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À l’occasion de la Fête des Mères, Yaya Fofana rend hommage aux mères ivoiriennes et appelle l’État à renforcer leur protection, leur santé, leur autonomisation et leur rôle dans l’avenir national.
Par Yaya Fofana, président du MFA
En cette journée consacrée à la célébration des mères, je m’incline avec respect et reconnaissance devant toutes les mères de Côte d’Ivoire. Des rives de la lagune Ébrié aux savanes du Nord, des forêts de l’Ouest aux plaines de l’Est, elles portent, dans la discrétion et la dignité, le poids d’une nation en marche.
Mais célébrer les mères ivoiriennes ne consiste pas seulement à leur offrir des fleurs un dimanche de mai. C’est avant tout regarder leur réalité en face, avec lucidité, sincérité et courage.
La réalité ivoirienne nous interpelle
Chaque année, des centaines de femmes perdent encore la vie en donnant naissance. Derrière chaque chiffre se cachent une mère, une famille, un destin brisé. Dans de nombreuses localités rurales comme dans certains quartiers populaires de nos villes, des femmes continuent de faire face à des conditions sanitaires qui ne devraient plus exister dans une nation ambitieuse comme la nôtre.
Trop de jeunes filles voient encore leur avenir compromis par des mariages précoces ou forcés. Arrachées à l’école privée de leur liberté de choix et de leur autonomie, elles se retrouvent enfermées dans des réalités qu’elles n’ont pas choisies. Aucune société moderne ne peut accepter qu’une partie de sa jeunesse soit privée de son droit fondamental à l’éducation et à l’épanouissement.
Les violences faites aux femmes demeurent également une blessure profonde de notre société. Trop de mères vivent dans la peur, dans le silence ou dans la résignation. Les lois existent, mais leur application doit être renforcée afin que chaque femme puisse vivre dans la dignité, la sécurité et le respect.
Dans nos campagnes, des milliers de femmes cultivent la terre, nourrissent leurs familles et participent activement à la prospérité nationale. Pourtant, elles rencontrent encore de nombreuses difficultés pour accéder à la propriété foncière, au crédit et aux opportunités économiques. Leur contribution mérite davantage de reconnaissance et d’accompagnement.
L’heure des actes
Une nation qui célèbre ses mères une seule journée dans l’année tout en ignorant leurs difficultés le reste du temps ne leur rend pas véritablement hommage. La dignité des mères ivoiriennes doit être une priorité nationale permanente.
Nous devons investir davantage dans les infrastructures sanitaires, renforcer la protection des femmes et des jeunes filles, garantir l’accès à l’éducation pour toutes et favoriser l’autonomisation économique des femmes sur l’ensemble du territoire national.
Une Côte d’Ivoire forte est une Côte d’Ivoire qui protège, valorise et émancipe ses mères. Pas seulement dans les discours, mais dans les actes. Pas demain, mais dès aujourd’hui.
La grandeur d’une nation ne se mesure pas uniquement à ses infrastructures, à ses performances économiques ou à son rayonnement international. Elle se mesure également à la manière dont elle protège les plus vulnérables et accompagne celles qui donnent la vie. Les peuples qui avancent durablement sont ceux qui savent préserver leurs acquis tout en préparant avec sagesse la transmission d’un héritage de paix, de stabilité et de progrès aux générations futures. Les grandes œuvres d’un pays trouvent leur véritable accomplissement lorsqu’elles continuent de servir la nation bien au-delà de ceux qui les ont initiées.
Hommage aux mères de Côte d’Ivoire
J’adresse mes vœux les plus sincères et les plus chaleureux à toutes les mères de notre pays.
Votre courage force l’admiration. Votre résilience inspire le respect. Malgré les difficultés, les sacrifices et parfois l’indifférence, vous avez continué à porter vos familles, à éduquer vos enfants et à maintenir vivante l’espérance de notre nation.
Vous êtes les premières éducatrices, les gardiennes des valeurs, les artisanes silencieuses de la cohésion sociale et les piliers de notre avenir collectif.
La République vous doit davantage. La Nation vous doit reconnaissance. Et l’histoire retiendra que, souvent dans l’ombre, vous avez porté la Côte d’Ivoire à bout de bras.
La présente déclaration est un appel solennel à reconnaître, protéger et valoriser le rôle essentiel des mères dans la construction de notre nation.
En cette Fête des Mères, il nous appartient également de saluer toutes celles qui, souvent dans l’ombre, portent les espoirs de leurs familles et contribuent chaque jour à la stabilité de notre société. Leur engagement, leur courage et leur sens du sacrifice constituent une richesse inestimable pour la Côte d’Ivoire. Leur bien-être, leur sécurité et leur épanouissement doivent demeurer au cœur de nos priorités collectives.
À toutes les mères de Côte d’Ivoire, la Nation doit plus qu’un hommage. Elle vous doit la reconnaissance, la protection et la justice.
Car une nation qui abandonne ses mères finit toujours par abandonner son propre avenir.
Lorsque la mère souffre, la famille vacille. Lorsque la famille vacille, la société se fragilise. Et lorsque la société se fragilise, c’est la nation tout entière qui recule.
Le véritable développement ne se mesure pas seulement au nombre de routes construites, aux immeubles qui s’élèvent ou aux statistiques économiques. Il se mesure aussi au sourire d’une mère qui accouche en sécurité, à la jeune fille qui reste à l’école, à la femme qui vit sans peur et à la famille qui retrouve l’espérance.
Je forme le vœu que les prochaines années soient celles de la grande réconciliation entre la République et ses mères. Car la Côte d’Ivoire ne sera pleinement forte que lorsque chaque mère ivoirienne pourra regarder l’avenir avec confiance, dignité et fierté.
Plus qu’une célébration, cette journée doit être un engagement national. Un engagement à bâtir une société où chaque mère est respectée, protégée et valorisée. Un engagement à transmettre à nos enfants une Côte d’Ivoire plus juste, plus fraternelle et plus humaine.
Bonne Fête des Mères.
Que Dieu bénisse les mères de Côte d’Ivoire.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
Fait, le 30 mai 2026