Dicoh BalaminDicoh Bilamine, administrateur provisoire de la MATCA. Archives
La MATCA traverse une crise après la prolongation illégale du mandat de Dicoh Balamine, administrateur provisoire. Désigné par le ministère du Budget, il dépasse le délai légal, engendrant tensions et interrogations sur la gestion de la mutuelle.
Abidjan (Côte d’Ivoire), le 3 mai 2026 (crocinfos)– Nommé administrateur provisoire de la Mutuelle d’assurance des taxis compteurs d'Abidjan (MATCA) le 20 mai 2025, Dicoh Balamine se trouve aujourd’hui dans une situation délicate, après environ onze mois de gestion, bien au-delà du mandat légal de quatre à huit mois. Cette prolongation est source de tensions au sein de la mutuelle, déjà secouée par des affrontements violents devant son siège le 19 mai 2025, entre employés et dirigeants.
Selon les articles 321 et 322 du Code de la Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurance (CIMA), la nomination d’un administrateur provisoire dans des situations de crise financière doit être effectuée soit par la justice nationale, soit par la CIMA, et non par un ministre. Le ministère du Budget, qui a nommé M. Balamine, aurait donc outrepassé ses prérogatives, suscitant des interrogations sur la légitimité de cette intervention.
Selon les articles 321 et 322 du Code de la Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurance (CIMA), la nomination d’un administrateur provisoire dans des situations de crise financière doit être effectuée soit par la justice nationale, soit par la CIMA, et non par un ministre.
Les articles du Code CIMA stipulent que l’administrateur provisoire ne peut rester en fonction que pour une période limitée, renouvelable une seule fois. Le dépassement de ce délai, sans une action corrective de la CIMA ou du gouvernement, met en lumière une gestion non conforme aux règles établies. En attendant que la justice tranche sur la gestion financière du directeur Guedou Élie Ousmane, accusé de fraude et de détournement de plusieurs millions FCFA et les violences survenues, la MATCA reste dans l’incertitude, avec une élection imminente de son conseil d’administration.
L’affaire étant désormais devant le Conseil d’État, qui décidera au nom du peuple, Dicoh Balamine ferait bien de privilégier la stabilité au sein de la mutuelle pour éviter des perturbations supplémentaires. La situation actuelle pourrait aboutir à la disqualification des élus, avant même leur installation, si les règles de gestion ne sont pas respectées.
Koné Sériba