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La Direction de la Formation Artistique et Culturelle (DFAC) réunit, du 6 au 8 octobre 2026 à Abidjan, enseignants, experts et responsables autour de la pédagogie, de l’innovation, du numérique et de l’intelligence artificielle, en vue d’améliorer la qualité de l’enseignement artistique et culturel.
Abidjan, le 6 octobre 2026 (crocinfos.net) – La Bibliothèque nationale de Côte d’Ivoire (BNCI), au Plateau à Abidjan, accueille, du 6 au 8 octobre 2026, un séminaire national consacré au recyclage et au renforcement des capacités didactiques et pédagogiques des enseignants du secondaire artistique et culturel.
Initiée par la Direction de la Formation Artistique et Culturelle (DFAC), cette rencontre rassemble enseignants, inspecteurs pédagogiques, chefs d’établissement, experts et responsables institutionnels autour d’un enjeu majeur : améliorer la qualité de l’enseignement artistique et culturel en Côte d’Ivoire (EEAC).
Pendant trois jours, les travaux portent notamment sur l’actualisation des pratiques pédagogiques et didactiques, l’harmonisation des méthodes d’évaluation, le partage d’expériences ainsi que l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle dans les pratiques d’enseignement.
Dans son mot de bienvenue, la directrice de la DFAC, Mme Compaoré Tibo Sally épouse Koffi, a salué la présence des responsables institutionnels, des inspecteurs pédagogiques, des chefs d’établissement, des experts et des enseignants.
Elle a particulièrement remercié la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, pour son soutien à l’organisation de cette initiative. Selon elle, cet appui traduit une conviction forte : la qualité de l’enseignement artistique et culturel dépend largement de la qualité de ceux qui assurent sa transmission.
« En faisant du renforcement des capacités des enseignants une priorité, Madame la Ministre investit dans notre jeunesse, dans nos métiers artistiques et, plus largement, dans l’avenir de notre culture », a-t-elle souligné.
Pour la responsable de la DFAC, le séminaire ne doit pas être considéré comme une simple activité inscrite au calendrier administratif. Il constitue plutôt un cadre de réflexion collective permettant d’analyser les pratiques, d’identifier les difficultés et de partager les expériences.
La rencontre intervient à la suite des missions de suivi et d’encadrement pédagogique conduites dans les établissements. Ces actions ont permis de relever des acquis, notamment la maîtrise des contenus et l’engagement des enseignants, mais également plusieurs points nécessitant des améliorations.
Il s’agit notamment de la gestion du plan d’évaluation, de l’utilisation des outils informatiques, de la remédiation ainsi que de l’exploitation pédagogique des productions des apprenants.
Pour la DFAC, ces constats ne constituent pas des reproches, mais plutôt des points de départ pour renforcer les pratiques professionnelles et mieux répondre aux évolutions du métier d’enseignant.
L’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle occupe une place importante dans les travaux.
La DFAC entend promouvoir une utilisation pertinente, responsable et maîtrisée de ces technologies dans l’enseignement artistique et culturel. L’objectif n’est pas de substituer les outils technologiques à l’enseignant, mais de les utiliser comme des instruments complémentaires au service des apprentissages.
« Non pas pour remplacer l’enseignant, mais pour offrir au professeur un véritable allié, à condition de l’utiliser avec discernement et responsabilité », a expliqué la directrice de la DFAC.
Elle a résumé cette orientation par une formule : « Car l’essentiel n’est pas l’outil. L’essentiel, c’est l’enseignant. »
Les participants sont ainsi invités à explorer les possibilités offertes par les outils numériques et l’intelligence artificielle pour préparer les cours, rechercher des ressources, diversifier les activités pédagogiques et accompagner les apprenants, tout en veillant à vérifier les informations produites.
Prenant la parole au nom de la ministre de la Culture et de la Francophonie, le directeur de Cabinet adjoint, Mansoh Gethème Mango, a salué l’engagement de la DFAC dans l’organisation de cette activité placée sous le haut patronage de Françoise Remarck.
Il a rappelé l’importance de l’éducation artistique et culturelle dans le développement de la créativité, de la sensibilité et des compétences de la jeunesse.
