Une photo de famille
Sipilou a accueilli à Koulalé la Journée nationale des frontières 2026 réunissant populations ivoiriennes et guinéennes autour de la paix, de la cohésion sociale, de l’agriculture durable et du développement transfrontalier porté par la CNFCI.
KOULALÉ, 25 juin 2026 (crocinfos) – La localité de Koulalé, dans la sous-préfecture de Sipilou, à l’ouest de la Côte d’Ivoire, a accueilli, les 24 et 25 juin 2026, une célébration éclatée de la Journée nationale des frontières. Situé à proximité de la frontière internationale avec la République de Guinée, ce village est devenu, durant deux jours, le point de convergence de populations mobilisées autour de la paix, de la cohésion sociale et du développement des espaces frontaliers.
Organisée avec l’appui de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), l’édition 2026 a été marquée par la diversité des activités et une forte participation populaire. Autorités administratives, chefs coutumiers, leaders communautaires, agriculteurs, éleveurs, jeunes et femmes des deux pays ont pris part à cette rencontre fraternelle.
Le sous-préfet de Sipilou, N’Guessan Yao Donald, chargé de l’organisation locale, avait sensibilisé les autorités coutumières ivoiriennes à la portée pacifique de l’initiative. Cette préparation a favorisé une ambiance hospitalière et conviviale dans la bourgade de Koulalé, où les délégations ivoiriennes et guinéennes ont partagé des moments de communion.
La première journée a été consacrée au renforcement des capacités des acteurs locaux. Des leaders communautaires, des guides d’opinion et d’autres représentants des populations ont été formés sur la prévention et la gestion pacifique des conflits, la résolution des différends entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que sur certaines techniques agricoles.
Le représentant du Secrétaire Exécutif du CNFCI, Coulibaly Abdramane
Les échanges ont rappelé que la stabilité des zones frontalières repose sur le dialogue, l’activité économique et de meilleures pratiques de production. Dans ces territoires où les populations partagent souvent les mêmes espaces agricoles, les mêmes marchés et des liens familiaux anciens, la concertation apparaît comme un instrument essentiel de prévention des tensions.
La journée s’est achevée par un match de gala opposant des jeunes de Côte d’Ivoire et de Guinée. La rencontre, remportée par l’équipe ivoirienne sur le score d’un but à zéro, s’est déroulée dans un esprit de fair-play. Au-delà du résultat, elle a illustré la volonté des deux peuples de consolider leurs liens.
Le 25 juin, la cérémonie officielle a réuni une forte représentation du corps préfectoral de Sipilou et des autorités administratives guinéennes. Les différentes allocutions ont insisté sur la coopération transfrontalière, la préservation de la paix et la construction d’espaces plus sûrs et prospères.
La célébration a aussi été marquée par un défilé d’organisations agricoles et de composantes de la société civile. Des danses traditionnelles et des parades de masques venues des régions frontalières ont donné à la cérémonie une dimension culturelle et populaire.
Le thème retenu, « Frontières de paix et de prospérité : agriculture durable et gestion pacifique des conflits pour le développement socio-économique des espaces frontaliers ouest-africains », a servi de fil conducteur aux interventions.
À cette occasion, le coordonnateur technique chargé des études, de la stratégie, de la planification et de la documentation à la CNFCI, Abdramane Coulibaly, a présenté les avancées du dialogue frontalier entre la Côte d’Ivoire et la Guinée.
Selon lui, les progrès issus du projet de traité « ouvrent la voie à la signature prochaine du traité de délimitation, de démarcation et de bornage de la frontière entre la Côte d’Ivoire et la Guinée ».
Représentant le secrétaire exécutif de la CNFCI à Koulalé, Abdramane Coulibaly a souligné que la Journée nationale des frontières constitue un levier de pacification et de rapprochement entre les populations.
Cette dynamique devrait se traduire par des actions concrètes, notamment la réalisation annoncée d’un forage à Koulalé et la mise en place d’une coopérative agricole transfrontalière. Ces projets visent à améliorer les conditions de vie, à renforcer les échanges économiques et à prévenir les tensions liées à l’accès aux ressources.
Au nom du préfet de Sipilou, le secrétaire général de préfecture, Konan Eddie, a réaffirmé l’accompagnement de l’État. Il a appelé les forces vives du département à s’approprier cette politique de paix et à contribuer à la stabilité de la zone frontalière.
Le directeur préfectoral de l’Administration du territoire et de la Décentralisation de la préfecture de Lola, en Guinée, Vohet Kalivogui, a assuré qu’un compte rendu fidèle de la rencontre serait transmis à sa hiérarchie. Il a également réaffirmé l’engagement des autorités guinéennes en faveur d’une paix durable aux frontières.
Le président de la Mutuelle de développement et de solidarité de Koulalé (MUDESKO), Bamba Tokpa, s’est réjoui du choix de son village pour accueillir ces retrouvailles entre communautés autochtones, allogènes et guinéennes.
Pour lui, la célébration du vivre-ensemble doit contribuer à mettre fin aux conflits récurrents et à faire de la frontière un espace d’opportunités plutôt qu’une zone de séparation.
À Koulalé, la ferveur populaire et la participation des deux pays ont ainsi donné un contenu concret au message de l’édition 2026 : la frontière peut devenir un trait d’union, un lieu de coopération et un moteur de développement partagé.
De notre correspondant SOSTHÈNE GUÉI, à Man