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Réunis à Bouaké du 17 au 19 septembre 2026, les acteurs concernés ont validé un plan d’action national destiné à renforcer la prévention et la lutte contre la pollution des ressources en eau.
Abidjan, le 22 septembre 2026 (crocinfos.net) – La Côte d’Ivoire s’est dotée d’un plan d’action national pour mieux prévenir et combattre la pollution de ses ressources en eau, notamment celle liée à l’exploitation minière illégale. Le document a été validé au terme de trois jours d’atelier, du 17 au 19 septembre 2026 à Bouaké.
À la clôture des travaux, le ministre des Eaux et Forêts, Assahoré Konan Jacques, a présenté ce plan comme un passage d’un simple cadre de concertation à une véritable « architecture d’action », reposant sur des objectifs précis, des responsabilités clairement définies, un calendrier d’exécution, des mécanismes de financement ainsi qu’un dispositif de suivi et d’évaluation.
Six axes pour agir contre la pollution
Le plan national s’articule autour de six principaux axes : l’identification des sources de pollution, la lutte contre l’exploitation minière illégale et les autres activités polluantes, la coordination des acteurs, la surveillance des ressources en eau, la sensibilisation et la formation, ainsi que la restauration des sites et des berges dégradés.
Pour le ministre, l’efficacité de cette feuille de route devra avant tout être appréciée à l’aune de ses résultats sur le terrain.
« La valeur de ce plan se mesurera à sa capacité à produire des changements visibles », a déclaré Assahoré Konan Jacques.
Ces changements devraient notamment se traduire par une meilleure connaissance des sources de pollution, des systèmes d’alerte plus performants, la restauration des berges dégradées et une amélioration de la sécurité de l’eau destinée aux populations.
L’orpaillage illégal particulièrement ciblé
L’exploitation minière illégale occupe une place importante dans le dispositif. Le ministre a insisté sur les conséquences de l’orpaillage sur les cours d’eau, notamment à travers l’utilisation de produits tels que le mercure et le cyanure sur certains sites, ainsi que le déversement de sédiments issus du décapage des sols.
Ces pratiques contribuent à la contamination des eaux, à la dégradation des berges et à la perturbation des écosystèmes. Elles peuvent également avoir des répercussions sur la santé des populations, l’approvisionnement en eau potable, l’agriculture, la pêche et les moyens de subsistance des communautés riveraines.
« La lutte contre la pollution des eaux est à la fois une exigence écologique, un impératif de santé publique, un enjeu de souveraineté et une condition de paix durable », a affirmé le ministre.
Face à cette situation, il a appelé au renforcement des opérations de contrôle sur le terrain, avec l’appui des forces de défense et de sécurité. Il a également plaidé pour la mise en place d’alternatives économiques crédibles au profit des populations concernées par les activités minières illégales.
Quatre exigences pour assurer la mise en œuvre
Pour garantir l’efficacité du plan, quatre exigences ont été mises en avant : la solidarité entre les institutions et les territoires, la rigueur dans la surveillance et l’application des sanctions, la proximité avec les communautés locales, ainsi que la durabilité du financement et des interventions.
Le ministre a également insisté sur la nécessité d’une action concertée entre les différentes structures impliquées.
« Aucune institution, quelle que soit l’étendue de ses compétences, ne peut relever seule le défi de la pollution des eaux », a-t-il déclaré.
Cette nécessité de coordination s’explique notamment par le fait que les cours d’eau et les bassins versants dépassent les limites administratives et peuvent, dans certains cas, franchir les frontières nationales.
Le secteur minier appelé à contribuer à la restauration
Assahoré Konan Jacques a invité les partenaires techniques et financiers à accompagner la mise en œuvre du plan, tout en appelant les acteurs du secteur minier à prendre leur part dans la réhabilitation des sites dégradés.
Cette démarche s’inscrit dans le prolongement du nouveau Code de l’eau adopté en 2023 et de la création, le 5 avril 2024, du Comité national de lutte contre la pollution des eaux.
Pour le ministre des Eaux et Forêts, la validation du plan constitue désormais « le véritable point de départ » de sa mise en œuvre.
Son département, a-t-il assuré, veillera à la mobilisation des ressources nécessaires et au suivi de l’exécution des différentes actions prévues.
L’enjeu est désormais de traduire cette feuille de route en interventions concrètes afin de réduire durablement les sources de pollution, restaurer les milieux aquatiques dégradés et mieux protéger les ressources en eau indispensables aux populations et aux activités économiques.
Médard KOFFI, avec Sercom MINEF