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C R O C I N F O S

[Koumassi Campement et PPA-CI] Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur Braman Koné

[Koumassi Campement et PPA-CI] Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur Braman Koné

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Le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d'Abidjan, Braman Oumar Koné, a tenu une conférence de presse très attendue ce mercredi 16 septembre 2026. Deux dossiers majeurs étaient à l'ordre du jour : les démolitions de Koumassi Campement et les poursuites contre des cadres du PPA-CI après les événements d'octobre 2025.

Abidjan, le 17 septembre (crocinfos.net) - L'affaire Koumassi a occupé l'essentiel de la communication. Le 3 juin dernier, plus de 250 lots avaient été rasés, jetant des centaines de familles à la rue. Le principal mis en cause, Alloui Brou Jacques, avait justifié l'opération par une décision de justice. Une version balayée par le parquet.

"La décision existe, mais elle est précise. Le tribunal n'a autorisé que le dégarnissement de cinq habitations. Il a rejeté la demande de démolition", a martelé le procureur. Selon lui, cette décision n'a jamais été signifiée aux occupants, le commissaire de justice n'a même pas reçu l'original de la grosse et aucune réquisition n'a été délivrée par le Parquet Général. "Ce n'est pas l'exécution d'une décision de justice", a-t-il conclu.

Sur l'ampleur du préjudice, le procureur a apporté des précisions cadastrales : la zone démolie couvre 6 hectares 88 ares 38 centiares, et non 34 hectares comme annoncé, pour 250 lots. Parmi eux, 28 disposent d'un Arrêté de Concession Définitive (ACD). Le site a été placé sous main de justice.

*Un député au cœur du dispositif, un mandat d'arrêt contre Me Habiba Touré*

L'enquête dessine un scénario plus complexe qu'une simple initiative privée. Au centre, le député de Gouméré-Tabagne. Selon le procureur, il aurait assuré la coordination et le financement de l'opération. Les investigations évoquent un prêt de 7 millions FCFA contracté en 2024 auprès d'un administrateur des finances pour financer le déguerpissement au profit d'Alloui Brou Jacques.

Le fils aîné d'Alloui Brou a également été entendu. Il affirme que le parlementaire lui aurait demandé de faire réaliser par son père une vidéo pour assumer publiquement les démolitions sur les réseaux sociaux. Une procédure institutionnelle a été enclenchée : le procureur général a été saisi pour saisir le Bureau de l'Assemblée Nationale en vue d'éventuelles poursuites contre le député. Quant à Alloui Brou Jacques, interpellé le 18 juin à Port-Bouët, il reste détenu. "Garder Alloui Brou, c'est sauver sa vie", a justifié Braman Koné, évoquant sa propre sécurité.

Second volet : le dossier politique. Le procureur a confirmé avoir engagé des poursuites et délivré un mandat d'arrêt contre Me Habiba Touré, porte-parole du PPA-CI et du Front Commun PPA-CI / PDCI. Elle est poursuivie pour son implication présumée dans les mouvements de contestation contre le quatrième mandat en octobre 2025, des marches qui avaient conduit à plus de 600 interpellations selon le parquet.

Autre cadre du parti de Laurent Gbagbo déjà écroué, Justin Katinan Koné. Il fait face à 17 chefs d'inculpation, dont actes de terrorisme, diffamation et diffusion de fausses nouvelles, après une plainte du RHDP. Le procureur a rejeté les accusations de "séquestration" de ses avocats : "Monsieur Justin Katinan a été régulièrement convoqué. Sa convocation a même été publiée sur les réseaux sociaux. D'où vient la séquestration ?"

Médard KOFFI