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La Fondation Adayé Kessiè a officiellement lancé, jeudi 5 novembre à Abidjan, la 10ᵉ édition de son festival, placée sous le signe de la diplomatie traditionnelle, de l’intégration des peuples et de la paix.
Abidjan, le 6 novembre 2026 (crocinfos.net) – La célébration du patrimoine et des traditions africaines s’apprête à franchir une nouvelle étape avec la tenue de la 10ᵉ édition de l’Adayé Kessiè Festival. La Fondation Adayé Kessiè a procédé, jeudi 5 novembre 2026, au Musée d’Abidjan, dans la salle dédiée au projet Tramiss’Art, au lancement officiel de cet événement culturel majeur du Royaume Brong. Prévue du 24 au 28 novembre 2026 à Tabagne, dans la région du Gontougo, cette édition anniversaire ambitionne de faire des institutions traditionnelles des acteurs incontournables de la diplomatie culturelle, de l’intégration des peuples et de la consolidation de la paix.
Organisée par la Fondation Adayé Kessiè, sous la conduite de son président, Bini Ouattara Daouda, également commissaire général du festival, cette édition entend accorder une place particulière aux liens historiques, culturels et ancestraux entre le Royaume Brong, le Royaume du Bounkani et les autres communautés du district du Zanzan.
À cette occasion, le roi des Brong, Nanan Adingra Kouassi Agyeman, et le roi du Bounkani, Sa Majesté Niguê-Gbliman, sont particulièrement mis à l’honneur. Les autorités traditionnelles, les forces vives et les populations des différentes localités sont ainsi appelées à se mobiliser autour des valeurs communes de solidarité, de partage ancestral et de cohésion sociale.
Placée sous le thème « Hiérarchies traditionnelles transfrontalières : un atout majeur de diplomatie, d’intégration et de paix », cette édition met l’accent sur les liens historiques, culturels et fraternels qui unissent les peuples au-delà des frontières géographiques et administratives. Une orientation qui traduit la volonté des organisateurs de repositionner les royaumes et les autorités coutumières comme des partenaires du développement, du dialogue interculturel et de la cohésion sociale.
Dix années d’engagement au service du patrimoine et de la fraternité
Prenant la parole à cette occasion, Bini Ouattara Daouda, président de la Fondation Adayé Kessiè et commissaire général du festival, a souligné la portée symbolique de cette dixième édition. Pour lui, cette célébration dépasse largement le cadre d’un simple rendez-vous festif.
« Nous sommes réunis pour célébrer dix années d’engagement, dix années de fidélité à notre histoire, dix années de combat pour la sauvegarde de notre patrimoine et dix années de construction d’un espace de fraternité entre les peuples », a-t-il déclaré.
Insistant sur la maturité acquise par le festival, il a indiqué que cette édition ouvre une nouvelle perspective : faire de l’Adayé Kessiè un rendez-vous majeur de la diplomatie culturelle et de la valorisation des royaumes traditionnels.
Le commissaire général a également rendu un hommage appuyé à Sa Majesté Nanan Adingra Kouassi Agyeman, roi des Brong, ainsi qu’au Conseil royal, saluant leur rôle dans la préservation de la mémoire ancestrale et la continuité des institutions traditionnelles. Il a réaffirmé que l’action de la Fondation s’inscrit dans le respect de l’autorité royale et dans la volonté de contribuer durablement au rayonnement du Royaume Brong.
Un rendez-vous placé sous le haut patronage du Vice-Premier ministre
Cette cérémonie a également été l’occasion pour Bini Ouattara Daouda d’exprimer sa gratitude aux personnalités et aux institutions qui accompagnent la Fondation Adayé Kessiè dans la réalisation de ses ambitions.
À cet égard, il a particulièrement salué Son Excellence Téné Birahima Ouattara, Vice-Premier ministre et ministre de la Défense, pour avoir accepté d’accorder son haut patronage à cette dixième édition. Il a également exprimé sa reconnaissance à Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre d’État et conseiller spécial à la présidence de la République, pour son implication dans la transmission de l’invitation officielle du roi des Brong au haut patron de cette édition anniversaire.
Le président de la Fondation a, par ailleurs, exprimé sa gratitude à Jacques Assahoré Konan, ministre des Eaux et Forêts, pour son engagement en faveur de la préservation du patrimoine naturel, notamment les forêts sacrées et les espaces traditionnels.
Il a également salué l’accompagnement du ministère de la Culture et de la Francophonie, dirigé par François Remarck, ainsi que celui de Côte d’Ivoire Tourisme, représenté par sa directrice générale, Malékah Mourad-Condé. Il a exprimé sa reconnaissance à ces deux institutions pour leurs appuis financiers, techniques et institutionnels, qui contribuent au renforcement du rayonnement culturel et touristique de l’Adayé Kessiè Festival.
Les royaumes et les communautés au cœur de la diplomatie traditionnelle
Au-delà de la célébration du patrimoine Brong, la Fondation Adayé Kessiè entend faire de cette édition un espace de dialogue entre les communautés ivoiriennes et les peuples partageant des liens historiques et ancestraux.
