Lycée Professionnel et Technique d’Ebimpé
Le Collectif des Parents d’Élèves du Lycée Professionnel et Technique d’Ebimpé alerte sur les graves dysfonctionnements du service de restauration scolaire, mettant en danger la santé et la réussite des élèves pensionnaires.
Abidjan, le 22 mars 2026 (crocinfos)– Le Collectif des parents d’élèves du Lycée Professionnel et Technique d’Ebimpé a adressé une lettre ouverte au ministre de l’Emploi, de la Protection Sociale et de la Formation Professionnelle pour dénoncer les conditions alarmantes de restauration et de prise en charge alimentaire des élèves pensionnaires. Dans leur missive, les parents expriment leur préoccupation face aux dysfonctionnements graves dans la gestion du service de cantine scolaire de l’établissement, et réclament une intervention immédiate des autorités compétentes.
Un établissement clé pour la formation des jeunes
Le Lycée Professionnel et Technique d’Ebimpé, un établissement public de formation professionnelle d’envergure, est un projet phare dans le cadre de la politique de formation de la jeunesse ivoirienne. Il a pour vocation de préparer des jeunes à devenir des professionnels compétents, en phase avec les besoins de l’économie nationale. Mais au-delà de l’aspect académique, l’établissement a également la responsabilité de garantir des conditions de vie adéquates pour ses élèves, notamment ceux vivant à l’internat, ce qui inclut une alimentation saine et suffisante.
"Deux ans après la pose de la première pierre (24 janvier 2022), ce lycée installé sur un site de 20,64 ha, dont 10,46 ha bâtis a une capacité d’accueil de 2 000 apprenants dont 1600 à l'internat. À en croire, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, à l’époque, le lycée devrait accueillir ses premiers pensionnaires en 2025. Fruit de la coopération sino-ivoirienne, ce lycée entre dans le cadre de la construction de sept (7) lycées professionnels sur le territoire national, à savoir, Yamoussoukro, Diabo, Dabakala, Korhogo, Kong et Gbéléban. Et ce, pour la construction d’une Côte d’Ivoire plus industrielle. "La construction des lycées professionnels marque la volonté du Président de la République de former les jeunes, leur permettre d’acquérir des connaissances solides et voir éclore une main-d’œuvre compétente pour tirer le pays vers le haut", a affirmé Robert Beugré Mambé.
Or, depuis plusieurs semaines, les parents d’élèves rapportent des problèmes récurrents concernant la qualité et la quantité des repas servis dans le pensionnat. Selon les témoignages recueillis, les portions sont insuffisantes pour satisfaire les besoins nutritionnels des jeunes en pleine croissance, et la qualité des repas ne répond pas aux standards sanitaires requis.
Dysfonctionnements et carences signalés
Le Collectif des parents d’élèves déplore également des problèmes d’organisation dans le service de restauration, causant des files d’attente interminables et un climat de désordre, particulièrement pendant les heures de repas. Ce manque de structure organisationnelle mène à des bousculades fréquentes, mettant en danger la sécurité des élèves. De plus, plusieurs élèves auraient exprimé leur frustration en renonçant à se rendre au réfectoire, faute de pouvoir être servis dans des conditions convenables.
Les familles ont également signalé une dégradation dans la qualité nutritionnelle des repas, avec des préoccupations sur la conservation et la préparation des aliments, soulevant ainsi des risques potentiels pour la santé des élèves. Ces difficultés surviennent dans un contexte déjà sensible, marqué par les périodes de Carême chrétien et de Ramadan, où l’organisation des repas doit être particulièrement réfléchie pour respecter les contraintes alimentaires de nombreux élèves.
Des risques pour la santé et la réussite scolaire
Le Collectif des parents d’élèves attire l’attention sur les impacts directs de cette situation sur les élèves. Un régime alimentaire insuffisant et de mauvaise qualité risque d’entraîner des carences nutritionnelles, affectant la concentration et la performance académique des élèves. De plus, un environnement marqué par le mécontentement et la frustration risque de nuire à la motivation des jeunes, et d’impacter leur engagement dans leurs études et leur formation.
Les parents soulignent également l’absence de communication et de concertation entre l’administration de l’établissement et les familles. À ce jour, aucune solution concrète n’a été proposée pour remédier à ces difficultés, et l’absence d’un cadre formel de dialogue persiste, exacerbant le climat de mécontentement.
Des demandes claires pour une intervention urgente
Face à cette situation préoccupante, le Collectif des Parents d’Élèves a formulé des demandes précises dans sa lettre adressée au ministre. Les parents exigent la mise en place d’une mission d’inspection pour évaluer les conditions de vie et de restauration des élèves, ainsi qu’un audit complet du système d’approvisionnement et de gestion de la cantine scolaire. Ils demandent également un renforcement des contrôles sanitaires et de la qualité des repas, ainsi qu’une meilleure organisation du service de restauration afin de garantir la sécurité et l’ordre au réfectoire.
En outre, le Collectif insiste sur la nécessité de créer un cadre permanent de concertation entre les parents et l’administration, afin de garantir un suivi régulier de la situation et d’assurer une réponse rapide aux préoccupations des familles.
Une école à la croisée des chemins
Le Lycée Professionnel et Technique d’Ebimpé, un projet d’envergure visant à former une jeunesse apte à répondre aux défis du développement économique de la Côte d’Ivoire, doit garantir des conditions de vie dignes et propices à la réussite scolaire de ses élèves. L’alerte lancée par le Collectif des parents d’élèves met en lumière l’urgence d’une intervention ministérielle pour remédier à la situation.
Les parents espèrent qu’une action rapide sera prise pour améliorer la prise en charge alimentaire des élèves et garantir leur bien-être, afin de leur offrir les meilleures conditions pour réussir leurs études et leur insertion professionnelle. Dans l’attente de mesures concrètes, les familles restent mobilisées et continuent de plaider pour le respect des droits et des conditions de vie de leurs enfants.
Le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle a ainsi la lourde responsabilité de s’assurer que ce lycée, pilier de la formation technique et professionnelle en Côte d’Ivoire, offre un cadre de vie et d’apprentissage propice à la réussite de la jeunesse ivoirienne.
Charles KPAN