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La Côte d'Ivoire s'engage dans son Plan national de développement 2026-2030, avec des ambitions économiques soutenues et une vision à long terme, axée sur la transformation durable, la stabilité institutionnelle et une gouvernance responsable.
Par Yaya Fofana, président du MFA
Réflexions sur le temps long du développement et la responsabilité collective dans le PND 2026 2030
La Côte d’Ivoire s’engage dans la mise en œuvre de son quatrième Plan national de développement pour la période 2026 2030 dans un contexte marqué par des acquis économiques significatifs et par une volonté affirmée de transformation structurelle. Les objectifs retenus, notamment une croissance soutenue, un niveau élevé d’investissement et une montée en gamme progressive de l’économie, traduisent l’ambition de consolider durablement la place du pays parmi les économies dynamiques du continent africain, dans le respect de la continuité républicaine, de la stabilité institutionnelle et de l’esprit de responsabilité qui fonde l’action publique.
Les cycles précédents de planification ont permis des avancées importantes, tant sur le plan des infrastructures que sur celui de la stabilité macroéconomique et de l’attractivité. Ces progrès constituent une base solide sur laquelle s’appuie le PND IV. Ils rappellent que les grandes trajectoires nationales se construisent dans le temps long, par l’accumulation patiente de décisions cohérentes et par la constance dans l’exercice de l’autorité de l’État. Dans le même temps, les attentes sociales demeurent fortes, notamment en matière d’emploi, de réduction de la pauvreté et d’inclusion économique. Le défi consiste désormais à renforcer le lien entre performance macroéconomique et amélioration tangible des conditions de vie, sans rupture inutile, ni précipitation, ni remise en cause des équilibres fondamentaux.
Dans cette perspective, le PND IV ne saurait être uniquement un cadre d’investissements et de projets. Il constitue également une opportunité stratégique pour approfondir certains leviers structurels indispensables à la qualité, à la durabilité et à l’inclusivité du développement, dans un esprit de discipline institutionnelle, de responsabilité collective et de respect des règles communes.
Un premier levier concerne l’alignement des référents collectifs sur les ambitions nationales. Une économie qui aspire à franchir un nouveau palier gagne à se comparer aux standards les plus élevés, tant au niveau continental qu’international. Cette approche ne vise pas à minimiser les progrès accomplis, mais à inscrire l’action publique dans une dynamique d’amélioration continue, fondée sur l’évaluation rigoureuse, la correction mesurée et l’apprentissage permanent. L’intégration de référentiels comparatifs exigeants dans les dispositifs de suivi et d’évaluation du PND permettrait de mieux apprécier les résultats obtenus et d’ajuster plus finement les politiques sectorielles, dans le respect des équilibres nationaux et des priorités de long terme.
Un second levier porte sur la consolidation de la gouvernance économique et de l’État de droit. La qualité des institutions, la prévisibilité des règles et l’application équitable des lois constituent des facteurs essentiels de confiance pour les citoyens comme pour les investisseurs. Les efforts engagés par les autorités pour améliorer la transparence, renforcer les mécanismes de contrôle et moderniser l’administration méritent d’être poursuivis et consolidés, car la crédibilité d’un État se mesure autant à la clarté de ses règles qu’à la constance de leur application dans le temps. Le renforcement des dispositifs de suivi des projets structurants et la publication régulière de rapports de performance contribueraient à une meilleure efficacité de la dépense publique et à une lisibilité accrue de l’action gouvernementale.
Un troisième levier concerne l’environnement économique et la valorisation de la compétence. Le rôle central confié au secteur privé dans le PND IV appelle la consolidation d’un cadre propice à l’initiative, à l’innovation et à la performance. La simplification des procédures administratives, la sécurisation des délais de paiement de l’État et la transparence dans l’attribution des marchés publics renforcent la confiance des acteurs économiques et favorisent une croissance durable. La promotion du mérite et des compétences, indépendamment de toute autre considération, constitue un facteur de stabilité, d’efficacité et de continuité dans la conduite des politiques économiques.
Par ailleurs, le renforcement de cadres de concertation réguliers entre l’État et le secteur privé permettrait une meilleure anticipation des contraintes opérationnelles et une adaptation plus maîtrisée des réformes. Un dialogue structuré, fondé sur la responsabilité partagée et le respect des rôles, contribue à préserver l’équilibre entre l’autorité publique et l’initiative économique, condition essentielle de la réussite des politiques de développement.
Le Plan national de développement 2026 2030 offre ainsi un cadre stratégique structurant pour accompagner la transformation économique et sociale de la Côte d’Ivoire. Sa réussite dépendra de la capacité collective à conjuguer ambition, rigueur et cohérence dans la mise en œuvre des politiques publiques, en veillant à ce que chaque avancée consolide l’édifice commun plutôt que de fragiliser ses fondations. Il est des temps où gouverner consiste avant tout à préserver l’essentiel. Comme l’enseignait le Président Félix Houphouët Boigny, la paix, la stabilité et la continuité demeurent les conditions premières du progrès durable.
À titre personnel, cette réflexion s’inscrit dans un attachement constant aux valeurs de responsabilité, de continuité et de service de l’intérêt général. Je demeure convaincu que les grandes transformations nationales se réussissent lorsque la vision s’inscrit dans la durée, lorsque les institutions restent solides et lorsque l’action publique est conduite avec mesure, discernement et sens de l’État. C’est dans cet esprit de contribution constructive, respectueuse des institutions républicaines et tournée vers l’avenir que ces propositions sont formulées.
Fait le 8 février 2026