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C R O C I N F O S

[Côte d’Ivoire] Le projet WURI clôturé après huit ans d’actions pour l’identification et l’inclusion sociale

[Côte d’Ivoire] Le projet WURI clôturé après huit ans d’actions pour l’identification et l’inclusion sociale

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Après huit années de mise en œuvre, le Projet d’Identification Unique pour l’Intégration Régionale et l’Inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI) a dressé son bilan à Abidjan, mettant en avant des acquis majeurs en matière d’identification et d’inclusion sociale.

Abidjan, le 25 juin 2026 (crocinfos.net) – Réuni à Abidjan pour son atelier de clôture, le projet WURI Côte d’Ivoire a présenté les résultats de huit années d’actions ayant permis de renforcer l’identification des populations, l’accès à la CMU et l’inclusion sociale.

WURI Côte d’Ivoire : huit ans d’innovations au service de l’identité et de l’inclusion sociale

Le Projet d’Identification Unique pour l’Intégration Régionale et l’Inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI-Côte d’Ivoire) a officiellement achevé, ce jeudi 25 juin 2026, son cycle de mise en œuvre entamé en 2018. À l’occasion d’un atelier de bilan organisé à Abidjan, les responsables du projet, des représentants du gouvernement, de la Banque mondiale ainsi que plusieurs partenaires institutionnels ont dressé un état des lieux des acquis enregistrés dans les domaines de l’identification des populations, de l’inclusion sociale et de l’accès aux services de base.

Financé par la Banque mondiale, le projet WURI est né dans un contexte marqué par un déficit important d’identification des populations en Côte d’Ivoire. Selon les données présentées lors de l’atelier, près de 45 % des naissances n’étaient pas déclarées et seulement 55 % de la population disposaient d’une carte nationale d’identité. Une situation qui constituait un frein à l’accès aux services essentiels et à la mise en œuvre des politiques publiques.

Face à ce défi, l’État ivoirien a engagé une réforme ambitieuse de son système d’identification afin de permettre à chaque citoyen de disposer d’un identifiant unique et permanent reconnu par les autorités administratives.

Un tournant décisif grâce au partenariat avec la CNAM

Représentant le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Me Adama Kamara, retenu dans la région de l’Indénié-Djuablin pour des activités liées à la politique nationale de protection sociale, l’inspecteur technique Ako Adingra a salué les performances enregistrées par le projet.

Selon lui, WURI a contribué à renforcer les fondements de l’État social voulu par le Président de la République, en facilitant l’accès des populations aux mécanismes de protection sociale, notamment à travers la Couverture maladie universelle (CMU).

« Aujourd’hui, 23 millions d’Ivoiriens ont été enrôlés à la Couverture maladie universelle, dont 13 millions disposent déjà de leur carte leur permettant d’accéder à des soins à moindre coût », a-t-il indiqué.

Pour le représentant du ministre, ces résultats témoignent de l’impact concret du projet sur le quotidien des populations et constituent un acquis que le gouvernement entend préserver à travers une appropriation durable par les citoyens.

Plus de 8 500 villages touchés

Coordonnateur du projet WURI Côte d’Ivoire, le préfet hors grade Diakalidia Konaté a souligné que les années 2023 et 2024 ont marqué un tournant stratégique dans la mise en œuvre du programme.

Le transfert du projet sous la tutelle du ministère de l’Emploi et de la Protection sociale ainsi que la signature d’une convention de partenariat avec la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ont permis d’accélérer considérablement les opérations d’enrôlement.

« Nous avons connu un progrès significatif du nombre de personnes enrôlées à la CMU. Le projet a également renforcé les capacités techniques de la CNAM à travers des équipements informatiques, des serveurs et des solutions logicielles permettant de gérer efficacement les données collectées », a-t-il expliqué.

Au-delà des infrastructures technologiques, le projet a mis en place 509 comités locaux de sensibilisation et de mobilisation communautaire. Ces structures ont joué un rôle essentiel dans l’information des populations sur les avantages de la CMU et dans l’accompagnement des campagnes d’enrôlement.

Selon le coordonnateur, l’ensemble des 8 500 villages du pays a été impacté par les activités du projet.

Une avancée majeure dans l’interopérabilité des systèmes

L’un des acquis majeurs mis en avant lors de l’atelier concerne la création d’un cadre national d’interopérabilité entre plusieurs institutions publiques.

Grâce aux solutions développées dans le cadre de WURI, il est désormais possible d’authentifier les retraités du secteur privé et du secteur public à partir d’un identifiant unique lié au numéro de sécurité nationale.

Cette innovation a permis la mise en place d’une plateforme biométrique de preuve de vie destinée aux pensionnés de la CNPS et de la CGRAE.

Pour Diakalidia Konaté, cette avancée constitue une étape importante dans la modernisation de l’administration publique ivoirienne.

« Aujourd’hui, nous avons créé un environnement institutionnel où les différentes bases de données peuvent communiquer entre elles. Cela facilite l’accès aux services et renforce l’inclusion sociale », a-t-il affirmé.

Une réponse aux enjeux de cybersécurité

Interrogé sur les risques liés aux cyberattaques qui ont récemment affecté certains systèmes d’identification dans la sous-région, notamment au Sénégal, le coordonnateur du projet s’est voulu rassurant.

Selon lui, l’approche basée sur l’interopérabilité offre davantage de résilience qu’un système reposant sur des bases de données isolées.

« Lorsque les systèmes sont interconnectés et disposent de mécanismes de sauvegarde et de continuité de service, les risques de paralysie totale sont considérablement réduits », a-t-il expliqué.

Il a également annoncé que les prochaines évolutions technologiques permettront aux retraités d’effectuer certaines démarches à distance, notamment la preuve de vie numérique, sans avoir à se déplacer.

Un héritage appelé à perdurer

Bien que le projet WURI arrive officiellement à son terme à la fin du mois de juin 2026, ses promoteurs estiment que son héritage continuera de produire des effets dans les années à venir.

Avec près de 25 millions de personnes enregistrées dans les bases de données liées à l’écosystème d’identification et de protection sociale, le dispositif constitue désormais un outil stratégique pour l’État ivoirien.

Les solutions techniques développées dans le cadre du projet seront progressivement intégrées à d’autres programmes gouvernementaux de digitalisation et de modernisation des services publics.

Pour les responsables du projet, l’enjeu dépasse désormais la simple délivrance d’une identité administrative. Il s’agit surtout de garantir aux populations un accès facilité aux soins, aux prestations sociales et aux services de base.

À travers WURI, la Côte d’Ivoire aura ainsi posé les jalons d’un système d’identification moderne, inclusif et interconnecté, considéré aujourd’hui comme l’un des piliers de la construction de l’État social et de la transformation numérique du pays.

Médard KOFFI