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La journaliste Anne Zélika Ehoura a obtenu la note de 17/20 à son mémoire de Master 2 consacré au traitement de la pandémie de Covid-19 par le journal télévisé de 20 heures de RTI1, à l’Université Félix Houphouët-Boigny.
Abidjan, le 15 octobre 2026 (crocinfos.net) – Comment le journal télévisé de 20 heures de RTI1 a-t-il couvert la pandémie de Covid-19 au plus fort de la crise sanitaire ? C’est à cette question qu’a répondu Anne Zélika Ehoura, journaliste chevronnée de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI), lors de la soutenance de son mémoire de Master 2, le lundi 12 octobre 2026, au Centre d’études et de recherche en communication (CERCOM) de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB), à Cocody. Intitulée autour du concept d’« urgence maîtrisée », sa recherche a été sanctionnée par la note de 17/20.
Un travail de recherche fondé sur l’analyse de 78 journaux télévisés
Forte d’une trentaine d’années d’expérience à la RTI, Anne Zélika Ehoura est notamment rédactrice en chef de l’émission matinale Matin Bonheur. Elle appartient également à une première cohorte de journalistes admis à l’Unité de formation et de recherche Information, Communication et Arts (UFRICA) de l’UFHB.
Pour son mémoire de Master 2, la professionnelle des médias a choisi d’interroger les pratiques de son propre organe de presse en analysant la couverture de la pandémie de Covid-19 par le JT de 20 heures de RTI1. Un travail de 186 pages consacré à une période particulièrement sensible : du 11 au 31 mars 2020, au début de la crise sanitaire.
Au total, 78 titres de journaux télévisés ont été examinés. Cette analyse lui a permis d’étudier les choix éditoriaux opérés par la chaîne publique, les sujets mis en avant et la manière dont l’information sanitaire s’articulait avec les mesures prises par les autorités pour faire face à la pandémie.
Le concept d’« urgence maîtrisée » au cœur de l’analyse
L’un des principaux axes de cette recherche repose sur la notion d’« urgence maîtrisée ». Selon l’analyse présentée, la couverture de la Covid-19 par RTI1 ne se limitait pas à la diffusion de chiffres sanitaires et d’informations sur la propagation du virus.
Les décrets, les couvre-feux et les rappels aux mesures de prévention occupaient également une place importante dans le traitement de l’actualité. Le journal télévisé apparaissait ainsi comme un espace où l’information sur la crise sanitaire côtoyait la communication relative aux décisions publiques et aux dispositifs d’encadrement de la vie collective.
Cette approche met en lumière le rôle du journal télévisé en période de crise : informer sur les risques, rendre compte des décisions officielles et contribuer à la compréhension d’une situation exceptionnelle. Elle invite également à s’interroger sur l’équilibre entre information sanitaire, présentation de l’action publique et accompagnement des populations face à l’incertitude.
Un jury universitaire et des perspectives de recherche
Le mémoire a été évalué par un jury présidé par le professeur Allangba Yeboué. Le docteur Touré Amidou en a assuré la direction, tandis que le docteur Karimu Waliyu en était le rapporteur. Le professeur Bamba Sidiki, ancien directeur du CERCOM et actuel doyen de l’Université de Bondoukou, a assuré la supervision scientifique.
La note de 17/20 vient récompenser ce travail universitaire, dont la démarche méthodologique a été saluée. Cette performance marque une nouvelle étape dans le parcours d’Anne Zélika Ehoura, qui conjugue expérience professionnelle et approfondissement de ses connaissances académiques.
La journaliste a dédié cette réussite à sa défunte sœur, Awa Ehoura Tabitha Ehoura. Encouragée par ses enseignants à poursuivre ses recherches, elle envisage désormais de prolonger cette réflexion dans le cadre d’une thèse de doctorat.
À travers cette démarche, Anne Zélika Ehoura entend approfondir l’analyse des pratiques journalistiques et contribuer à la réflexion sur le rôle des médias dans le traitement des crises. Une perspective qui souligne l’intérêt du dialogue entre la pratique professionnelle de l’information et la recherche universitaire.
Médard KOFFI