier de l’intégralité des montants prévus par le décret présidentiel signé par Alassane Ouattara, fixant l’indemnité à 110 000 FCFA, contre environ 70 000 FCFA actuellement perçus selon les syndicats.

Des médiations jugées infructueuses

Les discussions engagées avec les autorités n’ont pas permis de désamorcer la crise. Plusieurs rencontres ont eu lieu entre les représentants syndicaux et les responsables administratifs, notamment au ministère en charge des affaires maritimes.

Le ministre délégué chargé des Affaires maritimes, Serey Doh Célestin, avait annoncé la mise en place d’un comité paritaire de travail. Mais les négociations, selon le SYNABEPAM, n’ont pas abouti à des propositions concrètes acceptées par les deux parties.

Un dialogue social dans l’impasse

Le comité mis en place s’est réuni à plusieurs reprises sans parvenir à un consensus. Le syndicat reproche à la tutelle un document final jugé déséquilibré, ce qui a conduit au refus de signature des représentants syndicaux.

Une ultime tentative de conciliation a également eu lieu la veille de la grève, sans avancée significative. Faute d’accord, le mouvement a été maintenu.

Une crise sociale qui s’enlise

Alors que les positions restent tranchées, le SYNABEPAM insiste sur la poursuite de la mobilisation jusqu’à satisfaction de ses revendications et libération des agents interpellés. De son côté, l’administration maritime n’a pas encore officiellement réagi aux nouvelles accusations du syndicat.

La situation reste donc tendue dans un climat de méfiance croissante entre les agents et leur tutelle, laissant planer le risque d’un prolongement du conflit social.

Médard KOFFI