Yaya Fofana, président du MFA.jpg
Les PME, moteur de la croissance inclusive, jouent un rôle central dans la transformation de la Côte d’Ivoire. En soutenant l’entrepreneuriat local, elles favorisent l’inclusion économique et renforcent la résilience sociale du pays.
Par Yaya Fofana, président du MFA
La dynamique de transformation engagée par la Côte d’Ivoire repose sur des choix stratégiques visant à consolider la croissance, moderniser l’économie et améliorer durablement les conditions de vie des populations. Dans cette trajectoire, les petites et moyennes entreprises occupent une place essentielle.
Présentes dans l’ensemble des régions, les PME contribuent significativement à la création d’emplois, à l’animation du tissu économique local et à la diversification des activités productives. Elles constituent un levier majeur d’inclusion économique et de résilience sociale, en rapprochant l’initiative privée des besoins concrets des territoires.
Au regard de cette contribution déterminante, la question du renforcement du cadre institutionnel dédié aux PME mérite une attention particulière. L’enjeu est d’assurer une action publique plus cohérente, plus lisible et davantage orientée vers les résultats au bénéfice des entrepreneurs.
La perspective d’un dispositif institutionnel spécifiquement dédié aux PME s’inscrit dans cette recherche d’efficacité. Une telle orientation permettrait de consolider la coordination des politiques publiques relatives au financement, à l’accès aux marchés, à l’adaptation du cadre fiscal, à la formalisation progressive du secteur informel, au renforcement des capacités et à l’accompagnement de l’innovation.
Une gouvernance mieux structurée favoriserait la simplification des démarches administratives, l’harmonisation des interventions publiques et un suivi plus rigoureux des programmes mis en œuvre. Elle renforcerait également le dialogue entre l’État, les organisations professionnelles, les collectivités territoriales et les partenaires techniques et financiers.
Les PME jouent en outre un rôle déterminant dans la création de richesse nationale. En soutenant l’investissement productif, en stimulant l’entrepreneuriat local et en favorisant la transformation des ressources, elles participent directement à l’élargissement de la base économique du pays.
Dans le même esprit, la lutte contre le chômage en particulier celui des jeunes appelle un accompagnement renforcé des initiatives entrepreneuriales. Un appui financier encadré, transparent et orienté vers la performance permettrait de faciliter l’accès au capital, de sécuriser les parcours entrepreneuriaux et de soutenir durablement la création d’emplois décents sur l’ensemble du territoire.
Une politique ambitieuse en faveur des PME doit également se traduire par une présence renforcée auprès des populations populaires et défavorisées. En rapprochant les dispositifs d’appui des réalités de terrain, l’État favorise l’inclusion économique, stimule l’auto-emploi et offre aux couches les plus vulnérables des perspectives concrètes d’autonomisation et de dignité par l’activité productive.
Le renforcement du tissu entrepreneurial constitue également une réponse structurelle aux défis migratoires auxquels notre pays est confronté. En créant des opportunités économiques locales, en offrant des perspectives professionnelles crédibles aux jeunes et en valorisant l’initiative nationale, l’appui aux PME contribue à réduire les facteurs de départ liés à l’absence d’emploi et à la précarité.
Par ailleurs, la clarté institutionnelle constitue un facteur important d’attractivité. Offrir aux PME un cadre de pilotage identifié contribuerait à renforcer la crédibilité de la stratégie nationale de promotion du secteur privé et à consolider la confiance des investisseurs.
Toute évolution institutionnelle gagnerait naturellement à s’inscrire dans une logique de rationalisation de l’action publique, en veillant à l’optimisation des ressources, à la mutualisation des compétences et à la simplification des structures existantes.
Les défis auxquels font face les PME demeurent structurants. L’accès à des financements adaptés, la meilleure intégration aux chaînes de valeur, la participation accrue aux marchés publics, la modernisation technologique, la compétitivité et la prise en compte des spécificités régionales appellent une approche coordonnée, continue et stratégiquement pilotée.
Dans le contexte ivoirien, quatre orientations opérationnelles pourraient renforcer efficacement cet élan.
Premièrement, la création d’un ministère spécifiquement dédié aux PME, disposant d’un mandat clair de pilotage stratégique, de coordination des dispositifs publics et de suivi évaluation des politiques d’appui au tissu entrepreneurial national.
Deuxièmement, la mise en place d’un mécanisme national de financement mixte associant ressources publiques, banques locales et garanties de l’État afin de proposer des crédits adaptés aux cycles réels des PME avec des taux soutenables et un accompagnement technique obligatoire.
Troisièmement, la création de pôles régionaux d’appui aux entrepreneurs adossés aux collectivités territoriales permettant d’offrir un guichet unique de formalisation, de conseil juridique et fiscal, de formation en gestion et d’accompagnement à la transformation numérique.
Quatrièmement, l’instauration d’un dispositif renforcé de contenu local dans les marchés publics et les grands projets favorisant l’intégration progressive des PME ivoiriennes aux chaînes de valeur nationales et régionales tout en améliorant leur compétitivité.
Renforcer le cadre institutionnel dédié aux PME constituerait ainsi un levier pertinent pour améliorer la cohérence de l’action publique, soutenir la création de richesse, lutter durablement contre le chômage et faire de l’entrepreneuriat un moteur d’ancrage des talents sur le territoire national.
Soutenir les PME, c’est consolider les bases d’un développement équilibré, encourager l’initiative nationale et renforcer la capacité productive du pays au service de l’intérêt général.
La Côte d’Ivoire dispose d’une jeunesse talentueuse, d’entrepreneurs audacieux et d’un potentiel économique considérable. En créant les conditions d’un environnement favorable aux PME, notre pays peut transformer cette énergie en prospérité partagée, en emplois durables et en confiance retrouvée. L’espérance économique naît lorsque l’initiative est soutenue, lorsque l’effort est récompensé et lorsque chaque citoyen peut croire en sa capacité de réussir chez lui, pour lui et pour la Nation.
Fait le 7 mars 2026