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C R O C I N F O S

[À LA MÉMOIRE DU GÉNÉRAL ROBERT GUÉI] Le témoignage poignant de sa fille Mireille, 24 ans après

[À LA MÉMOIRE DU GÉNÉRAL ROBERT GUÉI] Le témoignage poignant de sa fille Mireille, 24 ans après

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Vingt-quatre ans après. Mireille Guei brise le silence.

Abidjan, le 19 septembre 2026 (crocinfos) – À la veille du 19 septembre, date anniversaire de l'assassinat du Général Robert Guéi en 2002, sa fille a publié un témoignage bouleversant, entre douleur intime et leçon pour la Nation.

Pas de règlement de comptes. Pas de rancœur. Un appel au devoir de mémoire.

"Vingt-quatre années se sont écoulées depuis que tu nous as quittés, Papa, laissant derrière toi une page douloureuse et importante de l’histoire de la Côte d’Ivoire."

Pour Mireille Guei, le temps n'efface rien. "Le temps passe, les générations se renouvellent, les blessures cherchent peu à peu à s’apaiser, mais certaines absences demeurent profondément présentes dans nos cœurs et dans la mémoire collective."

Elle refuse le récit simpliste. Commémorer son père, dit-elle, "c’est se souvenir d’un père, d’un homme en uniforme, d’un chef militaire et d’un acteur de l’histoire de notre pays. Mais c’est aussi regarder avec lucidité le parcours d’un homme dont le destin demeure lié à une période particulièrement complexe de l’histoire ivoirienne."

"Le devoir de mémoire ne doit pas être un devoir de rancœur"

C'est la phrase forte de son texte. Pour la fille de l'ancien Chef de l'État, se souvenir ne doit pas servir à diviser.

"Papa, ton histoire nous rappelle que l’histoire d’une nation n’est jamais faite de récits simples. Elle est faite de courage et de fragilités, d’espérances et de désillusions", écrit-elle.

Elle veut garder de son père, au-delà des circonstances tragiques de sa mort avec son épouse et plusieurs proches le 19 septembre 2002 à Abidjan, "le sens du devoir, la loyauté, le courage, l’amour de la patrie et le respect de la dignité humaine."

Et lance un message qui résonne fort à quelques semaines de la présidentielle :

"Le plus bel hommage que nous puissions te rendre aujourd’hui est de préserver ta mémoire sans haine, de raconter notre histoire avec vérité et de transmettre aux jeunes générations les leçons de notre passé. Une nation grandit lorsqu’elle sait se souvenir de ses morts avec dignité, sans transformer leur mémoire en instrument de division."

Elle conclut par une prière intime, qui est aussi une prière pour la Côte d'Ivoire :

"Que le temps apaise les douleurs. Que la vérité éclaire l’histoire. Que la mémoire demeure vivante sans nourrir la haine. Et que la Côte d’Ivoire poursuive résolument son chemin vers la paix, la réconciliation, l’unité et la fraternité. Repose en paix, Général. Repose en paix, Papa."

Un témoignage qui, 24 ans après, replace le Général Robert Guéi dans l'histoire, mais surtout dans le cœur d'une fille.

Médard KOFFI