Le Tribunal de Première Instance d’Abidjan a condamné Danho Gnamoussou Guy Roland à 12 mois de prison ferme dans un litige foncier à Riviera M’Badon
Le Tribunal de Première Instance d’Abidjan a condamné Danho Gnamoussou Guy Roland à 12 mois de prison ferme dans un litige foncier à Riviera M’Badon, ravivant les tensions sur les ventes contestées à Cocody, Abidjan.
Abidjan (Côte d’Ivoire), le 17 mai 2026 (crocinfos)---Le contentieux foncier qui secoue depuis plusieurs années la zone de Riviera M’Badon, dans la commune de Cocody, connaît un nouveau développement judiciaire. Danho Gnamoussou Guy Roland, ancien candidat aux élections municipales de Cocody et président des jeunes de M’Badon, a été condamné par le Tribunal de Première Instance d’Abidjan à 12 mois d’emprisonnement ferme, à une amende de 500 000 FCFA et au paiement de 20 millions de FCFA de dommages et intérêts à la partie civile, dans une affaire liée à une transaction foncière litigieuse.
Selon l’attestation du plumitif n°217/2026 délivrée le 8 mai 2026 par le greffe du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, le tribunal correctionnel, statuant en audience publique le 5 mai 2026, a requalifié les faits initialement poursuivis sous la qualification « d’escroquerie portant sur la somme de 20 millions de FCFA » en « extorsion de fonds », avant de déclarer le prévenu coupable des faits ainsi requalifiés.
L’affaire s’inscrit dans un climat de fortes tensions autour de plusieurs parcelles situées dans le lotissement M’Badon Nouebé. Il est reproché à Danho Gnamoussou Guy Roland ainsi qu’à plusieurs de ses présumés complices d’avoir empêché un propriétaire de jouir de son terrain et de lui avoir extorqué, sous la contrainte, plusieurs millions de francs CFA.
Selon des éléments du dossier, une clôture en tôle aurait notamment été érigée autour de la parcelle litigieuse afin d’en bloquer l’accès, malgré l’existence de décisions judiciaires reconnaissant les droits du propriétaire sur le site. Parmi celles-ci figurent l’arrêt n°245 rendu le 23 juillet 2024 par la Cour d’Appel d’Abidjan ainsi que l’arrêt n°247 du 15 mai 2025 de la Cour de Cassation, qui auraient confirmé les droits du détenteur légal de la parcelle.
Cette nouvelle condamnation relance les interrogations sur la persistance des conflits et des ventes litigieuses dans cette partie de Cocody, pourtant marquée par plusieurs décisions de justice. Malgré les procédures judiciaires engagées et les décisions rendues, certains acteurs continuent de commercialiser ou d’occuper des terrains dont la propriété demeure contestée ou déjà tranchée par les juridictions compétentes.
Une situation qui remet une nouvelle fois en lumière les dérives récurrentes du foncier urbain à Abidjan, où les litiges liés à la propriété des terrains continuent d’alimenter tensions, procédures judiciaires et accusations de spoliation.
Athanase Kangah avec une correspondance particulière