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C R O C I N F O S

[Tribune] La dette n’est pas un destin, la souveraineté économique est un choix

[Tribune] La dette n’est pas un destin, la souveraineté économique est un choix

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La Côte d’Ivoire doit transformer l’endettement en moteur de production, d’industrialisation et de justice sociale, estime Yaya Fofana, qui appelle à une gouvernance rigoureuse pour garantir durablement la souveraineté économique nationale pour les générations futures.

Par Yaya Fofana, président du MFA

Une Nation ne s’appauvrit pas parce qu’elle emprunte. Elle s’appauvrit lorsqu’elle ne transforme pas ses emprunts en richesse durable.

Les performances économiques enregistrées par la Côte d’Ivoire au cours des dernières années méritent d’être saluées. Elles traduisent les efforts accomplis pour renforcer la stabilité macroéconomique, moderniser les infrastructures et consolider la confiance des partenaires.

Cependant, une question revient avec insistance dans l’esprit de nombreux Ivoiriens. Jusqu’où notre pays peut-il s’endetter sans compromettre la capacité des générations futures à financer leur propre développement ? Une autre interrogation mérite également d’être posée. Si notre économie progresse, pourquoi une partie de la population attend-elle encore que cette croissance transforme davantage son quotidien ?

Ces questions ne remettent pas en cause les acquis. Elles traduisent une aspiration légitime à voir le développement produire des effets durables, équitables et perceptibles pour tous.

L’endettement est un outil de développement lorsqu’il finance des investissements productifs. Il devient une fragilité lorsqu’il entretient une dépendance durable sans transformer profondément notre économie.


La dette doit être un levier, jamais une béquille

Le véritable défi consiste désormais à accélérer l’industrialisation, à transformer davantage nos matières premières, à soutenir l’innovation, à renforcer notre tissu productif et à créer davantage de valeur ajoutée sur notre territoire.

La prochaine étape de notre développement doit être celle de la souveraineté économique et financière.

Cette ambition exige également un État exemplaire, une gouvernance rigoureuse, une lutte résolue contre la corruption, une gestion transparente des ressources publiques et une relation de confiance renouvelée entre l’administration et les citoyens.


La dette construit des ouvrages. Seule la bonne gouvernance construit durablement la confiance.

Le développement n’a de sens que s’il améliore concrètement les conditions de vie des populations. Une croissance durable doit se traduire par des emplois, une meilleure éducation, un meilleur accès aux soins, une protection sociale renforcée et un pouvoir d’achat en progression.

Une croissance qui ne réduit pas les inégalités, qui ne recule pas la pauvreté et qui ne redonne pas espoir à la jeunesse demeure une croissance inachevée.

La stabilité politique, le dialogue, la sécurité juridique et des institutions crédibles demeurent des conditions essentielles pour attirer les investissements, soutenir l’initiative privée et réduire progressivement notre dépendance au financement extérieur.

Pour franchir une nouvelle étape, quatre actions prioritaires s’imposent. Renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources empruntées, orienter chaque nouvel emprunt vers la création d’emplois et la transformation industrielle, intensifier la lutte contre la corruption et créer un Fonds souverain des générations futures afin de préparer durablement l’avenir.


L’ambition de la Côte d’Ivoire ne devrait pas être de devenir le pays qui emprunte le mieux

Elle devrait être de devenir le pays qui produit le mieux, transforme le mieux, innove le mieux et crée le plus de valeur ajoutée en Afrique.

L’Histoire ne retiendra pas le volume de notre dette.

Elle retiendra ce que nous aurons fait de chaque franc emprunté.

La véritable réussite sera le jour où la Côte d’Ivoire financera l’essentiel de son développement grâce à la puissance de son économie, à la confiance de son peuple et à la sagesse de ses institutions.

Une Nation forte n’est pas celle qui emprunte davantage. C’est celle qui crée suffisamment de richesses pour emprunter de moins en moins. Voilà le véritable chemin de la souveraineté économique.


Fait à Abidjan, le 28 juin 2026