Une vue de la rencontre
Une délégation d’hommes d’affaires maliens effectue une visite de travail de 48 heures en Côte d’Ivoire pour relancer les échanges commerciaux, sécuriser le transit des marchandises et renforcer le partenariat économique bilatéral.
Abidjan, 20 mai 2026 (crocinfos)— Une délégation d’hommes d’affaires maliens a entamé, mardi à Abidjan, une visite de courtoisie et de travail de 48 heures en Côte d’Ivoire, dans un contexte de relance progressive des relations commerciales entre les deux pays, marquées par des préoccupations liées au transit des marchandises et à la sécurisation des biens.
La mission a débuté à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, où les opérateurs économiques maliens ont été reçus par son président, Touré Faman. Cette rencontre s’inscrit dans une volonté commune de préserver les circuits économiques entre Abidjan et Bamako, deux capitales historiquement liées par d’importants flux commerciaux, notamment à travers le corridor ivoirien et le Port autonome d’Abidjan.
Dans son allocution de bienvenue, Touré Faman a rappelé la profondeur des relations entre la Côte d’Ivoire et le Mali, qu’il a présentés comme « deux pays frères » unis par l’histoire, la géographie, les échanges humains et les intérêts économiques. Évoquant les difficultés traversées par le Mali, il les a qualifiées d’« épreuve de Dieu », estimant qu’elles finiront par passer.
Le président de la Chambre de Commerce ivoirienne a également souligné que, malgré les divergences pouvant survenir dans les relations entre États, le président Alassane Ouattara a toujours accordé une place importante à la préservation des intérêts économiques entre les deux nations. Il a réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner les opérateurs maliens dans une logique de partenariat équilibré, au bénéfice des économies ivoirienne et malienne.
Au nom de la délégation malienne, Boubacar Tandia, vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali chargé de l’Industrie, a exposé plusieurs préoccupations des milieux d’affaires maliens. Celles-ci portent notamment sur la levée des entraves affectant certaines marchandises maliennes, ainsi que sur les garanties relatives à la sécurité des biens en transit.
Ces préoccupations touchent à des enjeux juridiques et économiques sensibles, notamment la fluidité du commerce sous-régional, la continuité des contrats commerciaux, la protection des marchandises et la confiance des opérateurs dans les mécanismes de transit. Au terme des échanges, Touré Faman a assuré que la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire travaillerait, avec l’appui des autorités compétentes, à l’examen des doléances exprimées.
La délégation malienne s’est ensuite rendue à la Direction générale du Port autonome d’Abidjan, infrastructure stratégique pour l’approvisionnement du Mali, pays sans littoral. Le directeur général du Port, Traoré Karim, a réaffirmé l’engagement des autorités ivoiriennes à répondre favorablement aux préoccupations des opérateurs maliens et à renforcer le partenariat économique bilatéral.
Pour Boubacar Tandia, l’enjeu dépasse les circonstances politiques. « Entre la Côte d’Ivoire et le Mali, il n’y a pas de palabre. Nous, opérateurs économiques maliens, ne nous intéressons pas à la politique. Notre priorité est de contribuer au développement de notre pays, pour le bonheur des deux peuples », a-t-il déclaré.
Cette visite traduit la volonté des milieux économiques des deux pays de maintenir ouverts les canaux de dialogue et de coopération. Elle intervient dans un contexte où la stabilité des échanges commerciaux demeure déterminante pour l’approvisionnement du Mali, mais aussi pour le dynamisme du Port d’Abidjan et des acteurs ivoiriens du transport, de la logistique et du commerce régional.
Athanase Kangah