À titre d'illustration
Le mouvement politique ADCI critique la nouvelle hausse des prix des produits pétroliers en Côte d’Ivoire, entrée en vigueur le 1er août 2026, et appelle le Gouvernement à renforcer la transparence sur la formation des tarifs et les mécanismes de soutien.
YAMOUSSOUKRO, 3 août 2026 (crocinfos) — Le mouvement politique Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI) a dénoncé, lundi, les conséquences économiques et sociales de la nouvelle hausse des prix des produits pétroliers entrée en vigueur le 1er août 2026. Il demande au Gouvernement de publier régulièrement la structure détaillée des prix à la pompe et de renforcer les mesures de protection du pouvoir d’achat.
Selon les nouveaux tarifs maxima rapportés par le mouvement, le litre de super sans plomb est passé de 875 à 905 francs CFA, soit une augmentation de 30 francs CFA. Le gasoil est désormais vendu à 725 francs CFA contre 700 francs CFA précédemment, tandis que le pétrole lampant est passé de 745 à 780 francs CFA.
Cette revalorisation intervient après une précédente hausse enregistrée en mai 2026, au cours de laquelle le prix du super sans plomb avait été porté de 820 à 875 francs CFA et celui du gasoil de 675 à 700 francs CFA.
ADCI demande des explications sur la formation des prix
Tout en reconnaissant l’incidence des fluctuations du marché pétrolier international, ADCI estime que la détermination des prix à la pompe doit être davantage expliquée aux consommateurs.
Le mouvement établit notamment une comparaison avec l’année 2008, période durant laquelle le baril de pétrole avait atteint 147 dollars, alors que, selon lui, le litre d’essence en Côte d’Ivoire n’avait pas dépassé 795 francs CFA.
Il s’interroge dès lors sur le niveau actuel du prix du super sans plomb, fixé à 905 francs CFA, alors que le cours du Brent serait inférieur à 100 dollars.
Cette comparaison doit toutefois être appréciée en tenant également compte d’autres paramètres économiques susceptibles d’avoir évolué depuis 2008, notamment le taux de change, les coûts d’importation, de raffinage et de transport, la fiscalité applicable, les marges de distribution ainsi que les mécanismes de péréquation.
Le mouvement politique ADCI demande, à ce titre, la publication d’informations complètes sur chacune des composantes du prix du carburant.
« Le citoyen ivoirien a le droit de comprendre pourquoi il accepte de payer à ce prix », soutient le mouvement dans une déclaration signée par son secrétaire exécutif, Roger Youan.
Des répercussions redoutées sur le coût de la vie
Pour ADCI, la hausse des prix du carburant pourrait entraîner une augmentation des coûts du transport de personnes et de marchandises, puis se répercuter sur les produits vivriers et les biens de première nécessité.
Le mouvement redoute également des conséquences sur les petites et moyennes entreprises, les commerçants, les boulangers, les agriculteurs ainsi que les acteurs du secteur informel.
Il considère ainsi que la protection du pouvoir d’achat ne peut pas être limitée au prix directement payé à la pompe, mais doit également porter sur le panier de la ménagère et sur la compétitivité des entreprises.
L’ADCI reconnaît néanmoins les investissements engagés par l’État en faveur de la Société ivoirienne de raffinage, notamment avec l’appui de la Banque africaine de développement. Il estime cependant que ces efforts doivent s’accompagner d’une meilleure reddition des comptes.
Trois engagements demandés au Gouvernement
Le mouvement politique formule trois principales propositions.
La première porte sur la transparence. L’ADCI demande l’instauration d’un bulletin mensuel public présentant la structure de formation des prix des produits pétroliers. Il souhaite également la publication des ressources, dépenses, bénéficiaires et résultats des mécanismes de péréquation, de lissage et de soutien.
La deuxième proposition concerne la protection ciblée du pouvoir d’achat. Plutôt qu’une subvention générale, jugée coûteuse, le mouvement préconise un soutien temporaire au transport public et au transport des produits essentiels, un renforcement de l’accompagnement des ménages vulnérables ainsi qu’une évaluation préalable de l’incidence budgétaire des mesures fiscales.
La troisième proposition vise les causes structurelles de la dépendance énergétique. L’ADCI recommande d’accélérer la modernisation du raffinage national, d’accroître la transformation locale du pétrole brut ivoirien, de développer l’électromobilité dans le transport collectif et de réduire les coûts logistiques grâce à des circuits de production plus courts.
Vers un pacte citoyen sur les hydrocarbures
Au-delà de la fixation des prix, l’ADCI réclame davantage de transparence sur l’ensemble de la chaîne des hydrocarbures, notamment la production, l’importation, les recettes publiques, les taxes et les investissements.
Le mouvement propose l’ouverture d’un dialogue national en vue de l’adoption d’un « Pacte citoyen pour la transparence des hydrocarbures ».
Ce mécanisme reposerait sur la diffusion régulière d’informations, le renforcement du contrôle parlementaire et la participation de la société civile, des experts et des représentants des consommateurs à l’évaluation des politiques énergétiques.
L’ADCI affirme ne pas demander au Gouvernement d’ignorer les contraintes liées au marché international, mais souhaite que les décisions tarifaires soient expliquées, justifiées et évaluées.
« Un peuple qui travaille a le droit de comprendre. Un État responsable a le devoir d’expliquer. Une démocratie vivante doit permettre d’évaluer », conclut la déclaration rendue publique à Yamoussoukro.
Athanase Kangah