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C R O C I N F O S

[Côte d'Ivoire] Chutes brutales des prix ADCI dénonce la gestion de la filière cacao ivoirienne

[Côte d'Ivoire] Chutes brutales des prix ADCI dénonce la gestion de la filière cacao ivoirienne

Roger Youan, Secrétaire exécutif du mouvement politique Aujourd'hui et Demain, la Côte d'Ivoire (ADCI).

Le mouvement politique Aujourd'hui et Demain, la Côte d'Ivoire (ADCI) dénonce la crise actuelle de la filière cacao en Côte d'Ivoire, marquée par une chute brutale des prix et une gestion opaque des fonds de stabilisation.

Abidjan, 25 mars 2026 (crocinfos) – Le mouvement politique Aujourd'hui et Demain, la Côte d'Ivoire (ADCI) a exprimé son indignation face à la crise qui secoue actuellement la filière cacao ivoirienne. Dans un communiqué publié ce 25 mars, le mouvement a dénoncé la chute brutale du prix bord-champ du kilogramme de cacao, un phénomène qui, selon lui, entraîne une crise à double vitesse pour les producteurs, déjà fragilisés par la volatilité du marché mondial.


Une économie dépendante du cacao

La Côte d'Ivoire, première productrice mondiale de cacao, a longtemps bâti son économie sur cette filière, représentant environ 40% des parts du marché mondial. Le cacao est une ressource stratégique, vitale pour le pays, alimentant les recettes d'exportations de l'État, notamment par le biais du Droit Unique de Sortie (DUS), et contribuant de manière significative au Produit Intérieur Brut (PIB) national.


Les promesses de la réforme de 2012

En 2012, le gouvernement ivoirien a mis en place une réforme basée sur la vente par anticipation du cacao, garantissant aux producteurs un minimum de 60% du prix de référence. Cette réforme avait pour objectif de protéger les producteurs contre la volatilité des prix mondiaux. Ainsi, en 2023-2024, le prix du kilogramme de cacao s'élevait à 1500 francs, soit 64% du prix CAF (coût, assurance et fret) de l'époque, ce qui avait redonné espoir aux producteurs.


Le boom du cacao en 2024 et 2025

La période de 2024 à 2025 a été marquée par un véritable "âge d'or" pour la filière, avec une hausse des prix bord-champ atteignant un niveau record de 2800 francs le kilogramme. Ce boom avait permis aux producteurs d'espérer une meilleure rentabilité, avec des prix revalorisés. Cependant, cette embellie n'a été que temporaire.


La chute des prix et ses conséquences dramatiques

Le prix du cacao a connu une chute dramatique, passant de 2800 francs à 1200 francs le kilogramme, soit une perte de plus de 57% de sa valeur brute. Cette dévaluation brutale a des conséquences catastrophiques pour les producteurs, qui voient leur pouvoir d'achat gravement affecté. Le mouvement ADCI pointe du doigt la gestion opaque du Conseil Café-Cacao (CCC), ainsi que la mauvaise gestion du fonds de stabilisation, qui n'a pas réussi à amortir ce choc pour les producteurs.

Le différentiel de revenu décent (Living Income Differential, LID), qui devait garantir un revenu décent aux producteurs, a été "neutralisé" par des ajustements opaques. De plus, la politique de rétention des stocks, censée stabiliser les prix, a engorgé les coopératives et favorisé la spéculation, au détriment des petits producteurs.


Les revendications du Mouvement Politique

Le mouvement politique Aujourd'hui et Demain, la Côte d'Ivoire (ADCI) exige des mesures immédiates pour redresser la situation. Parmi les leviers d'action demandés, l'ADCI réclame une transparence totale dans le mécanisme de fixation des prix, une reddition de comptes sur l'utilisation des fonds de stabilisation, ainsi que la publication des états financiers de la campagne en cours. Le mouvement appelle également à l'intégration de représentants des organisations paysannes au sein d'un Comité de Veille Indépendant, afin de mettre fin à la gestion opaque de la rente cacao.


Une crise systémique et une demande de justice sociale

L'ADCI considère cette crise comme le symptôme d'une défaillance dans la régulation du marché du cacao et dénonce une instrumentalisation politique du prix bord-champ. Le mouvement exprime sa solidarité avec les producteurs et leurs syndicats, et exige que le paysan ivoirien ne soit plus la variable d'ajustement des défaillances administratives.

"Le temps de la justice sociale pour ceux qui nourrissent la nation est arrivé", a conclu Roger Youan, Secrétaire exécutif du mouvement politique Aujourd'hui et Demain, la Côte d'Ivoire (ADCI).

La crise actuelle de la filière cacao en Côte d'Ivoire met en lumière l'urgente nécessité de réformes transparentes et efficaces pour garantir la protection des producteurs. La stabilité économique du pays dépend en grande partie de la vitalité de son agriculture, et en particulier de la filière cacao, qui continue d'être un pilier majeur de son économie.


Athanase Kangah