L'érosion cotière est une réalité en Côte d'Ivoire. Ph.Dr
L’ONG Les Enfants de la Nature alerte sur le remblayage illégal et la pollution de la lagune Ebrié, menaçant l'écosystème et la santé publique. Elle appelle à une protection renforcée, notamment pour la plage de Monogoga.
Abidjan (Côte d’Ivoire), le 23 février 2026 (crocinfos)---Gbané Aleoussene, le secrétaire général de l’ONG Les Enfants de la Nature, a rendu public un communiqué le 22 février 2026 à Abidjan. L’ONG « Les Enfants de la Nature » exprime « sa vive inquiétude face aux menaces pesant sur la lagune Ebrié, notamment le remblayage illégal et anarchique » qui détruit « les habitats aquatiques, perturbe la navigation fluviale, réduit la capacité d’absorption de la lagune et endommage les infrastructures d’assainissement ». On estime que 2,2 millions de mètres carrés ont été remblayés illégalement dans le district d’Abidjan, entraînant une perte de 30% de la voie d’eau de la baie de Bietry.
Ce remblayage est aggravé par « une pollution massive, principalement due aux déchets plastiques, aux eaux usées non traitées et aux rejets industriels ». L’urbanisation sauvage contribue à la raréfaction des poissons, à la destruction de la mangrove et à des risques sanitaires pour les populations riveraines. La décharge d’Akouedo, qui déverse des lixiviats, et les décharges de plastiques et autres déchets des industries exacerbent cette situation. L’extension urbaine entraîne « la disparition de la mangrove, un filtre naturel essentiel à la lutte contre l’érosion côtière ».
La pollution, combinée à un manque d’oxygénation, provoque des épisodes de mortalité massive de poissons et favorise la prolifération de bactéries pathogènes telles que les Vibrionaceae, entraînant des maladies telles que le choléra et les diarrhées. Le changement climatique accentue l’érosion du littoral, touchant particulièrement des quartiers tels que Koumassi et Marcory.
L’ONG « Les Enfants de la Nature » appelle également à « une protection renforcée de la plage de Monogoga, située dans la région de San Pedro, un site touristique et écologique sensible ». Menacée par des projets touristiques et d’exploitation minière, cette plage subit déjà « une érosion sévère (1 à 2 mètres par an), une pollution plastique et une insécurité croissante liée aux agressions et à la privatisation illégale ». Ces menaces nuisent à la biodiversité, notamment aux tortues marines et aux oiseaux migrateurs, tout en compromettant le potentiel touristique de la région.
« Les Enfants de la Nature » exhortent les autorités ivoiriennes à renforcer la réglementation et à adopter des mesures concrètes pour préserver ces écosystèmes vitaux. La plage de Monogoga devrait être « classée en aire protégée », et des infrastructures de gestion des déchets et des eaux usées devraient être mises en place pour garantir la durabilité de cet environnement précieux.
Athanase Kangah