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L’ONG Les Enfants de la Nature tire la sonnette d’alarme sur la déforestation accélérée en Côte d’Ivoire. La disparition des forêts menace le climat, la biodiversité et l’économie nationale avant 2035.
ABIDJAN (Côte d’Ivoire), 27 mai 2026 (crocinfos)— L’ONG Les Enfants de la Nature (LEN) a lancé une alerte sur la dégradation rapide du patrimoine forestier ivoirien, estimant que la disparition des forêts primaires pourrait devenir irréversible si des mesures fortes ne sont pas prises dans les cinq prochaines années.
Dans un communiqué diffusé à Abidjan, l’organisation, active depuis 2009 dans la défense de l’environnement, affirme qu’il ne resterait plus que 2,97 millions d’hectares de forêt en Côte d’Ivoire, soit moins de 9 % du territoire national. Selon LEN, le pays perdrait chaque année entre 300 000 et 400 000 hectares de couvert forestier, alors que les efforts de reboisement restent très inférieurs aux pertes constatées.
L’ONG met principalement en cause l’extension des cultures de cacao, l’orpaillage clandestin, les coupes illicites de bois et les feux de brousse. Elle soutient qu’une part importante de la production nationale de cacao proviendrait de zones protégées ou de forêts classées. Elle signale également la présence de centaines de sites d’orpaillage illégal, avec des risques de pollution au mercure et au cyanure.
Les forêts classées et les parcs nationaux, qui devraient constituer un rempart écologique, seraient insuffisamment protégés, selon LEN. L’organisation dénonce le manque d’agents, d’équipements, de patrouilles et de moyens logistiques, ainsi que des complicités locales favorisant l’installation d’activités agricoles et minières dans les réserves.
Au-delà de l’enjeu environnemental, LEN insiste sur les conséquences économiques et sociales : baisse de la pluviométrie, assèchement de cours d’eau, dégradation des sols, recul de la biodiversité, tensions foncières et risques sanitaires liés à la contamination des eaux.
L’ONG appelle le gouvernement à instaurer un moratoire sur toute nouvelle exploitation dans les zones protégées encore intactes, à renforcer les moyens de la SODEFOR et de l’OIPR, à assurer la traçabilité intégrale du cacao d’ici 2027 et à lancer un plan national de reboisement de 300 000 hectares par an.
Pour LEN, la forêt ivoirienne n’est pas seulement un patrimoine naturel : elle constitue un socle vital pour l’agriculture, l’eau, le climat et l’économie nationale.
Athanase Kangah