Évoquant les relations entre les royaumes et les communautés traditionnelles, Bini Ouattara Daouda a insisté sur la nécessité de préserver ce patrimoine relationnel. Il a notamment évoqué les liens avec le royaume du Poro, les communautés du Grand Cercle des Akan ainsi que les peuples voisins et frères.
Les Baoulé, les Agni du Moronou, de l’Indénié, du Djuablin et du Sanwi, les Attié, les Adjoukrou, les Akyé et les communautés du Zanzan figurent également parmi les peuples auxquels les organisateurs souhaitent ouvrir davantage cet espace de rencontre.
Pour le commissaire général, les frontières ne doivent pas constituer des obstacles à la préservation des relations historiques et fraternelles entre les communautés.
« L’Adayé Kessiè ne vous invite pas uniquement à participer à une fête. Il vous invite à écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire commune », a-t-il lancé à l’endroit des peuples invités.
Cette vision donne une dimension particulière au thème retenu, en mettant en avant la capacité des autorités traditionnelles à favoriser la médiation, le règlement des différends et le rapprochement des communautés.
La jeunesse, un maillon essentiel de la transmission
La question de la transmission du patrimoine aux nouvelles générations a également occupé une place importante dans l’intervention du président de la Fondation.
Pour Bini Ouattara Daouda, la pérennité des royaumes et des institutions traditionnelles passe nécessairement par une jeunesse consciente de ses origines, attachée à ses valeurs et ouverte sur le monde.
La Fondation entend ainsi encourager les rencontres scientifiques, les expositions patrimoniales, les concours culturels et les expressions artistiques. L’une des initiatives annoncées concerne également la signature d’une charte de fraternité, de paix et de cohésion entre les peuples participants.
Ce document devrait constituer un engagement moral et historique en faveur du dialogue, du vivre-ensemble et de la préservation des relations entre les communautés.
Les infrastructures, un enjeu pour l’attractivité du Royaume Brong
L’autre dimension abordée au cours de cette cérémonie concerne le développement territorial. Le président de la Fondation a rappelé que la promotion culturelle ne saurait être dissociée de l’amélioration des conditions de vie des populations.
À ce titre, il a attiré l’attention des autorités sur l’état du réseau routier desservant les localités concernées. Il a notamment évoqué un tronçon d’environ 16 kilomètres ainsi que plusieurs voies urbaines nécessitant des travaux de reprofilage.
Selon lui, l’amélioration de ces infrastructures contribuerait à faciliter les déplacements des populations, l’accès aux services essentiels et l’accueil des délégations nationales et internationales.
Il a également invité les entreprises, les institutions publiques et les partenaires privés à considérer la culture comme un véritable investissement dans la paix, la cohésion sociale et le développement local.
Le ministère de la Culture réaffirme son accompagnement
Représentant la ministre de la Culture et de la Francophonie, François Remarck, M. Groguhé Cyrille a réaffirmé l’attachement de son département ministériel à la réussite de l’Adayé Kessiè Festival.
Dans son intervention, il a présenté cette manifestation comme une initiative importante de promotion et de valorisation de la culture dans la région du Gontougo, avec une ambition de rayonnement régional et continental.
Il a transmis les félicitations et les encouragements de la ministre aux organisateurs pour les efforts consentis en faveur de la réussite de cette manifestation culturelle.
Réaffirmant la disponibilité du ministère à accompagner cette initiative, le représentant a procédé, au nom de la ministre, à la déclaration officielle d’ouverture de l’Adayé Kessiè Festival 2026.
Tabagne attend les festivaliers du 24 au 28 novembre
Après les différentes allocutions, les participants ont été entretenus sur les ambitions, les innovations et les principales articulations de cette édition anniversaire. Un film retraçant l’Adayé Tour 2025 a également été projeté, permettant de revenir sur les précédentes initiatives de valorisation du patrimoine et de promotion du festival.
La présentation du programme et des peuples invités a constitué un autre temps fort de cette rencontre, qui a également permis de mobiliser les partenaires institutionnels, les autorités traditionnelles, les communautés et les professionnels des médias.
Du 24 au 28 novembre 2026, Tabagne sera ainsi le point de convergence des délégations traditionnelles et des festivaliers autour de plusieurs activités culturelles, patrimoniales et de rencontres entre les peuples.
À travers cette dixième édition, la Fondation Adayé Kessiè nourrit une ambition qui va au-delà de la sauvegarde des traditions : faire de l’héritage ancestral un instrument de dialogue, de diplomatie culturelle, d’intégration et de développement.
Dix ans après ses premières initiatives, l’Adayé Kessiè Festival entend ainsi franchir un nouveau cap et rappeler que les traditions, loin d’appartenir uniquement au passé, peuvent constituer des ressources précieuses pour construire la paix et renforcer les liens entre les peuples.
Médard KOFFI