À titre d'illustration
Dans l’affaire des 124.000 boîtes de seringues, l'ex-DG Yapi Ange et l'ex-DAF Cissé Idrissa sont condamnés à 10 ans de prison, mais restent libres. Le verdict est marqué par l'absence de mandat de dépôt.
Abidjan, le 8 mai 2026 (crocinfos)– La tension était palpable dans la salle d’audience du tribunal du Pôle pénal économique et financier (PPEF) le vendredi 8 mai 2026, lorsque la présidente du tribunal a rendu son verdict dans l’affaire des 124.000 boîtes de seringues, un scandale de détournement de fonds publics et de produits médicaux. Ce procès, très suivi par l’opinion publique, a conduit à la condamnation de deux ex-personnalités importantes de la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique de Côte d’Ivoire (NPSP CI) : l’ex-directeur général, Yapi Ange Désiré et l’ex-directeur administratif et financier, Cissé Idrissa.
Les deux prévenus ont été déclarés coupables de détournement de deniers publics et d’association de malfaiteurs, après que les faits aient été requalifiés en ces termes. Chacun a été condamné à 10 ans de prison ferme et à une amende de 10 millions de FCFA. En outre, ils sont interdits de quitter le territoire national, leurs passeports leur ont été retirés pour une période de six mois, et ils ne pourront plus exercer la fonction pour laquelle l’infraction a été commise. Ils devront également rembourser 500 millions de FCFA à l’État de Côte d'Ivoire dans un délai de trois mois.
Malgré la sévérité de la décision, un fait a marqué cette audience : le mandat de dépôt n’a pas été décerné, et les deux personnalités condamnées sont ressorties libres du tribunal. Tous les prévenus, y compris les autres impliqués, ont comparu libres, non détenus. Cette absence de mesure de détention a surpris certains observateurs, d’autant plus que l’affaire concerne des sommes importantes et des produits médicaux qui n’ont jamais été livrés après un paiement intégral de 252.960.000 FCFA effectué en 2020.
La présidente du tribunal a rapidement enchaîné, déclarant non coupables les autres prévenus, dont Béné Adou Arnaud et Fofana Aminata. Les proches de ces derniers ont exprimé leur soulagement, certains ne cachant pas leur émotion.
Cependant, l’affaire est loin d’être terminée. Les avocats des condamnés ont d’ores et déjà annoncé qu’ils feraient appel de la décision. Le dossier des seringues reste ainsi un point de vigilance majeur dans la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des fonds publics en Côte d'Ivoire.
Ce procès, qui a mis en lumière les défaillances du système de gestion des produits médicaux, n’a pas fini de faire parler. Les suites judiciaires et politiques de cette affaire pourraient redéfinir les contours de la transparence dans la gestion des finances publiques en Côte d’Ivoire.
Fernand Dédeh, envoyé spécial au PPEF