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C R O C I N F O S

[Liberté de la presse au Togo] L’UJPLA dénonce les restrictions imposées au journaliste Mèwènèmesse K. Apollinaire

[Liberté de la presse au Togo] L’UJPLA dénonce les restrictions imposées au journaliste Mèwènèmesse K. Apollinaire

Le journaliste Apollinaire Mêwènèmesse, DP de l’hebdomadaire La Dépêche

L’Union des journalistes de la presse libre africaine (UJPLA) dénonce la prolongation du contrôle judiciaire du journaliste togolais Mèwènèmesse K. Apollinaire et appelle les autorités à garantir ses libertés fondamentales.

Abidjan, le 28 octobre 2026 (crocinfos.net) - L’Union des journalistes de la presse libre africaine (UJPLA) monte au créneau pour défendre la liberté de la presse au Togo. Dans un communiqué signé par son président, Yao Noël, l’organisation exprime sa vive préoccupation face à la situation du journaliste Mèwènèmesse K. Apollinaire, directeur de publication de l’hebdomadaire La Dépêche, qui demeure soumis à un contrôle judiciaire depuis plusieurs années, selon les informations rapportées par l’organisation.

Âgé de 73 ans, ce doyen de la presse togolaise fait l’objet de restrictions à sa liberté d’aller et de venir dans le cadre d’une procédure liée à un article publié en février 2024. Pour l’UJPLA, la durée de cette mesure soulève des interrogations sur le respect des libertés individuelles et les conditions d’exercice du métier de journaliste.

L’UJPLA dénonce des restrictions prolongées

L’organisation condamne les mesures judiciaires dont la durée ou les modalités seraient susceptibles de porter une atteinte disproportionnée à la liberté individuelle d’un professionnel des médias.

Tout en reconnaissant que les journalistes restent soumis à la loi, l’UJPLA rappelle que les procédures judiciaires les concernant doivent respecter les principes d’équité, de proportionnalité, de présomption d’innocence et de respect des droits de la défense.

Pour l’Union, le journalisme constitue un pilier essentiel de toute société démocratique. Les professionnels des médias doivent pouvoir enquêter, publier des informations et exercer leur métier sans subir de pressions, d’intimidations ou de restrictions injustifiées.

L’organisation met également en garde contre le risque de voir les procédures judiciaires devenir des instruments de dissuasion à l'encontre de la liberté d’expression et du droit du public à l’information.

Elle estime ainsi que le maintien prolongé des restrictions imposées à Mèwènèmesse K. Apollinaire nécessite un examen urgent et approfondi de la part des autorités compétentes, notamment au regard de ses conséquences sur sa liberté personnelle et son activité professionnelle.

Un appel à la levée du contrôle judiciaire

Face à cette situation, l’UJPLA demande aux autorités judiciaires togolaises de réexaminer sans délai le dossier du journaliste et de lever son contrôle judiciaire si aucune nécessité légale et proportionnée ne justifie son maintien.

L’organisation appelle également les autorités togolaises à garantir le respect de la liberté de la presse, de la liberté d’expression et des droits fondamentaux de l’ensemble des professionnels des médias.

Dans cette démarche, elle invite la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) à accorder une attention particulière à cette affaire et à contribuer, dans le cadre de ses prérogatives, à la protection des droits du journaliste.

L’UJPLA exhorte, par ailleurs, les organisations nationales, africaines et internationales de défense de la liberté de la presse à suivre attentivement l’évolution du dossier. Elle appelle à mettre fin à toute forme de harcèlement judiciaire ou de restriction disproportionnée susceptible d’entraver le travail des journalistes au Togo.

La liberté de la presse au cœur du débat

Au-delà du cas individuel de Mèwènèmesse K. Apollinaire, l’organisation considère que cette affaire interpelle l’ensemble de la profession journalistique et soulève la question de la protection des libertés publiques.

Selon l’UJPLA, la crédibilité des institutions judiciaires et des organes de régulation repose également sur leur capacité à garantir les droits fondamentaux et les libertés publiques, sans discrimination.

L’Union appelle donc les autorités togolaises à privilégier une issue conforme aux principes de l’État de droit et aux engagements internationaux du Togo en matière de droits humains et de liberté d’expression.

« La liberté de la presse n’est pas une faveur accordée aux journalistes. C’est un droit fondamental qui garantit à chaque citoyen le droit d’être informé », souligne l’organisation dans son communiqué.

À travers cette prise de position, l’UJPLA réaffirme son engagement en faveur de la défense des journalistes et de la protection de la liberté de la presse sur le continent africain.

Médard KOFFI