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Un collectif de journalistes ivoiriens réclame la mise en place urgente d’une administration provisoire à la tête de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire, estimant que les organes dirigeants sont devenus illégitimes depuis fin février 2026.
Abidjan, le 11 mars 2026 (crocinfos.net) – La crise institutionnelle qui secoue l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) prend une nouvelle tournure. Dans une déclaration officielle dont nous avons reçu copie, le Collectif pour le Respect des Textes de l’UNJCI affirme que l’organisation professionnelle des journalistes ivoiriens se trouve désormais sans dirigeants légitimes, depuis l’expiration des mandats des organes dirigeants le 27 février 2026.
Selon le collectif, tous les organes issus du congrès du 26 novembre 2022 sont aujourd’hui frappés de forclusion, mettant fin à leur légitimité statutaire. « Aucun des anciens responsables ne dispose désormais de la moindre légitimité pour poser un acte au nom de l’organisation », soutient le collectif, estimant que toute décision prise depuis cette date serait juridiquement « nulle et de nul effet ».
Une fin de mandat contestée
Le Conseil exécutif et le Conseil d’administration de l’UNJCI avaient été élus pour un mandat de trois ans, arrivé à échéance le 26 novembre 2025. Les textes de l’organisation prévoyaient toutefois un délai supplémentaire de 90 jours pour permettre l’organisation du congrès de renouvellement.
Mais, selon le collectif, ce délai exceptionnel n’a pas été mis à profit pour préparer le 12ᵉ congrès de l’organisation. Les responsables sortants sont accusés d’« inaction » et de « manipulation des textes », ayant conduit l’UNJCI dans une impasse institutionnelle.
Pour les signataires de la déclaration, la crise actuelle n’est pas le fruit du hasard, mais plutôt « la conséquence directe d’une gestion irresponsable, opaque et contraire aux textes ».
Des manquements aux obligations statutaires
Le collectif dénonce également plusieurs violations des règles internes de l’organisation. Parmi celles-ci figure le non-respect d’une résolution adoptée lors du congrès de 2022, qui prévoyait l’organisation, dans un délai de six mois, d’un congrès extraordinaire consacré à la réforme des textes de l’UNJCI.
Selon la déclaration, cette résolution n’a jamais été appliquée.
De plus, aucune Assemblée générale n’aurait été organisée durant tout le mandat, en contradiction avec les dispositions du règlement intérieur.
Pour le collectif, ces manquements témoignent d’une volonté délibérée de gouverner l’organisation en dehors de ses propres règles.
Une organisation contestée du congrès
La préparation du 12ᵉ congrès fait également l’objet de vives critiques. Les textes prévoient que le fichier électoral doit être publié trois mois avant la tenue du congrès, afin de garantir la transparence du processus.
Or, selon le collectif, cette obligation n’a pas été respectée.
Malgré l’absence du fichier électoral, le Conseil d’administration avait fixé, dans un communiqué daté du 11 décembre 2025, les dates du congrès aux 13 et 14 février 2026.
Le collectif considère cette décision comme une « violation flagrante des textes », estimant qu’un processus électoral ne peut être engagé sans que le corps électoral soit clairement établi.
La fixation d’une campagne électorale du 30 décembre 2025 au 15 janvier 2026, alors que la liste des électeurs n’était pas connue, est également dénoncée comme une « improvisation totale ».
La controverse autour d’une candidature
La déclaration évoque également la controverse liée à l’éligibilité de Franck Ettien, dont la carte de journaliste professionnel aurait été annulée pour fausse déclaration.
Malgré cette situation, certains responsables continueraient, selon le collectif, de soutenir sa candidature, ce qui serait interprété comme une tentative de « confisquer le processus électoral ».
Une action en justice engagée
Face à cette situation, le Collectif pour le Respect des Textes de l’UNJCI indique avoir saisi la justice afin d’obtenir l’annulation du congrès extraordinaire organisé le 25 février 2026.
Selon ses membres, ce congrès aurait été convoqué dans des conditions contraires aux statuts et au règlement intérieur de l’organisation.
Une éventuelle décision judiciaire d’annulation ne ferait, selon eux, que confirmer une réalité déjà installée : l’UNJCI serait actuellement dépourvue d’organes dirigeants légitimes.
Un appel à une administration provisoire
Pour sortir de la crise, le collectif demande aux autorités compétentes, notamment le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Communication, de mettre en place une administration provisoire à la tête de l’organisation.
Cette structure transitoire aurait pour mission de :
● gérer les affaires courantes de l’organisation ;
● auditer le fichier électoral ;
● mettre en place un comité ad hoc indépendant chargé du processus électoral ;
● organiser le 12ᵉ congrès ;
● proclamer les résultats et installer les nouveaux dirigeants.
Le collectif propose que cette mission soit menée dans un délai maximum de 30 jours.
Un appel à préserver la crédibilité de l’organisation
Tout en indiquant avoir retiré une plainte pénale déposée contre Franck Ettien « dans un esprit d’apaisement », les signataires affirment rester mobilisés pour « restaurer la légalité, la transparence et la crédibilité » de l’UNJCI.
Pour eux, l’enjeu dépasse les rivalités internes : il s’agit de préserver la crédibilité de la principale organisation professionnelle des journalistes en Côte d’Ivoire.
« L’avenir de notre union et la dignité de la profession journalistique en Côte d’Ivoire l’exigent », conclut la déclaration signée par Etienne Narcisse Atta, porte-parole principal du collectif.
Médard KOFFI