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À Dianra, la Grande Nuit des Arts du Spectacle a mis fin, le 28 mars 2026, à la 5e édition du Kalieh Festival, consacrant trois jours d’immersion intense au cœur des traditions sénoufo.
Dianra, le 29 mars 2026 (crocinfos.net) – La Grande Nuit des Arts du Spectacle a clôturé le Kalieh Festival 2026 à Dianra, après trois jours d’immersion culturelle dédiés à la valorisation du patrimoine sénoufo.
Un final spectaculaire pour un festival en pleine affirmation
Du 26 au 28 mars 2026, Dianra a vibré au rythme de la 5ᵉ édition du Kalieh Festival, désormais incontournable dans la promotion du patrimoine culturel sénoufo en Côte d’Ivoire. Point d’orgue de l’événement, la Grande Nuit des Arts du Spectacle, organisée au foyer polyvalent, a offert une clôture à la hauteur des attentes, dans une ambiance festive et empreinte d’émotions.
L’événement s’est déroulé en présence de plusieurs autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses, ainsi que de nombreuses populations venues célébrer leur identité culturelle, notamment Koné Ladji, premier adjoint au maire de la commune de Dianra, le député Koné Gnangadjomon, ainsi que Ben Kayala Diabaté, chargé de mission, représentant le Haut Représentant du Président de la République, président du directoire du RHDP, Gilbert Koné Kafana.
Un festival itinérant enraciné dans les traditions
Lancé officiellement le 26 mars 2026 à Gbatosso autour du thème « Fo-Tamana », le Kalieh Festival a proposé une immersion progressive dans les richesses culturelles du département. Dès l’ouverture, le défilé de parures féminines sénoufo et les jeux traditionnels ont donné le ton d’un événement tourné vers la transmission des savoirs.
La deuxième étape, baptisée « Yé-Kadjo », a conduit les festivaliers le 27 mars 2026 à Faraba, une occasion pour le peuple Nigbi de faire montre de son savoir-faire à travers une succession de danses traditionnelles, notamment la danse Yaha, pratiquée par les femmes lors des accueils, des cérémonies de mariage et des travaux champêtres, la danse Kroubi, la danse Moussobabê et la danse Gbofé, sous l’œil vigilant et protecteur du chef de canton, Sa Majesté Mamadou Bamba.
Le point d’orgue de cette journée a été marqué par la visite d’un lieu sacré appelé « Gnôrô », ou « Faraba », situé dans la forêt classée de Foumbou.
Enfin, à Lenguedougou, le 28 mars 2026, lors de la phase « Nibon-Vada », les maîtres de forge ont dévoilé les secrets du travail du métal, symbole de puissance et de transmission intergénérationnelle dans la culture sénoufo. La visite de la case sénoufo, espace sacré, a renforcé cette immersion spirituelle.
Une clôture spectaculaire et symbolique
Au foyer polyvalent de Dianra, la Grande Nuit des Arts du Spectacle a tenu toutes ses promesses. Plusieurs troupes de danses traditionnelles, dont le Fonombigué de Lenguédougou, le Kolou de Lokolo et le N’Goron de Dalagbé, ont offert des prestations saluées par un public conquis.
Le balafon et les danses initiatiques, notamment le Tchokpey, ont mis en lumière les valeurs de résilience, d’apprentissage et de transmission propres aux rites sénoufo. Par leur énergie et leur créativité, les artistes ont transformé cette soirée en une véritable célébration identitaire.
Des appels forts pour la préservation du patrimoine
Au-delà de l’aspect festif, cette édition a été marquée par des prises de parole engagées. Représentant le Haut Représentant du Président de la République, Ben Kayala Diabaté a salué l’initiative et encouragé une implication accrue des institutions culturelles.
Le député Koné Gnangadjomon a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’un engagement collectif. « Le festival n’est pas une propriété privée », a-t-il déclaré, appelant les fils et filles du département à s’approprier cette initiative et à œuvrer pour sa pérennisation. Il a également plaidé pour son inscription dans le programme officiel de la mairie de Dianra.
Dans la même dynamique, le commissaire général, le professeur Nanourougo Coulibaly, a lancé un appel à la population à préserver et assumer son héritage culturel. Il a notamment souligné que la religion ne devrait pas constituer un frein à la valorisation des traditions locales.
Un levier de cohésion sociale et de développement
Au terme de cette 5e édition, le Kalieh Festival confirme son rôle de cadre d’expression culturelle, de transmission des savoirs et de renforcement de la cohésion sociale.
En réunissant artistes, autorités et populations autour d’un patrimoine commun, l’événement contribue à repositionner Dianra comme un pôle culturel dynamique du nord de la Côte d’Ivoire. Il s’impose également comme un levier de développement touristique, porté par une vision collective et inclusive.
Clôturant les festivités, le professeur Nanourougo Coulibaly a exprimé sa gratitude à l’ensemble des partenaires et participants, tout en présentant ses excuses pour les éventuelles insuffisances organisationnelles. Il a réaffirmé sa volonté de voir, à l’avenir, chaque édition se conclure au foyer polyvalent après une itinérance à travers les localités du département.
Médard KOFFI, envoyé spécial à Dianra