« Renforcer les capacités de ceux qui assurent cette mission constitue un investissement majeur pour l’avenir de notre jeunesse », a-t-il indiqué.
Le représentant de la ministre a également appelé les participants à mettre à profit ces trois journées pour renouveler leurs pratiques pédagogiques à travers des approches innovantes, l’utilisation des outils numériques et de l’intelligence artificielle, ainsi que le partage d’expériences et de bonnes pratiques.
Il les a invités à faire du séminaire un espace d’échanges, d’apprentissage mutuel et de construction collective, afin que les acquis puissent se traduire concrètement dans les établissements.
Au-delà des discours officiels, une plénière d’orientation a permis de présenter les orientations pédagogiques de la DFAC et les principaux enjeux liés à la qualité des enseignements.
Cette séquence a été animée par le Sous-directeur de la Pédagogie et des Conservatoires (SDPC), Koné Zié Jean Laurent.
Pour lui, le séminaire constitue une occasion de prendre du recul sur les acquis, de partager les expériences et de rechercher collectivement des solutions concrètes aux difficultés rencontrées dans les établissements.
Les participants sont répartis en ateliers selon trois spécialités : arts plastiques, éducation musicale et art dramatique.
Ces travaux doivent permettre d’analyser les pratiques existantes, d’harmoniser les approches pédagogiques et de concevoir des outils directement exploitables en classe.
Les ateliers doivent notamment déboucher sur l’élaboration de séquences pédagogiques harmonisées, de fiches de bonnes pratiques, d’outils d’évaluation et de ressources numériques adaptés aux différentes spécialités.
Ces productions seront présentées en séance plénière et soumises aux échanges avec les experts et les inspecteurs pédagogiques.
L’objectif est de parvenir à des recommandations concrètes susceptibles d’améliorer et d’harmoniser les pratiques dans les Établissements d’Enseignement Artistique et Culturel.
Un rapport de synthèse par atelier ainsi qu’un rapport général du séminaire sont également attendus. Une sélection d’outils numériques et d’applications d’intelligence artificielle adaptés à chaque spécialité devrait compléter ces livrables.
Les recommandations validées doivent, à terme, servir de base à une feuille de route pour leur mise en œuvre dans les EEAC.
Dans son intervention, Koné Zié Jean Laurent a également insisté sur la nécessité d’adapter l’évaluation aux spécificités de l’enseignement artistique.
Dans ces disciplines, a-t-il rappelé en substance, l’apprenant doit pouvoir observer, expérimenter, créer, produire et analyser. L’évaluation ne devrait donc pas porter uniquement sur le résultat final, mais également prendre en compte la technique, la créativité et les progrès réalisés.
Cette approche doit contribuer à mieux valoriser les compétences acquises par les apprenants et à adapter les pratiques d’évaluation aux réalités des disciplines artistiques.
Pour la directrice de la DFAC, la mission des enseignants dépasse la seule transmission des connaissances nécessaires à la réussite scolaire.
« Nous ne formons pas seulement des élèves pour réussir un cours ou un examen. Nous contribuons à former les artistes, les créateurs et les professionnels de la culture de demain », a-t-elle relevé.
Chaque amélioration apportée aux méthodes d’enseignement est ainsi appelée à produire des effets au-delà de la salle de classe, en contribuant à la formation des futures générations d’acteurs du secteur culturel.
Au terme des trois jours, l’ambition affichée par les organisateurs est de permettre à chaque participant de repartir avec des outils concrets, des ressources pédagogiques et des pratiques directement utilisables dans son établissement.
À travers ce séminaire, la DFAC entend donc passer du simple renforcement ponctuel des capacités à une dynamique plus durable d’amélioration des pratiques pédagogiques.
L’enjeu est double : accompagner les enseignants face aux transformations du métier et garantir aux apprenants un enseignement artistique et culturel mieux adapté à leurs besoins et aux évolutions technologiques.
La validation des travaux et des recommandations devrait constituer une étape importante vers l’élaboration d’une feuille de route destinée à assurer leur appropriation et leur mise en œuvre dans les établissements d’enseignement artistique et culturel.
Médard KOFFI